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Retombées positives générales

Transformer le monde, un aliment à la fois

Avec un volume d’affaires annuel dépassant les 29 milliards de dollars, le secteur de la transformation alimentaire pèse lourd dans notre économie – et sur le climat. Plusieurs acteurs du plus gros secteur manufacturier du Québec tendent toutefois vers l’écoresponsabilité. Un choix payant pour tout le monde.

En parcourant l’allée des fruits et légumes d’un supermarché cet été, j’ai constaté que le panier de fraises était différent, mais c’est seulement en le soulevant que j’ai compris ce qui avait changé. L’anse de plastique avait disparu! En effet, 12 millions de ces petits morceaux de plastique à usage unique, dont la fabrication émettait 426 tonnes d’équivalent CO2 (t éq. CO2) chaque année, ont été remplacés par des anses en carton.

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L’Association des producteurs de fraises et framboises du Québec a décidé d’optimiser son panier de fraises en remplaçant l'anse de plastique par une anse en carton. © Guillaume Roy

C’est à la suite d’une étude réalisée l’an dernier que l’Association des producteurs de fraises et framboises du Québec a décidé d’optimiser son panier de fraises (un projet est en cours pour les framboises) en posant un geste simple, mais efficace. « On n’avait jamais pris le temps de s’attarder à ça, mais ça permet d’être plus économique tout en étant plus écologique », soutient la directrice générale, Jennifer Crawford, car ce changement réduit la facture d’écofrais de 13 700 $ chaque année, un montant facturé aux manufacturiers pour assurer le recyclage des produits.

De plus en plus de clients recherchent des emballages plus verts.
Janick Brassard, propriétaire de la Boîte à pigiste

Dans les allées des épiceries, la lutte aux changements climatiques est bel et bien amorcée, alors que les entreprises cherchent à se démarquer de la concurrence en offrant des produits plus écoresponsables. Ainsi, Lassonde, qui commercialise notamment les jus Oasis, Rougemont et Fruité, a réduit de 16 % la quantité de plastique utilisé en modifiant le procédé de fabrication de ses bouteilles et la taille des bouchons, ce qui représente 1,2 million de kilogrammes d’emballage en moins par année.

« De plus en plus de clients recherchent des emballages plus verts », remarque Janick Brassard, propriétaire de la Boîte à pigiste, une agence marketing spécialisée dans l’agroalimentaire. « Dans les emballages flexibles, l’option la plus écologique est un produit compostable, dit-il, mais il coûte de 30 % à 40 % plus cher qu’un plastique traditionnel. »

Malgré tout, des PME décident d’investir dans de tels emballages, quitte à y consacrer tout leur budget marketing. C’est notamment le pari risqué qu’a fait l’an dernier Délices du Lac-Saint-Jean, une entreprise de transformation de bleuets située à Albanel, au Lac-Saint-Jean. Et l’investissement en a valu la chandelle, car les ventes de pâtes de bleuets, désormais insérées dans un emballage compostable, ont été multipliées par quatre depuis la conversion. « Nos emballages compostables nous ont permis de déclasser une grosse entreprise sur la plateforme de distribution des Fermes Lufa, qui ont choisi nos produits, ce qui a fait exploser nos ventes », explique Émilie Gaudreault, copropriétaire de l’entreprise avec sa sœur et sa mère.

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Les ventes de pâtes de bleuets de l'entreprise Délices, désormais insérées dans un emballage compostable, ont été multipliées par quatre depuis la conversion. © Délices

L’entrepreneure a aussi convaincu la Congèlerie Héritier, une usine de congélation de fruits et légumes située à Normandin qui est la propriété de 35 producteurs agricoles, de tester les emballages compostables pour ses bleuets, camerises et gourganes.

À Dolbeau-Mistassini, la Chocolaterie des Pères Trappistes mise pour sa part sur un régime minceur, réduisant de 40 % la quantité de carton nécessaire pour conditionner ses produits, ce qui lui a valu le prix écoconception lors des Prix Gaïa en 2019, mentionne Janick Brassard.

Lorsque vient le temps de choisir un produit d’emballage, les entreprises peuvent aussi compenser les gaz à effet de serre (GES) à la source, grâce à des programmes élaborés par les manufacturiers. L’emballage est alors certifié comme ayant un impact carbone nul, explique Janick Brassard.

Si le gaspillage alimentaire était un pays, ça serait le troisième plus gros émetteur de GES au monde
Julie Poitras-Saulnier, présidente et cofondatrice de Loop

De nouveaux modèles d’affaires

La lutte aux changements climatiques et la course au développement durable amènent certaines entreprises à bâtir de nouveaux modèles d’affaires, comme c’est le cas chez Loop, qui vise à mettre fin au gaspillage alimentaire. Le concept est de valoriser les déchets organiques, les aliments mal-aimés et les surplus en les transformant en jus, en smoothies, en bière, en gin, en kéfirs, en savons, en pâte à pizza et mêmes en gâteries pour chiens.

