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Retombées positives générales

5 villes qui pensent l’énergie autrement

Pour réduire leur facture de chauffage et leur empreinte carbone, des municipalités se soucient de leur énergie. En voici cinq qui s’arrangent pour qu’il fasse chaud dans la cabane sans réchauffer le climat.​

Dollard-des-Ormeaux

Le centre communautaire de Dollard-des-Ormeaux s’est agrandi en 2017. Le nouveau bâtiment compte 12 puits de géothermie pour chauffer et climatiser l’édifice. Ces puits, qui descendent jusqu’à 150 mètres sous terre, captent la chaleur ou la fraîcheur du sol pour la redistribuer dans le centre. Le nouveau revêtement extérieur du bâtiment favorise quant à lui la conservation d’énergie tandis que les fenêtres maximisent l’éclairage naturel. « Notre consommation d’énergie est inférieure de 40 % à celle d’un bâtiment traditionnel de la même taille », souligne le chef du service construction et mécanique du bâtiment à la Ville de Dollard-des-Ormeaux, Éric Laliberté.

Le centre communautaire de Dollard-des-Ormeaux
Les 12 puits de géothermie du centre communautaire descendent jusqu’à 150 mètres sous terre © Stephane Brugger
L'eau de pluie récupéré sur le toit de la caserne sert à remplir les citernes des camions.

Alma

Les pompiers ont investi la toute nouvelle caserne Antoine-Lavoie en septembre dernier. Bien plus grande que l’ancienne, elle est en partie chauffée à l’aide de panneaux noirs perforés. Ces capteurs solaires passifs réchauffent l’air lorsqu’il pénètre dans l’édifice. « Grâce à ce système de préchauffage de l’air, la facture d’électricité de la caserne devrait être similaire à celle que nous avions, mais pour un bâtiment deux fois plus grand », estime Pierre Vincent, coordonnateur du service bâtiments, développement durable et parcs à la Ville d’Alma. La caserne Antoine-Lavoie est également équipée d’un réservoir sous-terrain unique au monde pour collecter l’eau de pluie qui servira, entre autres choses, à remplir les camions-citernes.

Lac-Mégantic

Le centre-ville de Lac-Mégantic renaît et sera bientôt pourvu d’un microréseau électrique, le premier au Canada. L’an prochain, Hydro-Québec installera près de 2000 panneaux solaires et des batteries pour stocker de grandes quantités d’énergie. Le tout sera relié à une « intelligence centrale » qui évaluera en temps réel les besoins, les réserves et les capacités de production. Le microréseau alimentera une trentaine de résidences et de commerces. Ce système de production d’énergie décentralisée, à base de sources renouvelables, pourra servir de modèle pour d’autres villes du Grand Nord canadien. Cette renaissance qui se soucie du climat est « tout un symbole pour une ville meurtrie par le pétrole », souligne la chargée de développement en transition énergétique à la Ville de Lac-Mégantic, Fabienne Joly.

Montréal

Le Parc olympique a achevé sa transformation énergétique en 2018, après trois ans de travaux. C’est la firme québécoise Ecosystem qui a piloté la métamorphose pour la Ville de Montréal. Son plus gros chantier : moderniser la centrale thermique souterraine — la plus grande au Canada — pour réduire sa consommation de gaz naturel. Le Parc a aussi installé des éclairages DEL, optimisé la climatisation et sa performance énergique grâce à un contrôle centralisé. Deux ans plus tard, le Parc a réduit de 60 % ses émissions de gaz à effet de serre. Et rien qu’en 2018, il a réalisé des économies de 3 millions de dollars.

Les nouveaux éclairages DEL du Stade olympique.
L'église de Saint-Ubalde revit grâce à la biomasse forestière;re.

Saint-Ubalde

Le prix du mazout flambe, celui du bois a sauvé l’église de Saint-Ubalde, dans Portneuf. La ville de 1400 âmes s’est dotée d’un système de chauffage à la biomasse forestière. Non seulement il dessert l’imposante église, mais il irrigue de nombreux édifices municipaux autrefois chauffés au mazout, comme l’hôtel de ville, le CLSC, le bureau de poste, la salle communautaire et la bibliothèque. Deux chaudières brûlent des copeaux de bois ou de la sciure pour alimenter le réseau. Un procédé qui évite l’émission de 133 tonnes de CO2 par an. « À côté de la scierie, on envisage de construire une trentaine de nouvelles maisons, toutes chauffées à la biomasse. C’est un argument pour attirer de jeunes familles », indique le maire, Guy Germain.

Cet article provient d’un cahier sur l’action climatique municipale au Québec, publié par le quotidien Le Devoir, en partenariat avec Unpointcinq.