Lutter contre l’insécurité alimentaire… et les GES

Gabriel Boucher, employé à la CCHM, coordonne le Pôle de l’Est. Cinq fois par semaine, Moisson Montréal approvisionne l’entrepôt en dons de nourriture sèche, fraîche ou congelée
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Gabriel Boucher, employé à la CCHM, coordonne le Pôle de l’Est. Cinq fois par semaine, Moisson Montréal approvisionne l’entrepôt en dons de nourriture sèche, fraîche ou congelée. ©Perrine Larsimont
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13 juin 2024 - Perrine Larsimont, journaliste de l'Initiative de journalisme local

Dans l’Est de Montréal, des forces se mobilisent pour rapprocher les dons alimentaires des organismes communautaires, une initiative qui permet de retirer de la route un bon paquet de poids lourds.

Avoir accès en tout temps à des aliments sains et nutritifs est loin d’être garanti au Québec. Au cours de l’année 2023, ​​​​32 % de la population s’est retrouvée en situation d’insécurité alimentaire au moins une fois, indiquait une étude de la firme Léger publiée en fin d’année. C’est une hausse de 10 points​​​​ par rapport à 2020.

Nombreux sont donc celles et ceux qui frappent à la porte des comptoirs alimentaires pour se dépanner, surtout à Montréal, où on a vu le nombre de bénéficiaires augmenter de 47 % en 2023, selon le dernier Bilan-Faim de Moisson Montréal.

Cette banque alimentaire – la plus importante du Canada – dessert plus de 300 organismes communautaires en dons de nourriture, ​​​​qu’elle distribue à partir de son point relais de Saint-Laurent. Une aide alimentaire salutaire, mais difficile d’accès pour les organismes de l’est de l’île. « On est toujours dans la sortie de la pandémie. Avec la hausse de toutes les demandes, plusieurs organismes ont dû acheter davantage de denrées et embaucher du personnel pour répondre aux besoins. Si l’on ajoute à ça une dépense de matériel roulant pour venir jusqu’ici… » ça peut faire beaucoup, explique Catherine Boyer, directrice de l’administration et des technologies de l’information à Moisson Montréal.

Rapprocher l’offre de la demande

C’est sous l’impulsion de la direction générale de La cuisine collective Hochelaga-Maisonneuve (CCHM) que le projet de création d’un pôle d’approvisionnement dans l’Est s’est mis en place. « C’est arrivé en même temps que l’agrandissement de notre ferme agricole. On avait besoin de locaux pour le nettoyage des légumes, et l’espace qu’on a acquis fonctionnait également bien pour faire un point de service pour Moisson Montréal », raconte Gabriel Boucher, employé de la CCHM et coordinateur du Pôle de l’Est.

 
Situé au 5600, Hochelaga, ce lieu mutualisé de distribution reçoit cinq fois par semaine la visite d’un camion de Moisson Montréal. Un trajet qui n’implique aucun kilométrage supplémentaire pour les conducteurs de camions de l’organisme. « On va dans l’Est de toute façon pour aller dans nos magasins – IGA, Métro, etc. Tout ce que ça a ajouté, c’est un point de chute », explique Catherine Boyer, qui souligne que chaque trajet est maximisé. « Si un chauffeur va faire des cueillettes et qu’il lui reste quelques places dans son camion, il va passer par le pôle chercher des palettes vides. »

Cet entrepôt sert de point relais pour l’approvisionnement en dons alimentaires d’organismes accrédités à Moisson Montréal.
Cet entrepôt sert de point relais pour l’approvisionnement en dons alimentaires d’organismes accrédités à Moisson Montréal. ©Perrine Larsimont

Actuellement, 13 organismes, de Montréal-Est jusqu’à Pointe-aux-Trembles, viennent au pôle chercher les commandes qu’ils effectuent auprès de Moisson Montréal. Ils profitent du même coup des dons de fruits et légumes frais que la ferme de la CCHM s’engage à offrir à hauteur de 30 % de sa production saisonnière, explique Gabriel Boucher. « Les organismes peuvent se promener dans l’entrepôt et faire du magasinage. Selon leur taille, ils peuvent par exemple choisir quatre ou cinq caisses de poivrons ou cinq ou six caisses de brocolis en plus de leur commande. »

Moins de pneus sur la route!

Ces organismes réceptionnent donc certains produits directement auprès du producteur en plus d’éviter une traversée de la métropole d’est en ouest. « On leur fait économiser beaucoup de route. En plus, comme le relais est désormais à côté, les organismes mutualisent leurs camions. Donc, on économise plein de choses : ressources humaines, essence, c’est génial! » s’enthousiasme Benoist de Peyrelongue, directeur général de la CCHM.

À l’heure actuelle, le directeur estime à une quinzaine le nombre de camions que ce nouveau pôle a permis de retirer de la route. Un chiffre qu’il espère voir augmenter à mesure que d’autres organismes accrédités à Moisson Montréal viendront s’approvisionner au point relais de l’Est. L’entrepôt vient d’ailleurs d’être rénové pour permettre la mise en service de grandes chambres froides et de rayonnages dans le but d’accueillir près de 40 organismes d’ici 2025 à 2026.

L’ère des camions

Les émissions de gaz à effet de serre (GES) provenant du secteur des transports ont contribué à 42,6 % des émissions totales du Québec en 2021, dont 73,3 % sont attribuables au transport routier, soit 24,2 Mt éq. CO2.

Au cours des 30 dernières années, les émissions provenant des véhicules lourds ont augmenté de plus de 60 %, passant de 4,2 à 6,7 Mt éq. CO2.

Source : Inventaire québécois des émissions de gaz à effet de serre en 2021 et leur évolution depuis 1990.

L’Est solidaire

Outre le point relais de Moisson Montréal et l’espace de nettoyage des légumes, les lieux disposent d’une section consacrée à la transformation alimentaire pour minimiser les déchets de production de la ferme de la CCHM, explique Gabriel Boucher. « Il peut s’agir de fanes de carottes que l’on va transformer en pesto ou de légumes qui approchent de leur fin de vie et que l’on va cuire et congeler [pour les activités de la CCHM]. » Cet espace et ses équipements serviront aussi de hub d’innovation en agroalimentaire pour diverses organisations et, prochainement, pour une équipe du Collège de Maisonneuve, qui soutient par ailleurs la ferme en expertise.

« Une fois qu’on va monter en volume, coordonner tout ça va être de la logistique », lance dans un sourire le coordinateur, qui pourra compter sur le soutien de son équipe, dont plusieurs membres ont reçu leur formation dans le cadre d’un parcours d’insertion professionnelle.

En somme, ce pôle est un lieu multifonction qui place la sécurité alimentaire au cœur de ses activités et les personnes vulnérables, au haut de sa liste de bénéficiaires.

C’est un enjeu qui est cher à Gabriel Boucher, qui a joué au football toute son enfance dans Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, là où se situe l’entrepôt. « Il y a un besoin dans l’Est plus qu’ailleurs à Montréal, et l’atmosphère de ce quartier est unique en matière de communauté et d’entraide. Il s’y passe beaucoup de choses, notamment en sécurité alimentaire, et je pense vraiment que c’est une accumulation de projets de moyenne envergure qui aura un impact sur cet enjeu. »

Situé au 5600, rue Hochelaga, le Pôle de l’Est vise à faciliter l’approvisionnement d’organismes actifs en sécurité alimentaire
Situé au 5600, rue Hochelaga, le Pôle de l’Est vise à faciliter l’approvisionnement d’organismes actifs en sécurité alimentaire. ©Perrine Larsimont

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