Les matières honnies des centres de tri

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©Simon Diotte
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Retombées positives générales

27 mai 2024 - Simon Diotte, Coureur des bois dans l'âme

Emballages de nourriture pour animaux, pochettes de yogourt et de compote de fruits, sacs de croustilles et de légumes congelés : voici quelques exemples de matières que boudent les bacs.

Tu consommes des produits dont le contenant porte le ruban de Möbius (les trois flèches qui forment un triangle, symbole universel du recyclage). Tu les mets dans ton bac et tu te félicites d’avoir accompli ton devoir consciencieusement…

Pas tout à fait, car les centres de tri ne font pas de miracles. En effet une multitude d’emballages sont refusés, soit parce qu’ils sont difficiles à recycler pour des raisons de coût ou de technique, soit parce qu’ils ne trouvent pas preneur sur le marché. Autrement dit, ces matières, personne n’en veut… sauf la décharge! En outre, ces emballages et contenants contaminent les ballots et rendent plus complexe la vente des matières à recycler aux transformateurs.

Il est donc important de connaître les matières rejetées par les centres de tri. « Non seulement pour mettre plus de respect dans votre bac, mais aussi pour faire pression sur les producteurs qui commercialisent des contenants et emballages à utilisation unique afin qu’ils proposent des solutions plus écologiques », explique Nathalie Drapeau, directrice générale de la Régie intermunicipale de traitement des matières résiduelles de la Gaspésie (RITMRG). Comme on dit dans le milieu, le recyclage commence à l’achat.Voici quelques exemples des matières honnies qui compliquent la vie des centres de tri.

S’il est composé de plastique no 6, on le jette également à la poubelle, car la majorité des centres de tri au Québec refuse ce plastique.Jacob Bouchard, responsable des communications à la Société VIA

Couvercles de tasse à café

Ils sont généralement en plastique. Donc, spontanément, on les jette dans le bac de recyclage. Or, ce n’est pas si simple. « Ces couvercles ne sont jamais faits de la même matière. Ils mélangent une panoplie de résines de plastique », signale Nathalie Drapeau.

La règle à suivre : si on ne trouve pas le triangle de Möbius, ce qui est souvent le cas, le couvercle va à la poubelle. S’il y en a un, on s’assure que c’est un plastique recyclable (les nos 1, 2, 3, 4, 5 et 7). « S’il est composé de plastique no 6, on le jette également à la poubelle, car la majorité des centres de tri au Québec refuse ce plastique », dit Jacob Bouchard, responsable des communications à la Société VIA, qui gère cinq centres de tri à travers le Québec. Quant au verre à café, il va au recyclage, sauf s’il est en styromousse.

Pochettes de yogourt ou de compote de fruits

©Simon Diotte
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Elles gagnent en popularité au Québec depuis quelques années. Ces pochettes avec bouchon en plastique, qui contiennent du yogourt ou de la purée de fruits en format individuel, aboutissent en grande quantité dans les bacs. Or, les centres de tri n’apprécient pas cette nouvelle offrande.

Le problème : ces pochettes se composent d’un assemblage de plastique et d’aluminium laminé, ce qui les rend très difficiles à recycler. « En ce moment, ces sachets prennent le chemin du dépotoir », dit Nathalie Drapeau. C’est à se demander pourquoi l’industrie a introduit ces pochettes sur le marché…

La solution écolo, c’est d’acheter son yogourt dans un grand contenant en plastique no 5 (polypropylène), un plastique aisément recyclable. Attention, les contenants de yogourt en plastique en portion individuelle ne sont pas tous recyclables! « Certains sont faits en plastique no 6, mieux connu sous le nom de polystyrène. Cette matière n’est pas recyclable actuellement au Québec. Par contre, ceux fabriqués en plastique no 1 le sont », explique Jacob Bouchard. À vérifier avant de lancer dans le bac.

Sacs de chips et de céréales

Tu veux être plus écolo? Il faudrait consommer moins de croustilles, de crottes de fromage ou de nachos. En voilà une décision difficile à prendre, tellement ces produits calment nos fringales. Le hic, c’est que les sacs qui les contiennent sont aussi constitués d’un mélange multimatière qui les rendent actuellement impossibles à recycler.

Autres emballages problématiques : les sacs de céréales, ceux des fruits et légumes congelés et les sachets de bars tendres. À la poubelle! Rappelons que seuls les emballages de plastique qui s’étirent sont acceptés dans les centres de récupération.

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Sacs réutilisables de consommation

Depuis la disparition des sacs de plastique à usage unique, les sacs réutilisables prennent de plus en plus de place dans nos vies. T’en as une belle collection, je parie. Or ces sacs, qui sont faits en majorité en plastique tissé, ne sont pour la plupart pas recyclables. « Ce n’est pas parce que le sac indique “fait de matières recyclées” qu’il est recyclable en fin de vie », avertit Jacob Bouchard, de la Société VIA.

Par ailleurs, de nombreuses entreprises indiquent en toutes lettres que leurs sacs réutilisables sont recyclables… ce qui est faux! C’est le cas notamment des sacs verts de Dollarama. Cette fausse représentation fait l’objet d’un recours collectif de la part du cabinet LPC avocats.

Sacs à café et sacs de nourriture pour animaux

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On pourrait penser que les sacs à café et ceux de nourriture pour Pitou et Minou sont recyclables, puisqu’ils sont faits de métal, une matière acceptée dans les centres de tri. Or, ils se composent de plusieurs matières collées ensemble et inséparables. « Il n’y a pas de débouchés pour ces emballages métallisés », soutient Jacob Bouchard. La destinée de ces sacs conservant la fraîcheur des croquettes et du café : la décharge municipale. Dommage.

La solution écologique, c’est d’acheter le café en vrac, en utilisant un contenant réutilisable ou un emballage 100 % papier. Plusieurs épiceries zéro déchet vendent également de la nourriture pour animaux en vrac.

Gros changement en vue en 2025

À partir de 2025, un grand changement transformera la collecte sélective. Éco Entreprises Québec (ÉEQ) deviendra propriétaire de toutes les matières qui seront ramassées dans les centres de tri de la Belle Province. En regroupant tous les « gisements » de matières sous sa responsabilité, ÉEQ prévoit augmenter la quantité de matières recyclées au Québec. « Le problème actuel des matières non recyclées au Québec, c’est le manque de volume. En ayant d’importantes quantités à vendre, nous sommes optimistes de trouver plus de débouchés pour l’ensemble des matières de la collecte sélective au Québec », affirme Philippe Cantin, vice-président, responsabilité des producteurs, chez Éco Entreprises Québec.

Avec l’arrivée aux commandes de ÉEQ, un OBNL représentant les entreprises qui mettent sur le marché des produits emballés, des contenants et des imprimés, les matières acceptées dans les bacs seront uniformisées à la grandeur du Québec. Dans un futur pas si lointain, ÉEQ pourrait investir dans des centres de tri en vue d’améliorer le triage des matières, augmentant leur valeur sur les marchés. Ce modèle de gestion aurait été mis en place en Colombie-Britannique avec succès. À suivre.

En résumé

Papier, carton, verre, plastique et métal sont les matières qui sont acceptées dans les centres de tri. Dans ces cinq matières, on récupère des contenants, des emballages ou des produits imprimés. Un bon truc : si ça n’est ni un emballage, ni un contenant, ni un produit imprimé, ça ne va pas au bac. Qui plus est, on ne met pas au bac tout ce qui est multimatière, long, encombrant et dangereux. Non, pas de toile de piscine, pas d’outil de construction et pas de corde à linge.

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