© OLA Bamboo

Se curer les dents avec du bambou

Saviez-vous que 4,9 milliards de brosses à dents en plastique sont jetées chaque année dans le monde ? Pour diminuer la consommation de ces objets jetables faits à partir de carburants fossiles, une jeune pousse de Gatineau mise sur la commercialisation de brosses à dents biodégradables en bambou.

Mieux-être / 18 octobre 2017

Inspirés par des amis en mode zéro déchet, trois jeunes entrepreneurs, Simon-Pier Ouellet, Vicky Jodry et Jean-Philippe Bergeron, se sont lancé le défi d’offrir des options pour des objets à faible durée de vie. Leur première cible : les brosses à dents. « Tout le monde se brosse les dents dans le monde, soutient Jean-Philippe. Tôt ou tard, ce plastique se retrouve dans des dépotoirs ou dans les océans. »

Jeter une petite brosse à dents aux poubelles peut paraître un geste banal, mais avec près de cinq milliards de brosses à dents jetées dans le monde chaque année, qui prennent près de 500 ans à se dégrader dans l’environnement, ça fait toute une montagne de plastique!
Simon-Pier Ouellet, Vicky Jodry et Jean-Philippe Bergeron (© OLA Bamboo)

C’est ainsi qu’est née l’idée de lancer OLA Bamboo, une petite entreprise québécoise qui veut changer les habitudes des consommateurs en leur offrant une option de brosse à dents à faible empreinte carbone. La demande pour le produit a carrément dépassé les attentes alors que les 2 000 premières unités, lancées à l’automne 2016, se sont vendues en moins d’une semaine, et ce, exclusivement sur le web! « On ne savait pas si les consommateurs étaient prêts à faire ce type de changement et on a été vraiment surpris par la demande », note Jean-Philippe.

 

Dents de dragon

À l’été 2017, les entrepreneurs ont joué un coup de maître en allant chercher des investisseurs à l’émission Dans l’œil du dragon. Après la diffusion, 17 000 brosses à dents ont trouvé preneur en moins de quatre jours.

En plus du coup de marketing qui leur a permis de se faire connaître du grand public, ils ont réussi à séduire tous les dragons sur le plateau, avant de choisir Caroline Néron comme partenaire d’affaires. Avec l’aide d’une entrepreneure aguerrie, ils ont peaufiné leur méthode de mise en marché et ont décidé de miser à la fois sur la vente en ligne et sur la distribution en magasin pour commercialiser leurs produits.

L’entreprise s’est inspirée du modèle « Dollar Shave Club », qui permet aux utilisateurs de s’abonner pour recevoir un produit à une fréquence régulière. Les clients peuvent ainsi recevoir quatre brosses à dents tous les trois mois pour 16,99 $ (des forfaits familiaux avec brosses pour enfants sont aussi disponibles).

« On tenait à offrir un produit au même prix que ce que l’on retrouve sur le marché », ajoute Jean-Philippe. Depuis le mois d’août, on retrouve aussi les brosses à dents en bambou chez Jean Coutu, le Naturiste, Brunet et Uniprix. Une entrée qui a été grandement facilitée par Caroline Néron. « Selon nos études de marché, les gens achètent encore leurs brosses à dents principalement dans les pharmacies et dans les magasins à grande surface », dit-il. Au total, depuis janvier, OLA Bamboo a déjà écoulé plus de 75 000 unités et la croissance est grandissante.

 

Hygiène au bambou

Et pourquoi miser sur le bambou? « C’est l’arbre qui a le plus haut taux de croissance et il prend à peine huit semaines pour atteindre sa maturité », souligne Jean-Philippe. Cette ressource végétale renouvelable ne nécessite aucun traitement chimique et elle est facilement cultivable. Le bambou capte du carbone pendant sa croissance, qui est émis dans l’atmosphère lors de la décomposition, c’est pourquoi on dit qu’il est carboneutre. De plus, le bambou possède des propriétés antimicrobiennes.

© OLA Bamboo

Comme la majorité des brosses à dents, les poils de la brosse sont faits à base de nylon, qui n’est pas renouvelable. « Nous n’excluons toutefois pas l’idée d’offrir d’autres types de poils plus écologiques dans le futur », mentionne Simon-Pier Ouellet. Pour pousser le concept de faible empreinte carbone au maximum, OLA Bamboo utilise également un emballage fait de papier recyclé.

 » C’est comme un cycle qui tourne. On prend une ressource végétale qui pousse très rapidement en Asie et, en échange, on plante des arbres près de chez nous.

Jean-Philippe Bergeron

Caroline Néron a aussi incité l’entreprise à pousser sa réflexion sur l’empreinte écologique des produits encore plus loin. Pourquoi ne pas compenser une partie des gaz à effets de serre produits par l’entreprise? C’est ainsi qu’OLA Bamboo a conclu un partenariat avec Compensation CO2. Pour chaque brosse à dents vendue, l’entreprise s’engage à remettre 20 sous pour la plantation d’arbres. Depuis quelques mois seulement, ce sont 1 000 épinettes blanches, un arbre qui a une grande capacité de capture du carbone, qui ont été plantées, ce qui permettra de séquestrer 182 tonnes de CO2.

Au cours des prochains mois, d’autres objets utilitaires en plastique, dont la durée de vie est limitée, sont dans la mire d’OLA Bamboo. Préparez-vous donc à voir toute une gamme de produits d’hygiène et de santé corporelle en bambou envahir les étagères.

 

www.olabamboo.com

Les trois entrepreneurs ont su convaincre Caroline Néron d'investir dans leur projet. (© OLA Bamboo)
Se curer les dents avec du bambou 3min.