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Retombées positives générales

La preuve que nous pouvons nous mobiliser

08 avril 2020 - Simon Diotte, Coureur des bois dans l'âme

La crise de la COVID-19 aura des répercussions à long terme. Certaines d’entre elles pourraient faire évoluer positivement les mentalités concernant la lutte aux changements climatiques.

Le confinement de la moitié de l’humanité, au 31 mars 2020, démontre que la pandémie est prise au sérieux par la plupart des gouvernements de la planète, ainsi que par les entreprises et les citoyens, qui, pour la majorité, se conforment aux règles de distanciation sociale.

Une chose est sûre : au sortir de cette crise sanitaire, le monde ne sera plus le même. Si on peut déjà prévoir des effets néfastes, comme une crise économique majeure qui fera des millions de chômeurs, les effets positifs ne sont pas à exclure, notamment en ce qui a trait à notre sujet chouchou : l’action climatique.

« L’humanité entière se croyait jusqu’à tout dernièrement totalement invincible, capable de dominer le vivant. Or, le coronavirus nous rappelle à l’ordre et expose notre vulnérabilité individuelle et collective », constate Aurélie Sierra, sociologue de l’environnement et fondatrice de l’Atelier Social, une entreprise qui aide les organisations à se mobiliser et à s’engager autour des enjeux environnementaux, tout en générant des changements de comportement pérennes. 

L’humanité vient de tomber de son piédestal et devra nécessairement repenser sa manière de vivre, car le réchauffement climatique, qui se produit à une vitesse sans précédent dans l’histoire de la Terre, risque de provoquer une hausse des crises sanitaires, ce qu’a démontré une étude menée par des chercheurs français en 2014.

 

La prochaine tendance mode du futur : les masques! « Le discours alarmiste des écologistes, qui prônent l’action face à l’urgence climatique, sera désormais mieux assimilé. Il devient maintenant plausible », pense Aurélie Sierra. C’est Greta Thunberg qui en sera ravie!

Pour Hugo Séguin, spécialiste des négociations climatiques internationales, le choc du coronavirus prouve que les gouvernements sont capables de grandes choses sur le plan de la mobilisation. « Cette crise démontre toute la force d’une réponse collective plutôt qu’individuelle, ce qui nous donne, comme société, de la confiance en vue de relever le défi de la lutte aux changements climatiques », affirme ce fellow du Centre d’études et de recherches internationales de l’Université de Montréal (CÉRIUM).

La solidarité qui se manifeste apporte également un vent d’optimisme. « La situation actuelle met en évidence la résilience des Québécois, qui sera essentielle afin d’atténuer les contrecoups des changements climatiques et d’en venir à bout », poursuit-il. De façon paradoxale, l’isolement crée aussi des communautés d’affinités grâce aux outils virtuels. « On peut ainsi venir en aide plus facilement à des personnes vulnérables, comme les personnes âgées », ajoute-t-il.

Le goût d’un autre monde

Bien qu’ils soient en confinement, les Québécois redécouvrent leur ville lorsqu’ils font leur promenade de santé ou se déplacent à vélo. La baisse radicale de la circulation automobile et le ralentissement du trafic aérien font chuter la cacophonie urbaine et rendent les quartiers beaucoup plus paisibles. Résultat : la clameur de la ville ne noie plus le chant des oiseaux. « C’est tellement agréable de faire du vélo actuellement », témoigne Steve Winkelman, fondateur de Green Resilience Strategies, une firme de consultation spécialisée dans la diminution des gaz à effet de serre, la planification urbaine et le développement durable.

Même si c’est de manière forcée, cette pause met sur le tapis la question de la décroissance

Hugo Séguin

Cet apaisement généralisé fait rêver et soulève une question incontournable : sera-t-il possible de vivre autrement désormais? « Les urbains n’accepteront pas aisément un retour à la normale. Peut-être prôneront-ils à l’avenir des manières différentes de concevoir les quartiers et d’y vivre, en priorisant les déplacements à pied, par exemple », pense cet Américain installé à Montréal.

Le ralentissement du rythme de travail et des divertissements qu’entraîne la fermeture des centres commerciaux et des restaurants nous recentre sur les valeurs les plus importantes de nos vies, soit la santé et nos relations sociales. « Même si c’est de manière forcée, cette pause met sur le tapis la question de la décroissance », soutient Hugo Séguin. Est-ce le premier coup porté à notre société de surconsommation?

Cette pandémie poussera à réfléchir à la pertinence et aux dangers de la mondialisation. « On voit l’importance de renforcer notre indépendance, notamment sur le plan alimentaire. Il faudrait être capable de produire plus d’aliments localement », dit Steve Winkelman.

Puisque les économies québécoise, canadienne et mondiale auront besoin d’une puissante injection de subsides gouvernementaux pour se remettre sur pied, c’est l’occasion inespérée de conclure un Green New Deal. « Pourquoi on n’encouragerait pas en priorité une économie plus verte et moins destructrice de l’environnement? » demande Aurélie Sierra. « Par exemple, plutôt qu’aider l’industrie des sables bitumineux, on pourrait soutenir les travailleurs de ce secteur en versant des sommes pour la décontamination et la remise en état des sites contaminés par la production de ce combustible », suggère Steve Winkelman.

Chose certaine, le confinement de milliards de personnes dans le monde est un bon moment pour réfléchir à comment « aplatir la courbe » des changements climatiques, qui restent la plus grande menace pour l’avenir de l’humanité.