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© Jacques Goldstyn

Face à la chaleur, fais ton frais!

20 août 2020 - Olivier Roy-Baillargeon, Consultant en aménagement du territoire et mobilité durable

 

Partout où la main de l’homme a mis le pied, des îlots de chaleur se sont formés… 

et le font royalement suer, au plus fort de l’été.

 

Il était une fois, l’homo sapiens quebecensis. Apparu au gré des métissages et des atermoiements, dans une vallée aussi vaste qu’un océan, il entretient depuis 400 ans un rapport trouble avec l’espace et le temps.

Riche d’un territoire d’une grandeur à n’en plus savoir que faire, il l’asphalte allègrement pour étancher sa soif de déplacements. Frileux de nature, il affronte chaque année six mois de froidure en rêvant des plages de Cancún ou de la Côte d’Azur, passant adroitement de l’air surchauffé de sa maison à celui de sa voiture.

Amateur de prévisions météorologiques, l’homo sapiens quebecensis est fasciné par le « facteur humidex », les « températures ressenties », le « vortex polaire » et autres syntagmes de la novlangue climatique. S’il peste contre le froid et fantasme sur les canicules en hiver, il n’est pas rare qu’on l’entende se lamenter en juillet qu’il fait ben trop chaud dans sa voiture.

Bien que sa vallée laurentienne soit bercée par quatre saisons bien distinctes, marquées par une amplitude thermique de plus de 80 degrés, l’homo sapiens quebecensis ne peut tolérer que son nid douillet soit plus chaud en juillet qu’en février. Il tempère donc son domicile et son cocon mobile… en rejetant l’air chaud dehors. Or, tous ces appareils fonctionnent à l’inverse du slogan de la saucisse Hygrade : plus on en achète, moins il fait frais dehors.

Heureusement, le vent semble être en train de tourner. Ses semblables des continents asiatique, européen et même nord-américain sont de plus en plus nombreux à déployer des solutions innovantes pour dompter la chaleur urbaine et rendre la ville toujours plus cool. En s’ouvrant au monde qui l’entoure, l’homo sapiens quebecensis se prépare mentalement, lentement mais sûrement, à réduire la place de l’auto dans les quartiers, planter des arbres dans les stationnements, jardiner en façade des bâtiments et protéger les corridors de vent.

Motivé par toutes ces bonnes idées, l’homo sapiens quebecensis s’est mis récemment à remplacer l’asphalte par de la végétation et à verdir ses ruelles. Il s’engage de plus en plus souvent à planter des arbres pour purifier l’air et le climatiser en enjolivant son terrain. Il commence aussi à équiper ses bâtiments de toits verts ou blancs et à jardiner avec ses voisins sur des terrains vacants. Il pousse parfois même l’audace jusqu’à s’affranchir de sa tondeuse, pour profiter de la biodiversité et de son pouvoir rafraîchissant.

De plus en plus convaincu que de grands gestes doivent accompagner les plus petits, il semble même prêt à s’engager fermement à protéger les forêts et les terres agricoles qui l’entourent et lui permettent de garder son sang-froid.

Et quand le destin frappe à sa porte, il redonne la rue aux commerçants et y dispose des brumisateurs pour rafraîchir les passants. Il se dit qu’il ne faut jamais gaspiller une bonne crise. Plutôt que d’en faire les frais, il a choisi de faire son frais. Et on lui en est vraiment reconnaissant.