Carboneutralité
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© Marie Leviel
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Carboneutralité

22 avril 2022 - Des Universitaires, Regroupement de chercheuses et chercheurs universitaires du Québec

Carboneutralité

L’Accord de Paris, signé en décembre 2015, indique que « pour limiter le réchauffement climatique en deçà des 2 °C, il est nécessaire d’atteindre la neutralité carbone d’ici à la deuxième moitié du 21e siècle ». Depuis, les déclarations visant la carboneutralité pour 2050 se multiplient tant à l’échelle des pays, des villes et des entreprises, qu’à celle des produits et services de consommation.

La carboneutralité, ou neutralité carbone, revient à une opération comptable qui s’écrit comme suit :

(émissions de GES) – (absorptions ou suppressions des émissions) = 0

Autrement dit, il existe deux mécanismes pour atteindre un bilan carbone nul : réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) et/ou compenser les émissions de GES.

Si on applique cette formule à un exemple concret, cela veut dire qu’une tonne de GES émise par le transport peut être compensée par la plantation d’un nombre suffisant d’arbres pour absorber cette quantité de CO2. Vue sous cet angle, la carboneutralité paraît simple à comprendre et à mettre en œuvre. Dans la réalité, c’est un peu plus compliqué.

Avant d’atteindre un bilan de GES nul, il y a plusieurs étapes à franchir. Tout d’abord, il faut commencer par définir l’échelle que l’on vise à atteindre pour la carboneutralité : est-ce qu’on cherche à ce qu’un pays, une municipalité ou une entreprise devienne carboneutre par exemple?

Une fois l’échelle définie, il faut comprendre d’où proviennent les émissions de GES existantes grâce à un inventaire. Pour ce faire, il existe une méthodologie internationale de comptabilité carbone, le GHG Protocol, qui permet de distinguer trois niveaux d’émissions :

  • Périmètre 1 : les émissions directes de GES, par exemple les émissions liées au chauffage d’un bureau d’une entreprise.
  • Périmètre 2 : les émissions indirectes liées à l’énergie, par exemple les ordinateurs de bureau qui sont alimentés par l’électricité, elle-même produite par une centrale au gaz.
  • Périmètre 3 : les autres émissions indirectes qui représentent souvent la plus grande part des émissions, par exemple les émissions liées aux achats de matières premières ou aux activités numériques d’une entreprise. Notons que ces émissions, qui sont les plus difficiles à quantifier, sont parfois laissées de côté lors de l’inventaire – ce qui remet en question le principe même de la carboneutralité.

Réduire et compenser

Une fois l’inventaire des émissions de GES réalisé, il est possible de cibler les émissions qui pourraient être éliminées (réduction des émissions) ou absorbées (compensées).

La première option, réduire, est la plus facile à comprendre. Grâce à l’inventaire des émissions de GES, on détermine les activités ou les secteurs qui produisent le plus d’émissions et on voit comment on peut les diminuer. Au Québec, par exemple, ce sont les transports qui émettent le plus de GES. Pour réduire ces émissions, plusieurs solutions existent comme le développement du transport en commun et du transport actif.

La deuxième option, compenser, consiste à augmenter les émissions négatives en capturant le carbone soit dans des puits biologiques (par exemple forêts, tourbières, océans), soit grâce à des technologies comme le captage du carbone, dont beaucoup sont encore en cours de développement. L’action dont on entend le plus parler pour la compensation reste pour l’instant le financement de programmes de reforestation. Il faut cependant prendre en considération que l’absorption du carbone par les puits naturels s’étale sur de longues périodes et que les effets ne sont pas instantanés.

Zéro émission n’est pas forcément carboneutre

D’autres termes sont utilisés pour parler de carboneutralité. C’est le cas de l’expression « émission nette zéro », parfois utilisée pour traduire l’anglais net zero emissions. On trouve également le terme zéro émission, qui, lui, est un peu différent, car il décrit spécifiquement le fait qu’un produit n’émette aucun GES pendant son fonctionnement. Un véhicule électrique à batterie, par exemple, ne produit aucune émission liée à l’échappement. Cependant, lors de sa construction, il a fallu extraire des ressources puis l’assembler, deux activités qui ont généré des GES. Ce véhicule sera donc parfois décrit comme « zéro émission », mais il n’est ni « zéro émissions nettes » ni carboneutre. Il est important de tenir compte de ces subtilités de langage quand on se renseigne sur une entreprise ou un produit.

Et le citoyen carboneutre alors? Compte tenu de la difficulté à dresser un inventaire complet des GES, atteindre la carboneutralité pour un citoyen semble un réel défi. En revanche, réduire et compenser ses émissions restent tout de même des actions bénéfiques pour le climat. Vive la marche, le vélo, la consommation responsable et la plantation d’arbres!

Par Hélène Madénian, doctorante en études urbaines à l’INRS, centre Urbanisation Culture Société et membre du regroupement Des Universitaires.

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