Les jeunes plus sensibles à une mauvaise qualité de l’air?

Les activités industrielles contribuent à détériorer la qualité de l'air. ©Pixabay
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Les activités industrielles contribuent à détériorer la qualité de l'air. ©Pixabay
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À hauteur d’adolescentes et d’adolescents en pleine croissance, quels sont les impacts de la dégradation de la qualité de l’air sur la santé? Les jeunes sont-ils plus à risque qu’une personne adulte? Un sujet qui a intéressé les journalistes du LJJE.

Par Luna Puka et Alexis Lafrance, du Laboratoire des jeunes journalistes en environnement (LJJE) – Cohorte 2025 

Pour la deuxième année, les jeunes journalistes du LJJE s’essayent à la radio! Maude Desbois, animatrice de l’Effet durable diffusée sur les ondes de CIBL (101.5FM), les accueille dans son émission pour une nouvelle série de chroniques. Luna et Alexis profitent de leur passage à l’émission du 9 décembre 2025 pour aborder un sujet important: les répercussions de la mauvaise qualité de l’air sur la santé des jeunes.


Pour écouter la chronique complète diffusée dans L’Effet Durable du 9 décembre 2025, c’est par ici. Bonne écoute! 🎧

 

Les polluants atmosphériques sont partout

La qualité de l’air, c’est quelque chose qu’on tient souvent pour acquis. On respire à longueur de journée sans vraiment se demander ce qu’il y a dans l’air autour de nous, alors que ça a un impact direct sur notre santé. On vit dans un monde où les feux de forêt, le smog ou encore les émissions de polluants provenant du transport et des industries sont de plus en plus présents et détériorent la qualité de l’air.

C’est un sujet qui nous concerne tous, peu importe notre âge. C’est un sujet qui mérite plus d’attention parce qu’on est la génération qui va devoir vivre avec les conséquences de la mauvaise qualité de l’air — mais aussi la génération qui peut encore faire une différence.

Avant de commencer nos recherches, nous ne nous rendions pas vraiment compte de l’étendue du problème et de son impact dans pleins d’aspects de notre vie. En entrevue avec Natacha Papieau, chargée de dossiers en santé et climat à l’Association pour la santé publique du Québec, nous avons vraiment pris conscience de l’ampleur de la situation: les polluants sont partout. Elle donnait l’exemple suivant : si on emprunte à pied un axe de transport automobile très fréquenté de façon régulière, le simple fait d’inhaler des gaz d’échappement à une influence sur… notre espérance de vie. Malgré tout, elle a su nous redonner espoir en nous expliquant que, selon elle, la situation était en amélioration constante grâce aux normes environnementales qui existent.

Chauffage résidentiel au bois, transport routier, activité industrielle, feux de forêt, etc.

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, ce ne sont pas seulement les grandes villes du monde qui souffrent d’une pollution de l’air: ici aussi, au Québec, plusieurs sources dégradent l’air que l’on respire chaque jour. L’une des principales causes en hiver est, étonnamment, le chauffage résidentiel au bois. En hiver, quand une partie de la population allume son poêle, les particules fines s’accumulent dans l’air au point de dépasser plusieurs fois les recommandations de l’OMS. Certains rapports démontrent que cette source seule pourrait être liée à environ 1 400 décès prématurés par année au Québec.  

À cela s’ajoutent les transports routiers. Le trafic dense des grandes régions, notamment Montréal et Québec, contribue clairement à la dégradation de la qualité de l’air. Les zones industrielles y ajoutent leur part en rejetant divers contaminants.

Puis, il y a les événements naturels, devenus malheureusement de plus en plus fréquents. On pense évidemment aux feux de forêt massifs. Même lorsqu’ils se déroulent à des centaines de kilomètres, leurs panaches de fumée peuvent recouvrir le Québec pendant plusieurs jours. 2023, par exemple, est considérée comme l’une des pires années, avec un record de 340 jours où les particules fines ont dépassé les niveaux recommandés au pays.   

Quand on combine tout ça, les effets deviennent évidents : la pollution atmosphérique au Québec serait responsable d’environ 4 000 décès par année, selon notre experte. Comme quoi, même une pollution « invisible » peut être extrêmement dangereuse. La qualité de l’air demeure un enjeu majeur de santé publique. Or, respirer un air sain est un droit fondamental et non un privilège.  

Une corrélation entre mauvaise qualité de l’air et maladies cardiaques et respiratoires

La corrélation entre le développement de maladies cardiaques ou respiratoires et une mauvaise qualité de l’air a été démontrée. Des études récentes ont démontré que plus de 33 % des maladies cardiovasculaires, 16 % des maladies pulmonaires et 8 % des cancers des poumons seraient liés de près ou de loin à mauvaise qualité de l’air.  Oui, une mauvaise qualité de l’air est souvent un facteur de risque important pour la population générale. 

Alors qu’est-ce qu’il en est pour notre tranche d’âge ?  

Le constat est clair, les enfants ou adolescent·es sont davantage sensibles à la pollution atmosphérique, selon Natacha Papiau. Leurs poumons sont moins développés que ceux d’un adulte et sont donc plus vulnérables. Les personnes âgées et les personnes souffrant de maladies respiratoires chroniques (impossible de ne pas mentionner l’asthme) sont également plus sensibles à la mauvaise qualité de l’air. 

Des gestes simples pour se protéger et réduire notre contributions aux émissions de polluants

Il existe tout de même beaucoup de solutions pour réduire les impacts sur la santé. Selon Natacha Papieau, rester en forme serait une bonne recommandation pour améliorer la résilience de son système respiratoire. En période de smog intense, les recommandations sont souvent de rester à l’intérieur. Cependant, dans certains cas, la qualité de l’air intérieur est parfois pire qu’à l’extérieur. C’est pourquoi les systèmes de ventilation sont un allié essentiel pour garantir un bon air ambiant ainsi que pour offrir un moment de répit à la suite d’une exposition à l’extérieur. 

Aussi, toujours selon Madame Papieau, les jeunes sportifs devraient adapter et limiter leur activité physique, soit en durée, soit en intensité, si l’air dépasse les limites recommandées.

En plus de ces solutions, il existe d’autres façons simples de réduire notre contribution aux émissions de polluants, par exemple, privilégier les déplacements à vélo, à pied ou en transport en commun, plutôt qu’en voiture. Il est aussi conseillé d’emprunter des rues moins fréquentées par les autos afin de limiter l’impact direct des gaz d’échappement. Planifier ses activités extérieures en dehors des heures de pointe ou des journées où le smog est élevé est également recommandé. Finalement, certaines applications ou sites web permettent de consulter en temps réel la qualité de l’air et de prendre des décisions éclairées pour éviter les expositions inutiles.

Et impossible de ne pas nommer que planter des arbres ou des végétaux autour de son quartier ou même dans son jardin peut contribuer à filtrer certaines particules et améliorer l’air ambiant. 

Enfin, les écoles et lieux publics peuvent améliorer la ventilation des locaux pour protéger les jeunes. Ces mesures, simples à mettre en place, montrent qu’on peut agir à la fois individuellement et collectivement pour réduire l’impact de la pollution sur notre santé.