Mollets contre moteur

Entre le bon vieux bécyk à pédales et le vélo électrique, lequel a le plus faible impact climatique? Suivez-nous vers le fil d’arrivée pour savoir lequel enfilera le maillot jaune!

Vivre ici / 24 avril 2019

Entre les deux roues et les quatre roues, y’a pas photo. Avec ses 271 grammes de CO2 par passager et par kilomètre, la voiture émet 12 fois plus de gaz à effet de serre (GES) que les vélos « musculaires » et à assistance électrique (VAE), peut-on lire dans une étude de la Fédération cycliste européenne publiée en 2011, une des rares à s’être intéressée à la question. Même chose pour l’autobus, dont les émissions de 101 grammes de CO2 par passager et par kilomètre lui font une belle jambe, sans plus.

Mais entre le bon vieux vélo et le VAE, lequel a le plus faible impact carbone? La différence entre les deux est anecdotique, souligne le rapport Cycle More Often to Cool Down the Planet : le premier dégage 21 g de CO2 par kilomètre contre 22 g pour le second. Allons voir de plus près : le duel peut commencer.

Ouverture des hostilités

Le vélo lance la première attaque. La plus que centenaire bicyclette moderne met toute la gomme : sa production et son entretien engendrent très peu d’émissions de GES. Pour une monture de 20 kg fabriquée majoritairement en aluminium et qui roule en moyenne 2400 kilomètres pendant huit ans, on parle de 5 g de CO2 par kilomètre, selon la Fédération cycliste européenne.

L’approvisionnement en énergie d’un VAE pèse lourd dans la balance : 16 g de CO2/km.

Le portrait serait cependant tout autre avec une machine constituée de composantes en fibre de carbone, dont la production délocalisée requiert beaucoup d’énergie, souligne un rapport de l’association écologiste britannique Green Alliance, paru en 2017.

Le VAE est en difficulté. Outre la production et l’entretien de son moteur au pédalier et de sa batterie au lithium-ion, qui requièrent l’extraction de métaux parfois rares, l’approvisionnement en énergie d’un VAE pèse lourd dans la balance : 16 g de CO2 par kilomètre. Au moins, le recyclage de ce type de batteries est depuis peu possible au Québec .

Heureusement, le VAE parvient à tenir la roue du vélo. Contrairement aux Pays-Bas, où l’étude de la Fédération cycliste européenne a eu lieu, le Québec peut compter sur des énergies renouvelables (hydroélectricité en tête) plutôt que sur des énergies provenant de sources fossiles (gaz et charbon, principalement). La recharge d’une batterie avec cette énergie « verte » allège donc vraisemblablement les émissions de GES du VAE.

Ça se joue dans l’assiette

Si la voiture a besoin d’essence, les cyclistes ont eux aussi besoin d’énergie pour pédaler, moteur ou pas! Le VAE tente de prendre la fuite sous la flamme rouge, qui annonce le dernier kilomètre. Il prend rapidement une longueur d’avance : son puissant moteur facilite la vie du cycliste, surtout en mode turbo. Résultat : ce dernier dépense très peu d’énergie, de l’ordre de 245 kilocalories par heure s’il pèse 70 kg. C’est l’équivalent d’une marche à rythme modéré.

Le vélo n’a toutefois pas dit son dernier mot. Certes, ce même cycliste doit en suer un coup pour le mouvoir : environ 476 kilocalories par heure. Cette différence de 230 kilocalories peut paraître énorme, mais elle ne l’est pas tant que ça si on tient compte du fait que le trajet entre le domicile et le travail est d’environ 7,7 kilomètres au Canada. À cette distance, un déplacement sur deux roues prend dans les faits de 15 à 30 minutes à effectuer plutôt qu’une heure.

Pédaler 100 km en carburant au steak tartare plutôt qu’au tofu est certainement plus nocif pour l’environnement.

La bicyclette donne le coup de grâce. Bien que réelle, la légère différence de dépense énergétique (de 62 à 123 kilocalories environ) entre le vélo et le VAE n’entraînera probablement pas une modification substantielle du comportement alimentaire. Outre l’activité physique, plusieurs autres facteurs comme le milieu socioéconomique et familial affectent aussi la taille et la composition des repas.

Autrement dit, l’impact de la production de calories alimentaires dont a besoin le cycliste urbain pour pédaler est une variable négligeable dans le calcul des émissions de GES. Qu’il étrenne un vélo, un VAE ou pas de vélo, cela importe peu : dans un contexte de transport actif, le poids des décisions alimentaires est anecdotique.

Dans un contexte sportif, où la dépense énergétique est plus importante, la diète prendrait néanmoins une tout autre importance. Pédaler 100 kilomètres en carburant au steak tartare plutôt qu’au tofu est certainement plus nocif pour l’environnement, comme le souligne l’auteur Bill Bryson dans son livre How Bad Are Bananas: The Carbon Footprint of Everything?

Mais ça, le vélo « musculaire » n’en a cure, alors qu’il lève les bras pour célébrer son triomphe sur le VAE… par une longueur de roue.

Les nombreux bienfaits du vélo

Retombées positives

  • Baisse de la pollution
  • Bien dans sa tête
  • Bien dans son corps
  • Diminution des risques pour la santé
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Mollets contre moteur 3min.