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©The Impact Media Lab

Habitat : la nature à la rescousse du climat

Aider les administrations publiques et les organisations à accélérer leur transition écologique, voilà la mission que s’est donnée Eco2urb, qui dévoile son nouveau nom, Habitat, à l’occasion du Jour de la Terre. Portrait d’une entreprise d’ici qui fait du bien à la nature et au climat.

La firme-conseil Habitat a été fondée il y a trois ans par les chercheurs Jérôme Dupras, Christian Messier et Andrew Gonzalez qui, voyant qu’ils avaient des forces complémentaires, ont décidé de les unir. Le premier se spécialise dans le développement d’outils économiques qui respectent les capacités de la nature. Le deuxième est titulaire de deux chaires de recherche, l’une sur le contrôle de la croissance des arbres en milieux urbains et l’autre sur la résilience des forêts face aux changements globaux. Et le troisième est un expert de la biodiversité.

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Jérôme Dupras ©The Impact Media Lab

La firme évalue l’apport de la nature dans l’adaptation et la résilience d’un territoire face aux changements climatiques, à la perte de biodiversité et aux catastrophes naturelles. « Souvent, on voit la protection de l’environnement comme un coût. C’est dans les bilans négatifs des administrations publiques. [Nous], avec nos modèles d’évaluation économique des services rendus par la nature, on regarde les bénéfices fournis. On est capables de les quantifier », explique Jérôme Dupras, qui est aussi professeur au Département des sciences naturelles à l’Université du Québec en Outaouais… et membre du groupe bien connu les Cowboys fringants.

« [En tant que chercheurs], on recevait beaucoup de demandes », poursuit-il. C’est ainsi qu’est née l’entreprise-conseil : afin de mieux répondre à ces demandes, en utilisant les ressources adéquates et en respectant des échéanciers réalistes. « C’est pourquoi on a fondé cette entreprise-là, qui a vraiment un pied dans nos laboratoires universitaires et un autre dans le milieu pratique », ajoute le chercheur. 

Habitat, qui compte une quinzaine d’employés, met donc la science développée dans ses laboratoires au service de divers clients, notamment les agences gouvernementales, les municipalités, les entreprises et les ONG en environnement. 

Le chercheur cite en exemple un mandat réalisé pour la Ville de Montréal au cours duquel Habitat a calculé les bénéfices des arbres gérés par l’administration municipale, y compris le carbone stocké, le nombre de mètres cubes d’eau saisis par les racines, de même que les coûts en climatisation évités grâce à la végétation. Un explorateur de la canopée urbaine vient aussi d’être lancé pour mettre en évidence les services rendus par chaque arbre de la ville et ainsi sensibiliser les citoyens à leur importance.

On peut protéger la nature, on peut la restaurer, l’aménager. On peut faire ça à l’échelle d’une rue, comme d’un pays.
Jérôme Dupras

La municipalité d’Hudson, en Montérégie, a quant à elle mandaté Habitat pour déterminer les milieux naturels prioritaires à conserver dans son périmètre. La firme-conseil a évalué notamment les arbres et les écosystèmes de la région. Elle a par la suite dressé plusieurs scénarios d’utilisation des sols sur un horizon de 50 ans et précisé leurs impacts sur la biodiversité de même que les bienfaits fournis par la nature.

Le principal défi de l’entreprise consiste à choisir la meilleure solution dans l’éventail d’outils dont elle dispose. « Ça peut aller dans plein de directions. On peut protéger la nature, on peut la restaurer, l’aménager. On peut faire ça à l’échelle d’une rue, comme d’un pays », illustre le chercheur.

Vulgariser pour sensibiliser

La vulgarisation se situe au cœur du travail d’Habitat, selon Fanny Maure, chargée de projet pour la firme-conseil. « Le but est vraiment de faire en sorte que tout le monde soit capable de comprendre ce qui est fait, et comment les gens peuvent aussi bénéficier de cette science », résume-t-elle.

C’est d’ailleurs la tâche à laquelle Habitat s’affaire en ce moment pour la Ville de Varennes, en dressant l’inventaire des arbres de la municipalité et en calculant les services rendus par ces derniers. Ces bienfaits incluent notamment la filtration de l’air, l’apport d’humidité pendant l’été, l’ombre, la filtration de l’eau dans les sols.

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Fanny Maure ©The Impact Media Lab

« Si on voulait l’équivalent de ces bienfaits en termes d’infrastructures solides construites par l’homme, il faudrait des usines d’épuration, des purificateurs, et ça coûterait très très cher », souligne Fanny Maure. « On essaie de montrer l’équivalent de ce que la nature nous donne gratuitement pour que les gens se rendent compte de son importance dans nos villes », poursuit-elle.

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Extrait du rapport préliminaire produit par Habitat pour la municipalité de Varennes.

Pour le maire de Varennes, Martin Damphousse, l’analyse réalisée par Habitat permettra également de prendre de meilleures décisions pour favoriser la résilience des arbres, par exemple en cas de contamination par l’agrile du frêne. « Tout le rapport va se retrouver informatisé sur une page Web. Les gens vont pouvoir cliquer sur leur adresse pour connaître l’état de santé de chacun des arbres à Varennes. Honnêtement, je trouve ça absolument génial », se réjouit-il.

Le rapport préliminaire, qui a déjà répertorié la moitié de la canopée de Varennes, conclut entre autres que les arbres analysés ont capturé dans l’atmosphère et stocké dans leur biomasse 1 396 065 kg de carbone à ce jour. Concrètement, et si on s’aventure à doubler ces chiffres pour représenter l’ensemble du couvert arborescent de Varennes, cela équivaut à 3253 voitures retirées de la circulation pendant un an.

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©Ville de Varennes

Des solutions à portée internationale

Habitat souhaite également développer ses cartes interactives pour visualiser les résultats de ses études et ainsi les rendre plus compréhensibles pour les non-initiés. « Ça marche très bien, les gens adorent ça. C’est une sensibilisation qui est beaucoup plus évidente que des conférences », souligne Fanny Maure.

La pandémie aura vraiment accéléré la réflexion sur les solutions apportées par la nature, croit Jérôme Dupras. L’homme d’affaires caresse le projet d’étendre les activités d’Habitat à l’international. « Un des grands défis pour nous, dans les deux à trois prochaines années, c’est d’internationaliser notre entreprise. Les solutions qu’on développe, elles sont uniques au niveau mondial », affirme-t-il. Et ça augure plutôt bien, un rapport du Programme des Nations Unies pour l’Environnement paru en février dernier cite déjà le fruit des recherches des trois fondateurs d’Habitat.

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