Transformer une société en trois étapes faciles

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27 juin 2022 - François Delorme, Consultant et professeur d'économie

Comment peut-on transformer une société? La question est d’autant plus pressante que, dans les prochaines années, nous serons appelés à évoluer à la vitesse grand V pour prendre le fameux virage climatique, que ce soit pour combattre le réchauffement ou s’y adapter.

Il est donc salutaire que, comme citoyens, nous comprenions quels outils les dirigeants favorisent pour le bien commun (c’est la prémisse de base ici!). Car plus nous comprendrons ces principes, plus nous serons à même d’y adhérer… pour notre plus grand bien et celui de l’espèce humaine.

D’abord, fixons le cadre : on parle ici de faire tourner une économie de marché libérale au sein d’une démocratie, comme le capitalisme tel que nous le connaissons, où nous continuons de valoriser la libre circulation des biens et une grande liberté individuelle. Un despote (mettons éclairé) pourrait régir tout ça d’une main de fer, mais la réussite sur le long terme serait plus qu’incertaine!

Dans ce contexte, quelles étapes les gouvernements peuvent-ils donc suivre pour arriver à nous faire avancer dans le bon sens et dans la (relative) harmonie face à un enjeu de société qui touche au bien commun?

La première étape : la sensibilisation. Il s’agit d’informer la population quant aux actions posées et leurs conséquences, de donner des directives « douces ». On parle ici de campagnes de sensibilisation, comme celles qui ont été mises sur pied dans la lutte au tabagisme. Des citoyens informés feront de meilleurs choix de vie pour eux et au bénéfice de la société. Un bémol : l’effet est la plupart du temps éphémère, quand ce n’est pas limité à une frange de la population. Toutefois, cela favorise un certain niveau d’adhésion sociale.

Deuxième étape : la taxation. On ajuste les prix. Le gouvernement oriente les choix en ajoutant une taxe au prix initial ou il le baisse en appliquant une subvention. On peut faire le parallèle ici encore avec la cigarette, dont le prix est fortement taxé. On peut taxer soit les citoyens, soit les entreprises ou les deux.

Dans le contexte de la crise climatique, la fameuse taxe carbone en est un excellent exemple. On pénalise les comportements nocifs pour inciter une consommation écoresponsable en appliquant une taxe et, ainsi, décourager les comportements et les décisions non durables et non éthiques. À l’inverse, on récompense financièrement les bons comportements face à l’environnement (par exemple, en subventionnant l’achat de véhicules électriques).

Toutefois, ces mesures sont fortement tributaires d’une certaine adhésion sociale, d’où l’importance de l’étape de la sensibilisation. On a vu le résultat qu’a obtenu Emmanuel Macron en France avec sa taxe sur l’essence, qui a donné lieu à la fameuse crise des « gilets jaunes » en 2018.

Enfin, la troisième étape : la réglementation. Le gouvernement intervient alors directement pour limiter ou interdire carrément la vente ou la consommation de certains produits. Cette approche est beaucoup plus contraignante et témoigne d’une réelle volonté de changement de la part du gouvernement et de la population. C’est ainsi qu’on a fini par réglementer la cigarette : après des années de sensibilisation, une forte taxation, le couperet est tombé avec l’interdiction de fumer dans les espaces publics. Bien entendu, il y a eu des protestations, les propriétaires de bar étaient CONVAINCUS, par exemple, qu’ils allaient tous fermer leurs portes. Mais ça n’a pas été le cas, comme on le sait, et l’effet a été spectaculaire.

Malgré la forte efficacité de la réglementation, cette dernière étape est la moins populaire auprès des gouvernements et auprès de la population, qui y voit une limite à sa liberté de choix. Mais dans le cas de la crise climatique où, justement, le plaisir et les gains personnels nuisent parfois (souvent) directement à l’environnement, cela est plus qu’impératif. Qui, en effet, aurait envie de se priver maintenant (coût individuel) pour un gain collectif diffus ET éloigné dans le temps?

Dans la crainte de ne pas être réélus, les gouvernements peuvent hésiter à taxer ou à limiter le droit de consommer des citoyens, même quand il existe un certain consensus social quant à l’importance d’agir. Un certain courage politique est donc de mise.

Autre élément qui limite l’application de cette stratégie en trois étapes : nous ne sommes pas tous rationnels comme citoyens! Bon nombre de nos décisions sont prises sur le coup de l’impulsion ou sans information suffisante (qui connaît toutes les politiques fiscales ou monétaires?).

Il est donc primordial de bien étudier les comportements humains afin de mieux les comprendre et d’appliquer les mesures économiques qui vont faire en sorte que les deux « éco », économie et écologie, travailleront à l’unisson.

C’est ce qu’on verra dans ma prochaine chronique… sur l’économie comportementale!

Écrit avec la collaboration de Clarisse Thomas

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