ilot de chaleur arbres
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© Michudon (via Wikimedia Commons)
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Villes à l’ombre

31 mai 2018 - Jean-Louis Tedone, Géographe, spécialiste des questions d’aménagement durable du territoire

Été 2010. Le Québec sue à grosses gouttes. Pendant cinq jours consécutifs, au mois de juillet, la moyenne des températures maximales a dépassé les 33° C dans le sud du Québec, tandis que les températures minimales sont demeurées supérieures à 20° C pendant neuf jours. À cette époque, je résidais sur la rue Père-Marquette, dans le quartier Saint-Sacrement, à Québec. Même si la ville subissait elle aussi cette canicule suffocante, je n’étais pas du tout importuné par la chaleur. Bien au contraire, mes nuits étaient fraîches et agréables. Et ceci grâce à celui que j’avais affectueusement appelé Robert. Non, Robert n’était pas mon climatiseur, ni mon ventilateur.

Robert était l’arbre qui protégeait mon appartement des rayons du soleil. Grâce à son ombrage, mes pièces de vie ne se transformaient pas en fournaises. C’était mon climatiseur naturel. Avec l’augmentation des températures moyennes et la multiplication des épisodes de vagues de chaleur accablantes, il est évident que les arbres jouent et joueront un rôle prépondérant dans le rafraîchissement de nos villes. Ce sont nos alliés indéfectibles dans la lutte aux îlots de chaleur et donc dans l’adaptation des milieux urbains aux conséquences des changements climatiques. Ils agissent aussi sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre, puisqu’ils filtrent naturellement les polluants atmosphériques et augmentent la séquestration du carbone. Finalement, un arbre, ça apporte beauté et convivialité!

Plusieurs municipalités du Québec l’ont compris. Elles ont décidé d’adopter des politiques de l’arbre qui visent principalement à protéger et à restaurer leur couvert forestier urbain. Montréal, Salaberry-de-Valleyfield, Frampton ou Saint-Jean-sur-Richelieu; toutes ces villes ont choisi de poser des gestes concrets pour augmenter leur indice de canopée, une mesure obtenue en divisant les étendues vertes d’un territoire par sa superficie totale. Donc qui dit faible indice de canopée dit possibilité d’îlots de chaleur. (À ce propos, Treepedia est un site passionnant qui permet de voir en un coup d’œil l’indice de canopée de quelques-unes des plus grandes villes du monde, dont Montréal.)

Mais pas besoin d’être une grande ville pour agir. Saint-Pacôme, Kamouraska, 1600 âmes. La municipalité a adopté en 2016 sa première politique de l’arbre avec la ferme intention de sensibiliser la population à l’importance de conserver la richesse forestière et la biodiversité du territoire et d’éviter les coupes abusives… même si Saint-Pacôme est entourée de vastes forêts et de zones agricoles.

Par la reconnaissance du rôle et de la valeur des arbres, Saint-Pacôme et d’autres municipalités contribuent aussi à développer un sentiment de fierté au sein de la population. Justement, je me dois de conclure ce texte avec cette citation de Frédéric Back, réalisateur du célèbre film d’animation L’homme qui plantait des arbres, écrit par Jean Giono : « Intermédiaires entre le ciel et la terre, capteurs solaires et créateurs de sols féconds, gardiens de l’eau et symboles de pérennité. Sujets d’admiration pour leurs formes et leurs couleurs, ils inspirent paysans, artistes, ingénieurs et philosophes; chacun en reçoit une leçon de choses, une influence bénéfique. »