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Retombées positives générales

Se chauffer au petit-lait

À la Laiterie Charlevoix de Baie-Saint-Paul, on fabrique de bons fromages et on a de bonnes idées! L’entreprise a en effet installé un système qui permet de récupérer ses rejets de lactosérum (le petit-lait) pour répondre à ses besoins énergétiques.

La Laiterie Charlevoix est une entreprise familiale fondée en 1948 où œuvre désormais une quatrième génération de Labbé. D’abord distributrice de lait, l’entreprise s’est lancée dans la transformation laitière au début des années 1950 avec la création d’un premier fromage cheddar. Puis, au tournant des années 1990, elle a commencé à commercialiser ses premiers fromages fins pour lesquels elle est aujourd’hui reconnue.

En 2011, la ferme familiale a pris un virage écoénergétique majeur. L’objectif était d’utiliser efficacement les quelque 20 000 litres de matières résiduelles découlant quotidiennement de la fabrication de fromages. Celles-ci sont composées d’un tiers de lactosérum, aussi appelé « petit-lait », et de deux tiers d’eaux de traitement issues de l’entretien et du nettoyage de l’équipement. Auparavant, ces résidus étaient transportés par camion-citerne vers des fermes porcines avoisinantes qui incorporaient le lactosérum dans la nourriture des animaux. Or, comme certains éleveurs étaient susceptibles de cesser leurs activités, la Laiterie a développé un procédé écologique pour en disposer.

Petit-lait aux petits soins

Les résidus de petit-lait, de même que les eaux de traitement, sont désormais versés dans un réservoir fermé de 70 000 litres dans lequel, grâce à l’absence d’oxygène, des bactéries décomposent 90 % de la charge organique de ces matières, essentiellement constituées de protéines et de gras. Ce processus appelé méthanisation génère du méthane (CH4), un biogaz que la Laiterie récupère pour chauffer des bâtiments et faire fonctionner la machinerie. Résultat : la ferme évite depuis de brûler près de 65 000 litres de mazout par an.

Le seul bogue avec le processus de méthanisation, c’est qu’une fois traités, les résidus demeurent encore trop chargés en matière organique pour pouvoir être finalement rejetés dans la nature, explique Philippe Labbé, responsable du développement des affaires de la Laiterie.

C’est pourquoi l’entreprise soumet cette matière à un traitement secondaire par boues activées au moyen d’une Éco-Machine installée dans l’usine. « C’est essentiellement comme un étang aéré où l’oxygénation permet de finir le travail d’abattement de la charge organique », explique Bruno Labbé, directeur général de la Laiterie et ingénieur responsable du projet. Une fois ce second traitement effectué, l’eau filtrée peut être rejetée directement dans la rivière des Mares, adjacente à la fromagerie, précise Philippe Labbé. Les boues résiduelles sont pour leur part utilisées comme engrais dans les champs avoisinants. « On se retrouve en quelque sorte avec une boucle, un circuit fermé. »

Laiterie Charlevoix de Baie-Saint-Paul, fromage, petit-lait, usine de méthanisation,
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Les mesures mises en place par la Laiterie lui permettent de réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES) de 200 tonnes par an, l’équivalent des émissions annuelles de 20 Québécois moyens.

Depuis près d’une décennie, la Laiterie Charlevoix jouit donc d’une autonomie énergétique considérable. « En été, on est parfaitement autonomes, puisque la production de fromage [et donc, de petit-lait] est plus importante et nous n’avons pas besoin de chauffer les bâtiments, affirme Bruno Labbé. En hiver, on estime qu’on assume la moitié de l’énergie requise pour notre production. L’autre moitié provient du propane. »

Les mesures mises en place par la Laiterie lui permettent de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 200 tonnes par an. ©Courtoisie

Au secours de la vache canadienne

La Laiterie Charlevoix n’étant plus propriétaire d’un troupeau de vaches depuis 1984, elle s’approvisionne depuis de nombreuses années chez des fermes laitières de la région.

Désirant assurer l’avenir des fermes de Charlevoix, Philippe Labbé affirme que « la Laiterie a pris entente avec certains producteurs régionaux pour l’élevage de races précises de vaches laitières, dont deux troupeaux de vaches canadiennes. » Malgré sa grande valeur patrimoniale, la vache canadienne pur-sang est aujourd’hui menacée de disparition après son croisement avec d’autres espèces capables de produire plus de lait. Pour assurer la pérennité de l’espèce, la Laiterie Charlevoix paie le prix fort, soit 1,42 $ le litre de lait, tandis qu’un litre de lait produit par d’autres espèces se vend habituellement à 1 $.

Ce coût supplémentaire garantit cependant à la famille Labbé que les vaches sont nourries au foin sec, ce qui leur permet de produire un lait nécessaire à la fabrication de fromages nichés.

Enfin, les fromages de la Laiterie Charlevoix se retrouvent surtout dans des marchés spécialisés et en restauration, bien qu’ils soient également disponibles dans quelques grandes surfaces de la région. « Ça permet d’éviter une bonne partie du suremballage », selon Philippe Labbé. Une autre bonne façon de réduire les déchets!

Avec Bruno Marcotte

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