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Des préoccupations plutôt volages

26 mars 2020 - Anne-Sophie Gousse-Lessard, Docteure en psychologie sociale et environnementale

Quand un sondage indique que la population est préoccupée par les changements climatiques, il n’est pas dit que celle-ci le restera. On est comme ça. Nos attitudes changent avec le temps. Comme ma deux ans qui aime les bananes une journée, mais les recrache le lendemain (The struggle is real).

Nos attitudes sont instables et sont grandement influencées par le contexte à grande et à petite échelle. Par exemple, lorsqu’un désastre se produit, on constate que les préoccupations de la population vis-à-vis des changements climatiques augmentent pendant un temps, avant de redescendre quelques mois plus tard. La famille, la santé ou l’économie redeviennent alors des priorités, et l’environnement est relégué au bas de la liste.

L’opinion de la population peut aussi devenir plus alerte lorsqu’un enjeu ou un événement fait son apparition dans l’espace public. Le graphique ci-bas, publié par le Globe and Mail, montre par exemple la fluctuation des recherches Internet avec les mots clés climate change et global warming sur une période de 10 ans. On constate que les pics d’intérêt correspondent à des événements bien précis comme la Conférence de Paris sur les changements climatiques ou la publication du dernier grand rapport du GIEC en 2018.

changement climatique recherches google trump rapport giec

En fouillant un peu sur l’outil Google Trends (allez-y!), on peut constater une grande remontée des recherches Internet concernant les changements climatiques en septembre 2019 – on se souviendra de la grandiose marche pour la planète! De quoi faire réfléchir sur le rôle crucial des médias pour assurer une couverture constante des enjeux socio-environnementaux, ainsi que sur l’importance des actions militantes publiques pour que l’environnement demeure une préoccupation. Car il suffit parfois d’un virus pour reléguer aux oubliettes la crise climatique…

Plus près de nous, les éléments physiques présents dans notre environnement peuvent aussi influencer nos croyances de façon totalement inconsciente. Il est alors question du phénomène de pensées induites. Par exemple, des chercheurs se sont intéressés à l’influence de l’aspect des plantes sur les croyances concernant le réchauffement climatique. Les participantes et participants devaient remplir un questionnaire dans lequel on retrouvait des énoncés tels que « Je pense que le réchauffement planétaire a commencé ». Deux groupes expérimentaux ont été formés de façon aléatoire : les individus appartenant au premier groupe devaient remplir le questionnaire dans un bureau décoré d’une belle grande plante verte en santé, alors que ceux du deuxième groupe le remplissaient à côté d’une plante morte dénudée de feuilles. À aucun moment la présence de la plante n’était mentionnée, celle-ci faisant simplement partie du décor. D’après vous, quel groupe adhérait plus fortement aux propositions relatives au réchauffement planétaire? Le groupe aux plantes mortes! L’aspect des plantes avait donc induit des jugements différents, et ce, même si la mort de la plante n’a aucun lien avec les changements climatiques. Quelle bonne stratégie à appliquer pour convaincre de l’importance des enjeux climatiques!

La météo (le temps qu’il fait dehors) peut aussi influencer les croyances. On remarque d’ailleurs une hausse du climatonégationnisme lors de grandes vagues de froid (on roule des yeux).

D’autres études ont démontré que les préoccupations grandissent lorsque les individus perçoivent que la température actuelle est anormalement élevée. En d’autres mots, plus les gens jugent qu’il fait davantage chaud en ce moment que l’année précédente, plus ils croient aux changements climatiques et plus ils disent s’en préoccuper. Bien que la météo soit totalement différente du climat, elle semble fortement influencer nos attitudes. Un grand dégel en janvier ou une forte canicule en septembre seraient donc de bons moments pour sensibiliser la population aux enjeux climatiques!

 
Malgré nos attitudes fluctuantes, on constate que plus les individus sont éduqués sur les enjeux environnementaux, moins ils sont influencés par des éléments extérieurs comme la météo. En outre, les plus récents sondages menés au Canada et au Québec démontrent pour la première fois une tendance plus stable vers une augmentation générale des préoccupations de la population face à la crise socio-écologique. Une bouffée d’espoir pour la suite des choses.