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Les locavores envahissent le Québec

Lancée dans une cuisine des Îles-de-la-Madeleine en 2015, l’idée d’un défi pour manger local a vite alléché citoyens, institutions et restaurants aux quatre coins de la province. Quatre ans plus tard, près de 2000 Québécoises et Québécois ont participé au cinquième Défi 100 % local. Le credo de ces nouveaux locavores : l’appétit vient en mangeant… local évidemment!

Acheter des canneberges, des petits fruits et des prunes qui poussent dans sa région plutôt que des bananes, des ananas et des oranges; remplacer le riz par du sarrasin; utiliser l’huile de tournesol à la place de l’huile d’olive; substituer le sirop d’érable et le miel à la cassonade et au sucre raffiné… On le sait : manger des aliments locaux, c’est bon pour les papilles, pour la santé et surtout pour le climat. Le transport des produits importés, parfois de l’autre bout du monde, émet des quantités indigestes de gaz à effet de serre.

Sensibilisés à ces enjeux, Simon Beaubien, directeur de l’association Le bon goût frais des Îles-de-la-Madeleine, et sa conjointe se sont tout bonnement lancé, en 2015, le défi de ne manger que des aliments locaux pendant un mois. Au cours des deux années suivantes, des personnes de leur entourage qui trippaient sur l’idée ont embarqué. « Au départ, c’était juste pour le fun », se souvient Camille Tremblay-Lalancette, qui est aujourd’hui la coordonnatrice interrégionale du Défi 100 % local.

De défi de cuisine à mouvement collectif

Après avoir testé le concept d’une côte à l’autre des îles avec de bons résultats, Simon a proposé aux Tables de concertation bioalimentaires du Québec de l’étendre à l’ensemble de la province. C’est ainsi qu’en 2018 son défi de cuisine devenait un mouvement collectif avec six régions participantes. Puis, l’an dernier, près de 2000 personnes dans 14 régions du Québec ont fait des efforts pour mettre plus de local dans leur assiette durant tout le mois de septembre.

Moins de transport, moins de GES

En consommant du magret de canard et des fromages locaux plutôt que des produits de France, on évite de les transporter sur une distance d’environ 6000 km, soit 680 kg d’éq. CO2 en moins dans l’atmosphère (juste pour le transport en avion). La même quantité de GES est évitée en consommant des carottes d’ici plutôt que du Guatemala.

Les participants pouvaient choisir l’un des quatre niveaux du Défi 2019, qui allaient d’un repas lors de la journée 100 % locale jusqu’à manger uniquement des produits de leur région pendant un mois. « Septembre est un bon mois pour lancer ce défi, parce que c’est une période d’abondance au Québec grâce aux récoltes », souligne la coordonnatrice interrégionale.

Pour autant, ça n’a pas été si simple pour Marie-France Audet, qui a hésité jusqu’à la dernière minute avant de s’inscrire à l’ultime défi : manger local exclusivement pendant 30 jours. « L’enjeu a été de m’approvisionner », explique-t-elle en déplorant le manque d’information claire sur la provenance de nombreux aliments dans les épiceries.

« Heureusement que je recevais chaque semaine un panier bio de mon fermier de famille : c’était le seul moment où je ne me cassais pas la tête! » raconte la quadragénaire qui a entraîné son conjoint et ses deux enfants, de 9 et 7 ans, à relever le défi avec elle.

défi 100 % local Marie-France audet
Marie-France avec son panier bio hebdomadaire.

Avec le recul, la Sherbrookoise réalise qu’elle a complètement oublié de fréquenter les marchés publics (pour s’approvisionner) et les restaurants (pour se donner un break et découvrir de nouvelles recettes). Elle avoue avoir failli à quelques reprises quand elle a été reçue par des amis – « pour ne pas leur imposer mon défi » – et les fois où elle était pressée et affamée – « mon ventre prenait le dessus ».

Defi 100 % local : Plat local du resto L'archipel
La salade de pommes de terre de L'Archipel. © Emmy Sckoropad

Les Cantons-de-l’Est dominent le classement

Du côté des régions, les Cantons-de-l’Est ont pris le défi au sérieux : près de 200 personnes l’ont relevé. Dans Brome-Missisquoi, les restaurateurs se sont distingués : près d’une trentaine se sont prêtés au jeu, dont Chloé Ostiguy, la propriétaire de L’Archipel de Cowansville. Engagée dans une transition vers le 100 % local depuis un an, cette chef végan y a vu une bonne occasion de tester la faisabilité de son projet en proposant sur sa carte saisonnière une salade de pommes de terre avec fleur d’ail fermentée, kimchi et sauce à la moutarde de Dunham.

« Réussir à servir ce plat pendant quatre semaines m’a permis de réaliser que c’était vraiment possible. C’est encourageant pour la suite », se réjouit la chef propriétaire. Celle qui qualifie sa région de « puits d’or de l’alimentation locale » n’a pas de problème pour s’approvisionner en fruits, légumes, farines, grains et huiles. « Mais, là, je suis rendue aux épices et aux condiments dans mes recherches, et c’est beaucoup plus difficile. Je n’ai pas encore trouvé de sel du Québec, par exemple… »

Lire aussi : À table avec un cobaye du 100 % local

 

En parallèle au Défi, plus de 60 événements à saveurs du terroir ont été organisés dans les régions (activités et animations dans les marchés publics, conférences sur l’alimentation locale, dîners collectifs, soupers champêtres). En outre, le 24 septembre, Aliments Québec, un partenaire du Défi 100 % local, a convié les institutions publiques à manger local. Quelque 280 écoles, CPE, établissements de santé et bureaux ont répondu à l’appel.

defi 100 % local marché libre-service éphémère sherbrooke
Le 24 septembre, un des bureaux de la Ville de Sherbrooke a accueilli un marché libre-service éphémère avec des légumes bio cultivés localement.

Chez Tourisme Cantons-de-l’Est, les 19 employés ont contribué à un potluck sur l’heure du midi. Chacun devait préparer un plat avec des produits locaux à partager avec ses collègues. Au menu : ratatouille, magret de canard, cakes salés, potage à la carotte et au bébé gingembre, mousse de truite fumée, bagels et fromage. « On trouvait que c’était un beau prétexte pour se faire découvrir les trésors gourmands de notre région. On a eu plusieurs belles surprises, comme les poivrons mauves », raconte Annie Langevin, directrice marketing et instigatrice de ce repas-partage.

Sur une bonne lancée!

Les participants interrogés sont unanimes : le défi de septembre dernier n’est qu’un début! « Il m’a permis d’avancer plus rapidement dans ma transition vers le 100 % local, assure Chloé Ostiguy. Quand j’ai élaboré le menu d’hiver, en octobre, j’ai continué sur ma lancée en y intégrant encore plus de produits locaux. » Pour sa part, l’équipe de Tourisme Cantons-de-l’Est attend de pied ferme le défi de l’an prochain. « On aimerait s’investir davantage, toujours en groupe. Peut-être en organisant un potluck chaque semaine du mois », annonce Annie Langevin.

Quant à Marie-France Audet, elle planifiera mieux son défi en 2020. Celle qui est devenue sans le vouloir une sorte d’ambassadrice de l’alimentation locale dans son entourage veut aller plus loin. « Cette année, je l’ai fait, j’en ai parlé haut et fort, mais je vais essayer d’être une meilleure ambassadrice l’année prochaine en encourageant toute une gang à s’inscrire avec moi! » Qui embarque avec elle?