Action climatique = occasion économique en OR

/ 19 février 2019

Philippe Poitras, éditeur d’Unpointcinq 

 

Il est sidérant d’entendre dire, en 2019, que la création d’emplois et de richesse ne peut faire pas bon ménage avec la lutte contre les changements climatiques dans une société dynamique et florissante comme la nôtre.

Cette fausse croyance n’a plus sa place : les preuves objectives et tangibles s’accumulent quant au fait que la transition vers une économie plus sobre en carbone serait plutôt une occasion formidable de développement économique et social pour le Québec.

Ainsi, dans un rapport publié en janvier 2018, un groupe de travail sur la main-d’œuvre composé entre autres du Conseil du patronat du Québec (CPQ), de Fondaction, de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), de groupes environnementaux et de la Chaire de gestion du secteur de l’énergie de HEC Montréal – ce n’est pas rien de voir tout ce beau monde parler d’une seule le voix! – concluait que la transition énergétique vers une économie plus sobre en carbone est « porteuse de création d’emplois supplémentaires ». Ce serait notamment le cas dans les secteurs de l’électrification des transports, du bâtiment et des énergies alternatives. Les auteurs ajoutaient que « peu de pertes d’emplois sont à prévoir » à court ou à moyen terme, celles-ci se limitant aux secteurs du transport, de la construction et des énergies fossiles.

Mieux : chaque dollar investi dans les mesures d’adaptation aux changements climatiques (comme celles visant par exemple à contrer l’érosion dans les régions côtières) pourrait générer en moyenne des bénéfices de 5 $ à 10 $ pour la société québécoise. Dans certains cas, ce gain pourrait même grimper jusqu’à 70 $.

Et, cerise sur le sundae, le Québec occuperait la position de tête à l’échelle mondiale dans la transition vers une économie moins accro aux énergies fossiles, selon un récent rapport de l’Institut du Québec. Ainsi, grâce à l’hydroélectricité, renouvelable à 99,9 %, les entreprises d’ici sont « positionnées avantageusement dans l’environnement mondial pour s’accaparer des parts de marché du secteur des produits et services sobres en carbone ».

Plus près du plancher des vaches et de notre quotidien d’homo economicus, ces constats nous ont amenés à préparer un premier grand dossier sur l’économie et la finance en lien avec l’action climatique au Québec. Que vous cherchiez des véhicules d’épargne faibles en carbone pour vos REER ou que vous souhaitiez faire des achats plus sympa pour le climat, vous y trouverez des façons concrètes et intelligentes de mettre vos sous à contribution. On y présente aussi des entreprises qui, tout en menant rondement leurs affaires, réduisent leur empreinte carbone grâce à l’économie circulaire, un phénomène qui prend de l’ampleur au Québec.

Bonne lecture!