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Catherine Dagenais-Savard @Courtoisie
Created with Lunacy 4 min

Quand les artistes passent à l’action climatique

Poser des gestes concrets pour limiter son empreinte carbone, même en tournée, est de plus en plus populaire auprès des artistes. Portraits de créateurs d’ici qui veulent faire leur part pour le climat.

Le pianiste à vélo

Les changements climatiques étaient déjà au cœur des préoccupations de Félix Stüssi dans sa Suisse natale. Le pianiste et compositeur de jazz, qui se produit en solo et avec le quatuor SuperNova 4 a grandi dans les montagnes. C’est là qu’il a été témoin de la fonte des glaces dès son adolescence. « Quand j’y retourne, c’est le choc », dit-il.

Félix Stüssi ©Jean-Pierre Dubé

Le musicien de 55 ans n’a pas renoncé aux tournées internationales, mais essaie d’effectuer la plupart de ses déplacements à vélo quand il joue à Montréal. « Je ne conduis pas, je n’ai jamais eu de permis », révèle-t-il. Il n’hésite pas à transporter son piano sur une remorque, qu’il attache à sa bicyclette.

« Quelques personnes pensent que je suis fou, d’autres ont une certaine admiration », dit-il de ses confrères montréalais de l’industrie du spectacle lorsqu’ils le voient arriver sur deux roues, surtout en hiver, avec ou sans piano.

« Évidemment, si on joue dans l’Ouest canadien, on ne peut pas s’empêcher de prendre l’avion », concède-t-il. Mais en Europe, où il se produisait fréquemment avant la pandémie, il prévoit le plus possible ses déplacements en train. « Si on débarque dans une ville, il y a de fortes chances que le lieu où on va jouer ne soit pas très loin de la gare non plus », se réjouit-il. Il précise que c’est néanmoins « beaucoup plus difficile » à faire en Amérique du Nord.

Félix Stüssi se dit d’ailleurs « déchiré » entre sa passion pour la musique et son envie de protéger la planète. « Je sais que j’annule pas mal mes efforts annuels en prenant l’avion », constate le musicien. « Ce n’est pas facile de trouver un équilibre là-dedans. »

En août, il prévoit se rendre dans les Laurentides à vélo pour un spectacle à Sainte-Agathe-des-Monts. Heureusement pour lui, son instrument aura un autre moyen de locomotion : « Quelqu’un va transporter le piano électrique, alors je suis chanceux », déclare-t-il.

© Yann Stüssi

Des spectacles pour enfants sympas pour le climat

La marche du crabe ne néglige aucun détail quand vient le temps de réduire son empreinte carbone. Le transport du matériel et des six à huit personnes qui forment la troupe se fait dans un seul véhicule, on loue un seul appartement pour tout le monde et on cuisine maison à partir d’aliments locaux…

Sandy Besette © Denis Martin

Sandy Bessette est codirectrice de la compagnie de spectacles pour enfants avec son conjoint, Simon Fournier. La danseuse de formation confie qu’au départ, son but était surtout de faire des économies et non de lutter contre les changements climatiques.

« Ensuite, j’ai découvert le Conseil québécois des événements écoresponsables », explique-t-elle. Cet organisme a calculé les émissions de gaz à effet de serre (GES) de la compagnie avec les chiffres que Sandy lui a fournis et lui a suggéré des façons de payer des compensations carbone.

Ainsi, pour l’année 2019-2020, elles totalisent 26,12 tonnes  selon les calculs de la codirectrice et ce sont surtout les déplacements en avion pour les spectacles à l’étranger qui plombent la note (voir tableau).

Bilan des émissions de GES 2019-2020 de La marche du crabe réalisé par Chloé Gagnon-Champigny, Conseil québécois des événements écoresponsables

En plus d’adapter ses pratiques pour réduire son impact sur le climat, la troupe demande aux responsables des salles de spectacle où elle se produit de ne pas mettre de bouteilles d’eau dans les loges et de fournir de la nourriture qui provient d’une source locale. « Il y en a qui répondent, et d’autres qui ne sont pas rendus là », constate Sandy Bessette, déplorant que certaines loges offrent encore des boîtes d’aliments suremballés.

