Astérix au pays de l’écofiscalité

Blogue / 12 novembre 2019

Nous sommes en 2019 après Jésus-Christ. Toute l’Amérique du Nord ignore la crise climatique. Toute? Pantoute! Une province peuplée d’irréductibles Québécois résiste encore et toujours à l’envahisseur. Et la vie n’est pas facile pour les garnisons de climato-actifs canadiens des camps retranchés de DougFordum, JasonKenneyum, ScottMoeum et BlaineHiggsum…

La journée s’annonçait paisible, dans le village d’Astérix. La saison de la chasse au sanglier était bonne, les livraisons de menhirs d’Obélix se multipliaient et les poissons d’Ordralfabétix n’étaient toujours pas frais. Rien ne laissait présager le terrible coup d’État qui les attendait. Du jour au lendemain, les irréductibles Québécois se retrouvèrent sous le joug d’un nouveau despote sans pitié : l’effroyable Criseclimatix.

Armés de leur courage et d’une gourde de potion magique, Astérix, Obélix et Idéfix se lancèrent dans une nouvelle aventure pour aller chercher du renfort au pays de l’écofiscalité. Durant leur périple, ils rencontrèrent trois personnages clés.

Le premier s’appelait Bonusmalus. Ce sympathique Romain incarnait à lui seul deux des fondements de l’écofiscalité : récompenser financièrement les comportements respectueux de l’environnement (bonus) à l’aide d’une redevance perçue en surplus sur les comportements néfastes (malus).

Comme plusieurs pays européens, le Québec adore Bonusmalus. Il verse des milliers de dollars en subventions pour inciter à l’achat de voitures électriques (bonus) et il prélève des droits d’acquisition et d’immatriculation additionnels pour dissuader l’achat de véhicules de forte cylindrée (malus).

Le deuxième s’appelait Marchécarbonix. Ce rusé personnage se révéla un allié de taille dans la lutte contre Criseclimatix. Répondant au nom de code de Cap-and-tradix en Californie et de SPEDEix au Québec, il n’était rien de moins que le Saint-Graal de l’écofiscalité.

En plafonnant et en réduisant progressivement les droits de polluer, il assurait que les émissions de gaz à effet de serre (GES) diminuent d’année en année. En exigeant que les entreprises paient pour se procurer ces droits de polluer, il les incitait à innover afin de réduire leurs émissions de CO2. Et en versant au Fonds vert les revenus issus de la vente de ces droits de polluer, il finançait des projets exemplaires qui contribuent concrètement à réduire l’empreinte carbone du Québec.

Le troisième s’appelait Taxekilométrix. Ce mal-aimé offrait au Québec un outil inestimable pour s’attaquer de front à Criseclimatix. Alors que tous les autres secteurs de l’économie avaient considérablement réduit leurs émissions de GES, celui des transports les avait fait croître dans le sens contraire des cibles du gouvernement et des Accords de Lutèce.

Taxekilométrix semblait incontournable aux yeux des comptables d’un nombre croissant de ministères des Transports des États-Unix. Ceux-ci dirent en chœur : « Quand Bonusmalus aura converti l’ensemble du parc automobile québécois à l’électricité, le gouvernement sera privé de milliards de dollars de revenus issus de la taxe sur l’essence, qu’il utilise présentement pour entretenir et développer les réseaux de transport collectif et routier. »

Ces sages scribes ajoutèrent : « Planifier dès maintenant la transition en transport routier du principe du pollueur-payeur à celui de l’utilisateur-payeur grâce à Taxekilométrix nous éviterait ce redoutable gouffre financier. Parce que pour vaincre Criseclimatix une bonne fois pour toutes, Astérix et Obélix ne peuvent se passer d’aucun allié. »

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