Loop a ainsi sauvé 4382 tonnes de fruits et légumes et près de 1,2 million de tranches de pain depuis juillet 2016, évitant l’émission de 3591 t d’éq. CO2. « Si le gaspillage alimentaire était un pays, ça serait le troisième plus gros émetteur de GES au monde », souligne Julie Poitras-Saulnier, présidente et cofondatrice de Loop, fière du travail accompli par son équipe.

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Loop a ainsi sauvé 4382 tonnes de fruits et légumes et près de 1,2 million de tranches de pain depuis juillet 2016, évitant l’émission de 3591 t d’éq. CO2. © Envato

Fruit d’Or, un transformateur de canneberges, mise aussi sur la valorisation du fruit entier, incluant la peau et les pépins, qu’il vend plus cher à des entreprises de fabrication de produits nutraceutiques, explique le directeur des relations aux producteurs et de l’agronomie, Simon Bonin. De plus, l’entreprise projette d’installer des panneaux solaires hybrides – qui produisent de la chaleur et de l’énergie – sur le toit d’une de ses usines, ce qui permettra d’éviter l’émission de 425 t d’éq. CO2 par an.

Selon Annick Van Campenhout, vice-présidente du Conseil de la transformation alimentaire du Québec, plusieurs entreprises choisissent d’abord un emballage écologique, car ce geste est visible et il représente en quelque sorte un investissement marketing. « Les marges de profit sont très serrées dans le domaine de la transformation alimentaire, dit-elle. Quand tu fais 5 %, c’est déjà énorme et c’est pourquoi le retour sur investissement doit être rapide. »

Bien que les initiatives en lien avec le transport et la gestion de l’énergie et de l’eau restent souvent dans l’ombre, elles se révèlent tout aussi importantes pour le climat.

La SAQ, par exemple, privilégie l’importation de vin en vrac, ce qui permet de réduire les frais et l’énergie relatifs au transport, tout en favorisant l’embouteillage par des entreprises locales. De plus, la société d’État encourage les fournisseurs à utiliser des bouteilles en verre allégé, qui comptent déjà pour plus de 50 % de son offre. Selon une étude du Centre international de référence sur le cycle de vie des produits, procédés et services (CIRAIG), opter pour cette bouteille évite l’émission de 200 g d’éq. CO2.

Le producteur de pâtes alimentaires O’Sole Mio a, pour sa part, construit en 2017 une usine certifiée LEED à Boisbriand afin de réduire sa consommation énergétique. « On voit que c’est mieux pour le futur de la planète et de notre entreprise », soutient le président, Alfredo Napolitano, qui compte rentabiliser son investissement d’ici 5 à 10 ans.

Des producteurs de viande au régime de GES

Les producteurs de viande, souvent pointés du doigt pour l’impact GES de l’élevage, ne sont pas en reste. Par exemple, les Aliments Maple Leaf, géant de la transformation, a lancé en 2018 une division de protéines végétales et est devenu carboneutre en novembre 2019 en compensant ses émissions de GES par l’achat de crédits carbone, entre autres sur la plateforme Solutions Will. Maple Leaf a notamment réduit sa consommation de gaz naturel de 4,3 millions de mètres cubes, ce qui représente 8127 t d’éq. CO2, et elle vise une diminution de 50 % de ses GES d’ici 2050.

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Les producteurs de viande, eux aussi, travaillent à la réduction de leur empreinte environnementale. © Envato

Réduction de la consommation d’eau potable, installation de bornes électriques à l’usage du personnel, logiciels de gestion de transport et limiteur de vitesse dans les camions de transport… Olymel, un des plus gros transformateurs de porc et de volaille au Canada, mise, elle aussi, sur la réduction de son empreinte environnementale. L’entreprise a notamment investi dans un système de traitement des eaux en circuit fermé qui permet désormais de chauffer l’usine grâce aux déjections des animaux.

L’entreprise travaille également à un projet d’efficacité énergétique qui permettra d’éviter l’émission de plus de 25 000 t d’éq. CO2 par an. L’idée est de réutiliser l’énergie générée par les congélateurs des usines. Cette initiative réduira la consommation de gaz naturel de 85 % dans six établissements, et trois autres sont à l’étude.

Ainsi, que ce soit pour séduire les consommateurs, pour économiser ou pour donner un coup de pouce à la planète, des entrepreneurs innovants sont en train de redéfinir les assises de la transformation alimentaire.

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