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Vendre, donner, jeter… trois verbes avec lesquels des centaines de milliers de Québécois auront à composer à l’approche de la journée nationale du déménagement. Pistes pour gérer ces objets et ces matières résiduelles le plus écologiquement possible.
Même si la période des déménagements est un peu plus étendue qu’auparavant, le 1er juillet demeure de loin la journée la plus populaire pour changer de domicile dans la province. Et son lendemain pèse lourd sur la gestion des matières résiduelles.
À Montréal seulement, les équipes municipales ramassent jusqu’à 50 000 tonnes de matières dans les jours qui suivent, selon des données de la Ville. Une concentration qui transforme chaque année la métropole en chantier de tri à ciel ouvert. La bonne nouvelle, c’est que quelques réflexes suffisent à réduire la facture environnementale.
Trier en amont
Le grand ménage avant l’arrivée du camion change tout. Livres, vêtements et petits électroménagers trouvent généralement preneurs dans les friperies de quartier. Les organismes communautaires rappellent toutefois que tout n’est pas bon à donner.
Pendant la période des déménagements, plusieurs friperies et centres de dons québécois déplorent le fait de recevoir des objets sans valeur, voire des déchets, dont ils doivent ensuite se débarrasser en payant. Avant de déposer un sac de dons, mieux vaut donc se demander si on l’offrirait à un proche dans cet état. Si la réponse est non, un écocentre ou la collecte des encombrants sont les options les plus appropriées.
Pour les objets orphelins (vieille bouilloire, batterie de vélo, etc.), l’application Ça va où ? de RECYC-QUÉBEC indique la bonne destination, selon la municipalité. Un sondage SOM réalisé pour le compte de RECYC-QUÉBEC révèle que 30 % des personnes qui déménagent ne se sentent pas suffisamment outillées pour bien trier leurs matières résiduelles.
L’outil existe précisément pour pallier ce flou. Le réemploi arrive d’ailleurs juste après la réduction à la source dans la hiérarchie des 3RV (réduction à la source, réemploi, recyclage et valorisation) pour la gestion des matières résiduelles, avant même le recyclage.
L’écocentre, allié sous-estimé
Tout ce qui ne rentre pas dans un bac de recyclage, dans une poubelle ou dans une boîte de dons a sa destination spécifique. Le matelas affaissé, le vieux réfrigérateur, les pots de peinture, la table IKEA qui n’a plus que trois pattes : direction l’écocentre municipal. On en trouve dans la plupart des grandes villes québécoises (sept à Montréal, cinq à Québec, et on en compte aussi à Sherbrooke, à Gatineau, à Saguenay ou à Trois-Rivières, sans oublier les MRC). Le service est gratuit pour les particuliers, et la majorité des sites ouvrent leurs portes même le 1er juillet.
À l’inverse, déposer ses encombrants et ses résidus de construction en bordure de rue en dehors des collectes prévues peut coûter cher. Par exemple, la Ville de Montréal peut donner des amendes allant de 200 $ à 1000 $ pour ce type d’infraction. Cela vaut donc la peine de se renseigner sur les horaires de collectes ainsi que sur les matières acceptées.
Des boîtes, oui, mais pas neuves
Inutile de courir à la quincaillerie ou de commander des boîtes en ligne. La SAQ, les épiceries et les pharmacies aplatissent leurs cartons chaque soir avant de les envoyer au recyclage. Demander gentiment fait souvent des miracles. Les espaces de commerce en ligne, comme Marketplace, et les groupes de quartier sur les réseaux sociaux débordent aussi de boîtes qui cherchent une deuxième vie.
Petit bonus pour le garde-robe : un sac à ordures enfilé par-dessus quelques vêtements sur cintres, attaché en haut, déplace le tout d’un coup. Le sac pourra ensuite être réutilisé pour des ordures. Pas besoin non plus de tas de papiers : les draps et les couettes font de très bons emballages pour la vaisselle.
Des options pour emprunter
Selon certains, l’amitié se mesure à la volonté de prêter sa force pour monter un électroménager dans un escalier en colimaçon. Le déménagement entre amis demeure l’option la plus abordable et conviviale pour déménager.
L’application québécoise Partage Club, lauréate des Prix initiatives circulaires 2023, permet entre autres d’emprunter outils, diables ou sangles entre voisins, ce qui évite l’achat de matériel qui risque d’être rarement utilisé.

Pour les personnes qui veulent pousser la sobriété plus loin, quelques coopératives proposent des services de déménagement à vélo. Pour les plus motivés, il est aussi possible d’utiliser une des remorques à vélo Bixi déployées sur l’île depuis 2025.
Pour les meubles les plus lourds, faire appel à des professionnels est l’option la plus sécuritaire. Selon les données compilées par l’industrie, un déménagement au Québec coûte en moyenne entre 900 $ et 2400 $. Et ces quelques efforts peuvent vraiment en faire baisser le coût environnemental.
