Porter la cause de l’éducation à l’environnement

Marie Maltais
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Marie Maltais ©Diamond Films
Created with Lunacy 3 min

Retombées positives générales

Le 27 septembre 2019, une foule monstre s’engouffre dans les rues de Montréal. Près de 500 000 personnes, galvanisées par la présence de l’activiste suédoise Greta Thunberg, marchent pour le climat. Comme plusieurs jeunes sur place, Marie Maltais a l’impression de participer à un moment historique.

Ce jour-là, l’adolescente de treize ans est rentrée chez elle habitée d’émotions contradictoires, heureuse d’avoir pris part à un événement marquant, mais pleine de questions sur l’avenir.

« C’est beau de crier dans les rues, d’être des centaines de milliers à le faire, mais au bout du compte, on fait quoi ? C’est un peu le sentiment que j’avais », explique-t-elle.

Pour Marie Maltais, la réponse est venue par un engagement dans son milieu de vie. Déjà impliquée à son école secondaire, elle a tenté de convaincre sa ville natale, Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier, de créer un nouveau comité environnement.

« Même si le projet n’a finalement jamais vu le jour, freiné entre autres par la pandémie, cela m’a montré que c’était possible de se faire entendre, même si on est jeune. »

La Québécoise a rapidement compris que s’engager dans des actions concrètes était une bonne manière de gérer son écoanxiété et d’éviter de se sentir submergée par la situation.

« Depuis que j’ai 12 ans, il ne se passe pas une journée sans que j’y pense [à la crise écologique], dit-elle. Mais ces éco-émotions, comme on les appelle, j’essaye de les accueillir, de les vivre, et de les canaliser en projets concrets. Pour moi, c’est l’inaction qui est anxiogène. »

Le cursus scolaire dans sa mire

En quatrième secondaire, un autre événement est venu lui ouvrir les yeux. En début d’année, le professeur de sciences a annoncé aux élèves que le chapitre sur l’environnement serait à peine couvert en classe, car peu présent dans l’examen du ministère.

« Ça nous a scandalisés, mon ami Olivier et moi, se souvient-elle. Ce prof-là, il voulait bien nous enseigner la matière, mais il nous disait lui-même qu’il n’avait pas le choix de prioriser d’autres choses. C’était la preuve que le problème était profond. »

Avec un groupe d’élèves et l’aide de son père, lui aussi enseignant, Marie Maltais a lancé une consultation auprès des jeunes de la cinquième année du primaire jusqu’au collégial pour mesurer leurs connaissances et leurs préoccupations sur l’environnement.

Après un départ laborieux marqué par une difficulté à contacter les institutions, le projet a pris son envol et, de fil en aiguille, des écoles d’un peu partout au Québec ont fait part de leur intérêt pour cette consultation.

« Les résultats étaient assez clairs : les jeunes sont en manque de repères et d’outils face à l’urgence climatique, résume-t-elle. Il y a aussi un stress évident chez les étudiants et étudiantes de tous les niveaux par rapport à la question environnementale. »

Avec le soutien de Camille Turcotte, directrice générale de l’Association pour l’enseignement de la science et de la technologie du Québec (AESTQ), le comité a décidé de s’attaquer au cursus scolaire, en particulier à celui des sciences.

« C’était l’une des matières où l’absence de contenu sur l’environnement était la plus criante », soutient-elle.

Début 2023, un rapport de consultation est publié et une lettre ouverte est envoyée au ministre de l’Éducation, Bernard Drainville, qui les convoque pour une rencontre.

« On s’attendait à 30 minutes avec lui, on a eu une heure, se remémore-t-elle. En sortant, mon premier sentiment, c’était “on va l’avoir”. »

Et son intuition était effectivement la bonne. Le gouvernement a annoncé quelques mois plus tard une révision complète du programme d’ici 2030, avec une plus grande place accordée « aux enjeux actuels », dont les changements climatiques.

« Je coanimais une conférence quand le ministre a pris la parole en visioconférence. J’étais sur scène, donc je ne pouvais pas trop réagir. Mais à l’intérieur, c’était une explosion », image-t-elle en repensant à ce moment important.

On est rendu à un moment où il faut décider quel type de futur on veut. Il faut prendre des décisions maintenant.
Marie Maltais, militante

Prendre les choses en main

Marie Maltais siège maintenant au comité de développement durable du Cégep de Sainte-Foy et préside le Réseau Éducation aux enjeux environnementaux, un organisme qui connecte les comités étudiants à travers la province.

« Beaucoup de jeunes veulent s’impliquer, mais ne savent pas par où commencer, avance-t-elle. On leur donne des outils et une communauté. »

La militante consacre aussi beaucoup de temps à mettre sur pied le programme pancanadien Youth Climate Corps [Brigade jeunesse pour le climat], un plan qui offrirait 20 000 emplois et stages aux jeunes dans des secteurs liés à l’environnement.

« On parle de salaires à 25 dollars l’heure pour des stages et des emplois concrets dans la transition écologique », ajoute-t-elle.

Le projet est déjà testé en Colombie-Britannique et a été intégré à la plateforme électorale du Nouveau Parti démocratique.

« Maintenant, on essaie d’obtenir un engagement des autres partis et d’être inclus dans le budget fédéral. »

À 19 ans, Marie Maltais incarne une génération qui refuse de rester spectatrice face à un avenir incertain. Selon elle, il est temps, une fois pour toutes, de donner un véritable pouvoir d’agir aux jeunes.

« On est rendu à un moment où il faut décider quel type de futur on veut. Il faut prendre des décisions maintenant », conclut la militante.

Cet article provient d’un cahier spécial “Leadership au féminin” publié par le quotidien Le Devoir.

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