Du bonbon pour les cochons

Pour réduire les émissions de GES associées à l’agriculture et à l’enfouissement des déchets organiques, l’entreprise Prorec de Saint-Hyacinthe a décidé de traiter ses porcs aux petits oignons. Des cochons à qui l’on sert chaque jour un véritable festin!

Économie / 16 avril 2018
Moins de GES !

Biscuits, fromages, pains, brioches, sucre et même… chocolat! Saviez-vous qu’il est possible de réutiliser tous ces aliments pour fabriquer de la nourriture destinée aux cochons? Au Québec, ce sont même 200 000 porcs qui, chaque année, sont nourris avec ces résidus alimentaires recyclés qui étaient préalablement destinés aux humains. Une façon originale de détourner de l’enfouissement quantités de matières tout en offrant aux cochons un succulent repas chaque jour.

Selon le dernier inventaire québécois des émissions de gaz à effet de serre,

  • Le secteur de l’agriculture est responsable de 9,4 % des émissions de GES de la province avec 7,7 Mt éq. CO2.
  • Le secteur des déchets, quant à lui, génère 7,5 % des émissions de GES avec 6,2 Mt éq. CO2.

Dans un contexte où la société occidentale valorise la surconsommation et un régime alimentaire riche en viande, il est difficile de trouver des moyens de réduire la production des GES associés à un tel mode de vie. L’entreprise Prorec de Saint-Hyacinthe a cependant trouvé une façon créative de participer à la lutte contre les changements climatiques, tout en stimulant l’économie locale!

Il y a déjà 20 ans, l’entrepreneur Stéphane Le Moine, qui à l’époque était copropriétaire de deux porcheries, cherchait une façon d’économiser de l’argent. Son idée : créer une nourriture pour ses animaux à base de denrées alimentaires qui ne peuvent être vendues pour la consommation humaine.

Prorec fait sa part dans la lutte face aux changements climatiques en récupérant des résidus de production agricole qui auraient été destinés à l’enfouissement. Son procédé, en plus d’éviter la production de maïs et de soya pour nourrir les bêtes, détourne de l’enfouissement quantités de matières organiques. Prorec évite ainsi l’émission de 30 000 tonnes de CO2, soit l’équivalent de ce qu’émettent 10 000 voitures au Québec durant un an, selon le Fonds d’action québécois pour le développement durable (FAQDD).

L’entreprise agit donc sur plusieurs fronts dans la lutte aux changements climatiques. Les produits de Prorec remplacent le maïs et le soya que l’on fait pousser pour l’alimentation animale. Ces cultures, qui occupent une partie importante des terres agricoles, sont en concurrence avec celles destinées à l’alimentation humaine, de sorte qu’elles en font monter les prix. Grâce à ses produits de substitution, Prorec estime que 6 700 hectares de terres agricoles serviront à nourrir des humains plutôt que des animaux.

Au Québec, les déchets qui ne sont pas recyclés sont enfouis dans des lieux d’enfouissement technique (LET). En offrant une seconde vie aux matières, Prorec évite l’utilisation de 120 000 m3 d’espace d’enfouissement sanitaire chaque année.

Pour en savoir plus sur la production de cette nourriture animale unique en son genre, Unpointcinq s’est rendu directement à l’usine de Prorec située à Saint-Hyacinthe. Un petit saut parmi les cochons que vous n’êtes pas près d’oublier!

Du bonbon pour les cochons 6min.