© Francis Léveillée
Dossier spécial : Dégaze la scène , partie 4

Espace Danse : le grand écart

En plein cœur du quartier des spectacles, à Montréal, un ancien bâtiment industriel a été transformé de façon à lutter contre les changements climatiques tout en maximisant le confort des artistes, ses nouveaux occupants. Bienvenue à l’Espace Danse.

/ 22 juin 2018
Moins de GES !

Héritage d’une autre époque, l’édifice Wilder – un bâtiment industriel, commercial et patrimonial de neuf étages construit en 1918 – incarne aujourd’hui le cœur de la danse québécoise. Rebaptisé Espace Danse, cet espace complètement transformé par le consortium d’architectes Lapointe Magne et Ædifica accueille quatre formations étoiles : les Grands Ballets canadiens, l’Espace Tangente, l’École de danse contemporaine et l’Agora de la danse. Le ministère de la Culture et des Communications ainsi que le Conseil des arts et des lettres du Québec y ont aussi établi leurs quartiers.

Les architectes ont orchestré la transformation du bâtiment de façon à minimiser son empreinte carbone tout en priorisant les besoins des danseurs, notamment en ce qui a trait à l’optimisation du confort thermique et de la luminosité. Ils ont ainsi greffé au bâtiment deux annexes vitrées de six et huit étages. Pour le chauffage et la climatisation, ils ont opté pour des chaudières à condensation maximisant les échanges entre l’air chaud et l’air froid ainsi que la récupération de l’humidité. Comme le bâtiment a besoin d’être refroidi même en hiver, l’air froid est récupéré de l’extérieur. Enfin, le système de ventilation repose sur des roues thermiques qui assurent le remplacement de l’air vicié par de l’air neuf, tout en permettant la récupération de la chaleur.

La combinaison de ces choix fait en sorte que le Wilder Espace Danse a augmenté sa performance énergétique de 28 %, ce qui représente une économie de 344 tonnes de CO2 pour la durée de vie du bâtiment. La récupération de la structure d’origine en béton contribue aussi à la réduction de son empreinte carbone.

Entre 1990 et 2015, les émissions de GES liés aux bâtiments commerciaux et institutionnels au Québec ont augmenté d’environ 20% alors que celles-ci ont diminuées de presque 50% dans les bâtiments résidentiels, selon l’Inventaire québécois des émissions de gaz à effet de serre. Cette différence est principalement due à la grande part d’énergie fossile (plus de 50%) qui continue d’être utilisée pour chauffer les bâtiments commerciaux et institutionnels. Au contraire, les bâtiments résidentiels se chauffent principalement à l’électricité (considérée carboneutre au Québec).

Ces données soulignent la pertinence des choix écoénergétiques des architectes qui ont transformé et rénové l’édifice Wilder.

Espace Danse : le grand écart