Mais la chorégraphe aimerait aller plus loin et planifier davantage ses gestes écoresponsables. « Il faudrait qu’il y ait des outils comme des modèles de tableaux de calculs pour nous aider à mieux faire ces choses-là, parce que c’est énormément de travail », suggère celle qui est également mère de deux enfants.

La pandémie aura donné le temps au couple Bessette-Fournier de réfléchir à la question du climat en vue de la reprise après la crise sanitaire. Clôture et volets d’occasion, bois de grange récupéré, la scénographie de leur prochain projet a été créée dans une optique écoresponsable. 

Sandy Bessette souhaite assurer la pérennité de sa vision environnementale, qu’elle commence tout juste à mettre en place. La danseuse se demande quels autres gestes sa compagnie pourrait poser pour réduire son empreinte climatique en tournée. « L’écoresponsabilité n’est pas qu’une affaire de matériaux et de réutilisation, croit-elle. C’est notre nouveau défi qui va être peaufiné et s’améliorer avec le temps. »

La marche du crabe : des spectacles pour enfants sympas pour le climat @Courtoisie

La danseuse locale

 

Interprète en danse contemporaine, en théâtre musical et en danse de pow-wow, Catherine Dagenais-Savard a effectué une tournée en Allemagne en mode zéro déchet lorsqu’elle travaillait pour la compagnie Marie Chouinard en 2019.

Les danseurs avaient emporté avec eux tout le nécessaire en plats, ustensiles et produits d’hygiène réutilisables. Ils demandaient également aux salles de spectacle où ils se produisaient la permission de faire du compost. « À l’aéroport, on mangeait notre lunch et on avait notre gobelet pour le café », se souvient la jeune femme aux racines huronnes-wendates. Elle aménagera d’ailleurs dans la réserve de Wendake pour se rapprocher de la nature.

Catherine Dagenais-Savard © Marie-Ève Dion

Beaucoup ont salué l’initiative des danseurs, qui a inspiré certains de leurs collègues. Les membres de l’équipe technique, par exemple, commençaient eux aussi à s’interroger sur leur production de déchets au moment de son départ.

La danseuse a maintenant cessé de faire de la tournée internationale à cause du lourd impact climatique de ses déplacements. « Durant une tournée de deux mois avec une compagnie de danse contemporaine internationale, j’ai pris environ 10 fois l’avion… Je trouvais que c’était trop», résume-t-elle.

Celle qui se limite désormais au Québec pour exercer son art s’est réjouie de l’obligation de se produire à l’extérieur qu’a entraînée la pandémie. « On apportait seulement le haut-parleur et on dansait. Le décor, c’était la nature », illustre-t-elle.

Après la crise sanitaire, la jeune artiste n’exclut pas totalement d’autres voyages à l’étranger, mais à certaines conditions. « Si c’est simplement pour quelques jours, je trouve que ça n’a pas de sens au niveau climatique », juge-t-elle.

D’autres artistes qui ont la cause climatique à cœur

Laurence Lafond-Beaulne, moitié du duo musical Milk & Bone

Elle a cofondé, avec Aurore Courtieux-Boinot et Caroline Voyer, le mouvement Artistes Citoyens en Tournée (ACT), qui encourage les pratiques écoresponsables dans le milieu du spectacle.

Laura Risk, violoniste

Avec la violoniste Liz Knowles, elle a créé la Sustainable Touring Arts Coalition, qui vise à trouver des solutions concrètes au plastique à usage unique, aux déplacements et à la nourriture pendant les tournées. L’organisation collabore avec des festivals, des salles de spectacle et des maisons de disque, entre autres.

Korine Côté, humoriste

Elle demande dans son devis de salle des produits locaux ou non emballés. Elle emporte également des plats réutilisables pour récupérer les restes de nourriture dans les loges.

Émile Bilodeau, auteur-compositeur et interprète

En août, il enfourchera son vélo pour se rendre à un concert à Vaudreuil-Dorion.

Le Théâtre Aux Écuries

L’établissement a créé le comité Écos-Cool pour échanger avec des collègues du milieu du théâtre sur les bonnes pratiques et les recommandations pour encadrer la transition écologique dans les théâtres.

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