Aménagement urbain, résilience climatique, urbanisme, rue piétonne, cyclisme, vélo, vélo en ville, adaptation aux changements climatiques, automobile, rue commerciale,
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© Kristi Blokhin / shutterstock
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La vie de la rue

19 juillet 2021 - Olivier Roy-Baillargeon, Consultant en aménagement du territoire et mobilité durable

Je ne suis pas comptable, mais je sais que, si une personne n’alloue que 16 % de ses ressources à ses priorités, elle est vouée à échouer.

Or les grandes villes du Québec consacrent jusqu’à 80 % des emprises des rues exclusivement à la circulation et au stationnement automobiles. Cette attribution aussi inéquitable que disproportionnée de l’espace public fait en sorte qu’il n’en reste que 15 % pour les piétons et piétonnes, 1 % pour les cyclistes et 0,5 % pour les utilisateurs et utilisatrices du transport collectif, soit 5 fois moins qu’aux bandes médianes et aux terre-pleins!

Si une image vaut mille mots, celle-là vaut mille maux.

On pourrait réduire considérablement le bilan carbone du Québec en effectuant un déplacement sur quatre ou cinq en vélo plutôt qu’en auto. Par contre, un tel transfert ne sera possible que si on améliore grandement l’accessibilité, la convivialité et la sécurité des rues.

Une réorganisation majeure de l’espace routier s’impose. Surtout sur les artères commerciales qui traversent et font vivre les quartiers et les villages.

Retrancher des voies, les rétrécir et restreindre la circulation automobile sur ces rues produit des bénéfices écologiques, sociaux et économiques mesurables et documentés. La demande de déplacements motorisés diminue. La pollution, la congestion et les collisions aussi. La qualité de vie et la santé publique s’améliorent. Les valeurs foncières et la consommation locale augmentent. L’espace urbain regagné accueille davantage de verdure, d’activité, de mobilier et de lieux où l’on peut socialiser. Alouette!

Chaque fois qu’on parcourt un kilomètre à vélo, on engendre des bénéfices de 0,24 $ pour la collectivité.
Olivier Roy-Baillargeon

Rendre les rues commerciales plus conviviales pour les gens qui marchent et roulent sur deux roues augmente de 30 % le taux d’activité physique de la population. Les personnes qui vivent dans des quartiers aménagés pour la marche sont 42 % moins susceptibles de souffrir d’obésité et 39 % moins susceptibles d’être aux prises avec le diabète.

Doter ces artères de trottoirs larges et de supports à vélo peut faire tripler la fréquentation des magasins et des cafés, ce qui accroît les recettes des commerçants et réduit la proportion de locaux vacants.

Chaque fois qu’on parcourt un kilomètre à vélo, on engendre des bénéfices de 0,24 $ pour la collectivité. Chaque fois qu’on en parcourt un en voiture, on reporte sur la société des coûts de 0,84 $. L’automobiliste qui parcourt 20 000 kilomètres par année fait assumer des coûts de 16 800 $ à sa communauté. Si elle parcourait plutôt cette distance à vélo, cette personne nous enrichirait collectivement de 21 600 $ par an.

Mettons fin à l’appauvrissement collectif et individuel par et pour l’automobile. Révélons les coûts cachés de l’automobilité pour la société, et investissons ces sommes dans l’amélioration de l’accessibilité de nos lieux de vie.

Engageons-nous collectivement en faveur de cœurs de quartiers et de noyaux villageois forts et structurés par des rues conviviales, pour redynamiser l’économie locale en y réduisant la place de l’automobile.

Augmentons la résilience des collectivités du Québec face à la crise climatique en investissant massivement dans des aménagements urbains qui nous protègent des inondations et des îlots de chaleur. Rétrécissons les rues pour y implanter des îlots de biorétention végétalisés, comme la Ville de Trois-Rivières l’a fait sur la rue Saint-Maurice pour recevoir l’eau de pluie et planter des arbres.

C’est prouvé : ça marche, et ça fait marcher.

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