© Anne Williams

Comment faire décoller le vélo

Fini les paroles en l’air. En adhérant au Mouvement vélosympathique, les entreprises et les municipalités doivent mener des actions concrètes en vue de développer une culture du vélo. Certaines sont déjà bien en selle.

Vivre ici / 27 septembre 2018
Moins de GES !

Ô toi, travailleur citadin : veux-tu améliorer ta santé, polluer moins et ne plus perdre de précieuses minutes de ton existence dans les embouteillages? C’est simple : pourquoi n’enfourches-tu pas ton vélo pour faire la navette vers le boulot? Ça, c’est la question à cent piastres. Car malgré leurs indéniables avantages, les déplacements à vélo ne représentent encore qu’une infime proposition des trajets entre le boulot et la maison, avec un maigre 2,1 % des parts modales en 2016, selon l’Observatoire du Grand Montréal.

Le Mouvement vélosympathique entend bien changer les choses. Créé en 2016 par Vélo Québec, cette certification – inspirée de l’initiative Bicycle Friendly America –, il s’adresse aux entreprises et aux collectivités (municipalité, arrondissement ou MRC) qui souhaitent participer au développement d’une culture du vélo.

La chose n’est pas simple, car le diable se cache souvent dans les détails, explique Sandrine Cabana-Degani, chargée de programme du mouvement. « Les organisations veulent souvent en faire plus afin de soutenir les transports actifs, mais elles ne savent pas par où commencer. On les aide à dresser un bilan de leurs actions déjà entreprises et on leur soumet un rapport de rétroaction qui les guidera dans leurs actions futures, dans une optique d’amélioration continue. »

Des villes vélosympathiques

Jusqu’à maintenant, neuf municipalités ont obtenu la certification Vélosympathiques, dont Montréal, Gatineau et Drummondville.

La démarche a eu un impact positif sur plusieurs aspects à Drummondville, certifiée bronze. « Le rapport de rétroaction de Vélo Québec nous a permis d’obtenir un regard extérieur et neutre sur nos actions. Leurs recommandations nous inspirent pour notre Plan de mobilité durable, qui serait dévoilé en 2019 », dit John Husk, responsable du dossier mobilité durable au conseil municipal.

Avis aux intéressés : la prochaine ronde de certification est le 5 octobre !

Les organisations sont évaluées selon cinq grands axes : environnement, éducation, encouragement, encadrement et plan d’actions. Pour chacun, le programme prend en considération toutes les initiatives reliées à l’appui du vélo. Elles obtiennent ensuite une certification – diamant, platine, or, argent, bronze ou mention honorable – valide pour une durée de trois ans. « Le but est de pousser les organisations à améliorer leur cote au fil du temps », dit Sandrine Cabana-Degani.

Des mécanos au bureau

Jusqu’à maintenant, 32 organisations québécoises ont adhéré au mouvement. C’est le cas d’Optel, une entreprise dont le siège social de 500 employés se situe dans le parc technologique de Québec. Pour cette firme spécialisée dans la traçabilité des produits, le jeu en vaut la chandelle. « En encourageant le transport à vélo, on veut que nos employés deviennent des ambassadeurs de nos pratiques écoresponsables », affirme Véronic Dufour, leader en développement durable stratégique.

Déjà « provélo » depuis quelques années, l’entreprise pédale davantage depuis son engagement Vélosympathique. En plus des douches et casiers déjà sur place, Optel vient d’inaugurer un abri sécurisé à vélos, comprenant une trousse de réparation de base, et offre des ateliers mécaniques aux employés. L’an prochain, des mécaniciens à vélo se déplaceront sur les lieux de travail pour mettre au point les bécanes des employés. « D’autres initiatives sont à l’étude, comme l’ajout d’une flotte de vélos en libre-service en vue d’encourager les déplacements actifs pendant les heures de bureau », dit la responsable du dossier.

Les membres du Comité Développement durable d'Optel devant leur nouvel abri sécurisé à vélos. © Optel
On y trouve une trousse de réparation de base et des ateliers mécaniques y sont organisés. © Optel

Optel a obtenu la certification bronze, mais veut monter plus haut sur le podium lors de la prochaine évaluation. « L’appui logistique de Vélo Québec nous a fourni des idées supplémentaires pour aller encore plus loin », dit Véronic Dufour. Les politiques mises en œuvre à Québec sont exportées dans les autres bureaux de l’entreprise qui compte 850 employés à travers le monde, pour un impact encore plus global.

Au-delà du greenwashing

Pour les organisations Vélosympathiques, les bénéfices vont au-delà du verdissement de leur image, estime Vélo Québec. Selon les données de l’organisme, la production des employés qui voyagent à vélo augmente de 4 à 15 % et leur taux d’absentéisme chute en moyenne de 15 %.

« En ne se rendant plus au gym pour faire de l’exercice, les employés gagnent du temps, améliorent leur forme physique, deviennent plus alertes et économisent des sous (le vélo est moins cher que l’auto). Quant aux entreprises, elles améliorent la rétention de leur personnel », soutient Sandrine Cabana-Degani. Autre avantage: « L’ambiance de travail est clairement plus cool! », ajoute Véronic Dufour.

Si ce virage vélocipède exige des investissements en infrastructures et en ressources humaines, il apporte également des économies, dont la diminution de la demande pour les coûteux espaces de stationnement. « C’est un enjeu important chez nous, car notre stationnement déborde », dit Véronic Dufour. Ça, c’est moins cool…

Pédaler, c’est santé

Selon l’Agence de la santé publique du Canada, le transport actif, dont le vélo:

  • Réduit les problèmes de surpoids
  • Réduit les problèmes de maladies chroniques
  • Réduit le stress et l’anxiété
  • Favorise la concentration et la performance au travail
  • Fortifie le corps !
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