Des paniers tout bio, tout beaux

Les paniers bio? Vous connaissez, bien sûr : des fruits et légumes frais, garantis sans engrais de synthèse, offerts à un prix abordable. Mais saviez-vous qu’en choisissant ce mode de consommation, vous participez aussi à la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre (GES)? On vous explique tout et, pour l’occasion, on a même mis la main à la pâte.

Alimentation / 26 avril 2018
Moins de GES !

Une grande bâtisse blanche, quelques serres, des plantations à n’en plus finir, et le sourire de Benoit Girard. Bienvenue sur l’île Bizard, à la ferme Bord-du-Lac. Cette installation, pas tout à fait comme les autres, est un incubateur agricole qui permet à de jeunes entrepreneurs de se lancer dans la culture de la terre, à quelques kilomètres à peine de Montréal.

C’est Benoit Girard, fils et petit-fils d’agriculteur, qui a eu l’idée de créer cet endroit. Agronome de formation, il est aujourd’hui directeur général de la ferme et a sous son aile 11 cultivateurs. Ce matin-là, malgré la pluie et la grisaille, il prépare les derniers paniers bio de la saison. Courges butternut, carottes, betteraves, persil… la plupart des légumes et des herbes ont été ramassés le jour même.

Le principe de ces paniers est simple. En début de saison, les citoyens s’abonnent au service et avancent une certaine somme d’argent. L’agriculteur dispose donc d’un petit budget qui lui permet d’éviter de s’endetter pour assurer le bon fonctionnement de son entreprise. C’est ce qu’on appelle l’agriculture soutenue par la communauté (ASC).

Si certains abonnés viennent chercher leurs fruits et légumes à la ferme, d’autres préfèrent qu’ils soient livrés dans des sacs biodégradables. Dans tous les cas, les circuits sont courts, ce qui constitue le premier avantage de ce mode de consommation. En effet, si l’on souhaite réduire les émissions de GES liées au transport des aliments, on peut commencer par diminuer le nombre d’intermédiaires entre agriculteur et consommateur. Plus la nourriture vient de loin, plus elle contribue à émettre des GES. Si on ajoute à cela l’énergie nécessaire pour entreposer, conserver et réfrigérer les aliments, la facture s’alourdit encore davantage.

Agriculture à visage humain

L’autre avantage des paniers tels que ceux de la ferme Bord-du-Lac, c’est qu’ils sont bio. Dans les fermes traditionnelles, l’utilisation d’engrais chimiques peut être une autre source de gaz à effet de serre. Il ne s’agit plus cette fois de dioxyde de carbone (CO2), mais de protoxyde d’azote (N2O), un composé chimique provenant de la transformation de certains produits azotés tels que l’engrais, le fumier, le lisier, ou encore les résidus de récolte.

Choisir les paniers bio peut donc être une bonne façon de narguer les changements climatiques. Moins chers et plus respectueux de l’environnement, ils ont aussi l’avantage de redonner un visage à ceux qui travaillent la terre pour nourrir le reste de la population. Ils sont comme le premier maillon d’une grande chaîne de solidarité. Un aspect de son métier auquel Benoit Girard tient tout particulièrement. « Nous aimerions que la ferme devienne un lieu précieux pour ceux qui viennent y chercher leurs fruits et légumes », résume l’agronome. « Nous voudrions qu’en venant ici, ils sentent un lien d’appartenance. »

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