Les 10 bienfaits insoupçonnés d’une vie engagée

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© Victoria Gonzales
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11 décembre 2025 - Amélie Cournoyer, journaliste de l'Initiative de journalisme local

Les gens investis dans l’action climatique s’en doutaient, les études le confirment désormais : l’engagement social nous rend littéralement plus en santé.

Partager son temps, son expertise, ses sous, voire son sang fait du bien à tout le monde – aux personnes qui en bénéficient comme à celles qui en font don. C’est ce que nous apprend le guide L’engagement social en tant que saine habitude de vie, lancé cet automne par l’Université Laval. Les recherches scientifiques montrent en effet que s’impliquer dans la société améliore le bien-être et l’état de santé en général.

La bachelière en kinésiologie et étudiante en médecine Lesly Joyce Nkuindja, l’une des coautrices du guide, en témoigne : « Je ressentais les bienfaits d’être une personne très investie dans mon milieu. Alors, c’était une motivation pour moi de fouiller dans la littérature scientifique pour lister les effets démontrés de l’engagement social sur la santé à court, moyen et long termes. 

Lesly Joyce Nkuindja © Alexandre Milette-Gagnon

Besoin d’un boost?

Ce que Lesly Joyce Nkuindja et ses collègues ont découvert dans les études a dépassé leurs attentes. « L’engagement social sous toutes ses formes – bénévolat ou don d’argent, de biens ou de sang – peut avoir différents bienfaits sur la santé physiologique, mentale et sociale des jeunes, des adultes et des personnes âgées », assure-t-elle.

Gabriel Huot, responsable de l’engagement social à l’Université Laval et co-instigateur du manuel L’engagement social, dans lequel se trouve le guide, sous forme de chapitre, renchérit : « On peut se dire : “L’engagement a des impacts physiques? Mais, oui, il y en a plein!” »

Selon ce guide, la liste des répercussions positives sur la santé physique est impressionnante. En voici quelques-unes :

1. Réduit l’inflammation et le cholestérol.

2. Diminue les facteurs de risque associés aux maladies cardiovasculaires, tels que la tension artérielle ou la glycémie élevées.

3. Améliore les fonctions physiques.

4. Favorise la stimulation cognitive.

5. Augmente le sentiment de bien-être.

6. Diminue l’humeur négative et les symptômes dépressifs.

7. Accentue les sentiments de satisfaction, d’efficacité personnelle et d’utilité.

8. Fait baisser le niveau de stress.

9. Renforce la confiance et l’estime de soi.

10. Accroît les liens sociaux et l’inclusion dans la communauté. 

La 5e habitude de vie?

Selon Lesly Joyce Nkuindja et ses collègues, l’engagement social devrait être considéré comme le cinquième pilier d’un mode de vie plus sain, avec l’alimentation, le sommeil, l’activité physique et la gestion du stress. « On veut proposer une vision de l’engagement social qui n’est pas basé sur le sacrifice. Après tout, ce n’est pas parce qu’on pense aux autres qu’on ne prend pas soin de soi », commente Gabriel Huot.

Et la cerise sur le gâteau? Il n’est pas nécessaire de transformer son bénévolat en emploi à temps partiel pour en tirer profit. « Chaque petit geste entraîne des effets. Donc, pas besoin d’atteindre un certain niveau pour ressentir des bienfaits sur sa santé globale, ce qui est très encourageant! », affirme Lesly Joyce Nkuindja.

Unsplash

Attention au surengagement!

S’engager, ça fait du bien, mais dépasser ses limites personnelles peut, au contraire, nuire à la santé. « Voir l’engagement social comme une saine habitude de vie nous permet aussi de reconnaître que le surengagement existe, au même titre que le surentraînement », note Gabriel Huot.

Dans le guide, on rappelle qu’un don de soi excessif peut entraîner une surcharge de travail ou une perte de contrôle sur ses tâches. « Trop, c’est comme pas assez. L’excès d’engagement social peut mener à l’épuisement », précise Lesly Joyce Nkuindja.

Mais la fatigue peut aussi naître du sentiment d’inefficacité ou d’impuissance. « C’est parfois difficile de mesurer les retombées concrètes de nos actions pour la santé climatique. On peut ressentir de la frustration ou avoir l’impression que notre engagement ne nous comble pas », illustre-t-elle.

Pour éviter tout ça, l’important est de s’écouter, selon elle. Et elle parle d’expérience : « Je sais maintenant qu’en faire plus n’est pas nécessairement mieux. Il faut que je jauge mon énergie pour m’assurer de pouvoir continuer à m’impliquer. »

Gabriel Huot, chargé de cours en engagement social © Eugénie Hamel pour Centraide Québec et Chaudière-Appalaches

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