© Francis Léveillée
Dossier spécial : Dégaze la scène , partie 2

Les Cowboys Fringants au galop contre les GES

Les Cowboys Fringants, vous connaissez forcément. Mais savez-vous que les quatre Québécois sont aussi très à cheval sur la lutte contre les émissions de GES ? Non ? Eh bien, nous sommes allés les rencontrer pour qu’ils nous expliquent ce qui les motive à planter des arbres pour aider la planète à mieux respirer.

/ 22 juin 2018
Moins de GES !

Complet sombre et chemise blanche, à une heure de monter sur scène, Jérôme Dupras joue les guides en coulisses. Ce soir, les Cowboys Fringants sont à L’Étoile du quartier Dix30, à Brossard. La salle est encore vide, les portes sont fermées. Mais on sent déjà un peu d’électricité dans l’air et on entend, au loin, le murmure de la foule impatiente.

Si le bassiste des Cowboys n’est pas dans sa loge, c’est pour nous parler de lutte contre les émissions de gaz à effet de serre (GES). Docteur en géographie, chercheur et professeur au Département des sciences naturelles de l’Université du Québec en Outaouais, le musicien a depuis longtemps fait de l’environnement son cheval de bataille. Une cause qui est devenue celle de tous les membres du groupe. Depuis une dizaine d’années, les quatre Québécois redoublent en effet d’efforts pour rendre leurs tournées carboneutres, c’est-à-dire en ayant un bilan carbone nul.

Au Québec, la plupart des appareillages fonctionnent grâce à l’hydroélectricité, une énergie qui émet très peu de gaz à effet de serre. Lors de tournées comme celle qui fait escale ce soir à Brossard, le principal problème vient donc des transports.

« Nous sommes quatre dans le groupe, mais nous nous déplaçons à 12, constate Jérôme Dupras. Pour transporter tout ce monde et le matériel, nous n’avons pas d’autre choix que de louer des véhicules. C’est cela qui cause le plus d’émissions de gaz à effet de serre. On essaie de les limiter au maximum en utilisant des automobiles électriques ou hybrides, mais ce n’est pas toujours possible. Il faut aussi prendre en considération le public. Quand on est un artiste, il est important de prendre en compte ce que les spectateurs vont générer comme GES pour se rendre à destination. »

Compenser faute de mieux

Faute de pouvoir agir à la source, les Cowboys Fringants ont donc décidé de compenser ces émissions en plantant des arbres. Ceux-ci sont en effet ce que l’on appelle des « puits CO2 », c’est-à-dire des réservoirs naturels qui absorbent le carbone et contribuent ainsi à diminuer la quantité de gaz carbonique dans l’atmosphère. Pour savoir exactement à combien de crédits forestiers s’élevait leur facture, les musiciens ont profité de la tournée de l’album L’Expédition, en 2008, pour faire les comptes.

« On a procédé à une enquête de terrain. Les spectateurs étaient invités à remplir un questionnaire qui allait nous aider à déterminer d’où ils venaient. À la fin de la tournée, nous avons ainsi pu savoir combien de tonnes de GES avaient été émises par le groupe et le public. Ce sont ces métriques que nous réutilisons aujourd’hui », explique Jérôme Dupras.

Et les chiffres obtenus au bout de trois ans de tournée au Québec ont de quoi donner le tournis. « L’enquête a montré qu’on avait parcouru plus ou moins 500 000 kilomètres, mais que le public en avait fait un peu moins de 28 millions », révèle le musicien.

En 2011, les Cowboys annoncent donc qu’ils planteront 33 584 arbres pour compenser les 7 500 tonnes de gaz carbonique émises. Une initiative rendue possible grâce à l’argent recueilli lors des concerts (un dollar par billet et album vendus) et à diverses collectes de fonds. Les membres du groupe respectent leur engagement encore aujourd’hui, même si leur budget ne leur permet pas toujours d’acheter autant de crédits carbone qu’ils le souhaiteraient.

Pour en savoir plus, consultez le site de la Fondation Cowboys Fringants.

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