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© Gazon Richer
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Bye bye tondeuse!

27 mai 2020 - Simon Diotte, Coureur des bois dans l'âme

Saviez-vous que les pelouses, en plus de favoriser la biodiversité, nous aident à combattre les îlots de chaleur? Mais ça, c’est à condition de « slacker » sur la tondeuse!

Ma cour montréalaise est un désastre. La machinerie lourde utilisée lors de travaux d’excavation de ma maison y a causé des ravages. Mais plutôt que de m’en plaindre, j’y vois une occasion d’enrichir ma pelouse, qui nécessitait une coupe régulière, avec des semences de trèfle blanc et par la plantation, dans tous les recoins possibles, de plantes indigènes comme l’asclépiade, la plante hôtesse du papillon monarque.

En plus de briser la monotonie du gazon, le trèfle blanc n’a que des avantages ou presque. Il nécessite peu d’eau et d’entretien, fleurit de juin à octobre, attire les abeilles butineuses (qui, contrairement aux guêpes, s’attaquent rarement aux humains), tolère la sécheresse et transforme l’azote atmosphérique en azote assimilable par les autres plantes, dont le gazon. Que du bon!

Surtout, je n’ai pas l’intention de couper souvent ma pelouse nouveau genre. Car les études le confirment : pour avoir une pelouse climato-sympathique, il est temps d’arrêter de la tondre régulièrement au ras du sol, comme le court central de Wimbledon. Une méta-analyse menée par des chercheurs de l’Université du Québec à Trois-Rivières met en évidence tous les avantages écologiques du gazon long.

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Le journaliste Simon Diotte qui travaille son terrain et qui projette de laisser pousser sa pelouse nouveau genre dans sa cour à Montréal. © Simon Diotte

« Plus les herbes sont hautes, plus elles bloquent les infestations, comme celle des vers blancs, et plus elles empêchent la prolifération de plantes indésirables, comme l’herbe à poux », explique Léonie Carignan-Guillemette, coauteure de cette étude publiée en 2019. Il en résulte une économie en pesticides en tout genre.

Mais ce n’est pas tout. Une pelouse plus longue abrite une plus grande diversité de plantes, qui à leur tour favorisent une plus grande biodiversité. « Les insectes pollinisateurs viendront en grand nombre. Un équilibre naturel se créera, ce qui rendra ce couvre-sol plus résilient aux infestations et aux épisodes de sécheresse », explique la chercheuse.

Une autre faiblesse du gazon court est qu’il dissipe beaucoup moins la chaleur que d’autres types de végétation, comme les champs herbacés non entretenus, les friches arbustives sauvages ou les haies arbustives entretenues, conclut une étude québécoise intitulée La fin du gazon, publiée par la Fondation David Suzuki en 2018. Par une journée de chaleur, les chercheurs ont remarqué une différence de 20 degrés Celsius entre la pelouse et la friche arbustive, qui étaient pourtant situées à seulement 15 mètres de distance l’une de l’autre. Pour ces raisons, les auteurs de l’étude recommandent aux municipalités d’arrêter de surentretenir leurs espaces verts afin de maximiser leur potentiel de mitigation de la chaleur.

pelouse écoresponsable infographies avantages

« On devrait limiter la pelouse courte aux espaces utiles, comme les terrains de soccer, et favoriser les végétations plus longues partout ailleurs », soutient Léonie Carignan-Guillemette. Une idée que vous pouvez également reproduire à la maison, en donnant plus de liberté à votre gazon et à la nature.

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Le gazon biodiversité du Groupe Richer est composé d’une multitude d’espèces: graminées à gazon fourragères, couvre-sols, fleurs sauvages et autres plantes indigènes.

Au diable la tondeuse à essence!

L’avantage de couper court au gazon court (excusez-moi!), c’est aussi de diminuer l’utilisation de la tondeuse à essence. Vous la croyez inoffensive? Oh que non. L’organisme américain California Air Resources Board affirme que, sur une base annuelle, les petits équipements de jardinage à essence, comme les tondeuses et les souffleuses à feuilles, polluent autant que tout le parc automobile de cet État de la côte ouest. Sidérant.

Une tondeuse à essence populaire qu’on fait fonctionner pendant une heure génère autant de pollution qu’un trajet Montréal-Tadoussac (un peu moins de 500 km) en Toyota Camry. 

Le hic, c’est que 70 % des ménages québécois possèdent une tondeuse à essence, selon les plus récentes données de Statistique Canada à ce sujet (2006). Imaginez la pollution annuelle générée par ces machines dont la technologie a peu évolué au fil des décennies.

Le problème, c’est que partout dans le monde, peu de règles environnementales s’attaquent à la pollution engendrée par ces appareils, indique le California Air Resources Board. Autrement dit, ils passent sous le radar des législateurs.

Mon nouveau crédo : bye bye tondeuse! Avec ses herbes longues et ses fleurs qui attireront abeilles et papillons, ma cour arrière 2.0 sera assurément beaucoup plus belle que mon ancienne et fera l’envie de mes voisins. Dans ma ville, si je ne vais pas à la nature, la nature viendra à moi.

Vancouver sonne le glas des tondeuses à essence

En janvier 2019, le conseil municipal de Vancouver a adopté à l’unanimité une motion visant à remplacer le matériel de jardinage à essence utilisé dans les parcs par de l’équipement qui n’émet pas de gaz à effet de serre. Cette motion indique aussi les autres effets néfastes des tondeuses à essence, dont les émanations toxiques pour leurs utilisateurs, leur bruit assourdissant et le surcoût (coût de l’essence et frais d’entretien), que les appareils à batterie permettent de mitiger. Une inspiration pour les municipalités du Québec?