Vivez-vous dans un TOD?

Blogue / 26 juillet 2019

Le tourbillon de la fête nationale du déménagement s’est dissipé et vous avez enfin fini de défaire vos boîtes (du moins, je vous le souhaite). Vous pouvez maintenant commencer à explorer votre nouveau quartier, découvrir ses commerces de proximité et essayer ses services de mobilité.

Vous avez peut-être fait votre nid dans un nouveau milieu de vie pour réduire le stress associé à vos déplacements ou, à tout le moins, le temps que vous y consacrez. « Fini, les bouchons quotidiens sur le pont Champlain! »; « Pas question que j’attende le troisième lien! ».

Pour vaincre le démon de la congestion et entamer pour de bon notre cure de désintoxication collective au carbone, les élus de tous les paliers font pleuvoir les investissements massifs dans les réseaux de transport collectif : Réseau express métropolitain (REM), prolongement de la ligne bleue du métro de Montréal, tramway vers Lachine, réseaux structurants à Québec et dans l’ouest de Gatineau, alouette!

Ces investissements, aussi cruciaux qu’avisés, ont fait leurs preuves par le passé. On le sait : plus les gens habitent près des gares de train et des stations de métro, plus ils utilisent le transport collectif, et plus ils réduisent leur empreinte climatique. Pour optimiser ce potentiel tout en protégeant les terres agricoles contre l’étalement urbain, les élus des communautés métropolitaines de Montréal et de Québec se sont engagés à redoubler d’ardeur pour densifier les abords de ces gares et de ces stations.

Cette stratégie attirante qui se propage à toute allure porte un nom qui résonne de plus en plus dans les médias québécois : transit-oriented development (TOD), ou aménagement axé sur le transport collectif. Un TOD, c’est un quartier développé dans un rayon de 600 à 800 mètres autour d’une station de transport collectif. Les résidences, les commerces, les bureaux ainsi que les espaces ouverts et publics s’y côtoient dans un environnement propice aux déplacements actifs. On qualifie ces quartiers TOD de « milieux de vie tournés vers la mobilité durable ».

Dans ces secteurs de la ville, la marche et le vélo sont jusqu’à cinq fois plus populaires que dans les banlieues récentes façonnées en fonction de l’automobile. Les plus fortes concentrations de résidents favorisent aussi l’utilisation du transport collectif. En revanche, l’auto solo y génère malgré tout cinq fois plus de déplacements que la marche ou le vélo.

TOD ou pas, l’automobile continue de régner sur le paysage suburbain, où les bretelles d’autoroutes succèdent aux magasins-entrepôts et à leurs immenses espaces de stationnement. Dans un tel environnement, même les résidents des TOD se déplacent en voiture plutôt qu’en transport collectif, si le stationnement est gratuit et abondant à destination. De surcroît, même au sein de la plupart de ces TOD, les cases de stationnement sont à la fois trop nombreuses et trop souvent gratuites.

Sur une note plus positive, mon prochain blogue vous emmènera aux quatre coins du monde pour vous faire découvrir comment les villes s’y prennent afin d’accroître la convivialité de leurs quartiers en transformant leurs stationnements.

LIRE AUSSI :  Le water square : la place à la pluie!

Vivez-vous dans un TOD?