Pêcheur de homards
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Depuis sa plus tendre enfance, en Ontario, François R. Bossé est entouré de politiciens : son grand-père impliqué en politique fédérale, son père engagé à titre de conseiller municipal. De là son intérêt pour une gestion publique responsable. Profondément attaché à la mer, il poursuit une formation en histoire navale et un entraînement comme officier de pont dans la Marine royale canadienne. Cette expérience lui servira pour les affaires de l’entreprise liées à l’électronique de navigation et à la propulsion électrique maritime.

L’homme ne se définit pas comme un « écolo pur »; il adhère à la culture du gros bon sens. Conscient que la cadence trop élevée de la consommation des ressources est intenable à long terme, il cherche à les utiliser de façon optimale et efficace. Ses études supérieures spécialisées en gestion-management à HEC Montréal ont fait naître son intérêt pour l’analyse de modèles d’affaires. En 2016, grâce à un professeur de HEC, François rencontre le fondateur et président d’Océan Marine, Danny Boyle, natif de la Gaspésie.

Fasciné par le mode de vie scandinave, François a développé un intérêt pour le développement durable et l’électrification des modes de transport. Intérêt qui a vraiment pris son envol à la suite de l’achat de son premier véhicule hybride, en 2013: « j’ai vraiment commencé à le vivre et à agir ».

 

Rencontre déterminante 

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Homards gaspésiens survoltés

23 septembre 2017 - Sophie Benoit, Curieuse voyageuse

Pilote et passionné d’histoire maritime, François R. Bossé a fait de la propulsion électrique son terrain de jeu à titre de vice-président d’Océan Marine, entreprise gaspésienne spécialisée dans l’électronique de pointe pour l’industrie navale. Prochain objectif : électrifier de vieux bateaux pour apporter un vent de changement à l’industrie de la pêche.

Depuis sa plus tendre enfance, en Ontario, François R. Bossé est entouré de politiciens : son grand-père impliqué en politique fédérale, son père engagé à titre de conseiller municipal. De là son intérêt pour une gestion publique responsable. Profondément attaché à la mer, il poursuit une formation en histoire navale et un entraînement comme officier de pont dans la Marine royale canadienne. Cette expérience lui servira pour les affaires de l’entreprise liées à l’électronique de navigation et à la propulsion électrique maritime.

L’homme ne se définit pas comme un « écolo pur »; il adhère à la culture du gros bon sens. Conscient que la cadence trop élevée de la consommation des ressources est intenable à long terme, il cherche à les utiliser de façon optimale et efficace. Ses études supérieures spécialisées en gestion-management à HEC Montréal ont fait naître son intérêt pour l’analyse de modèles d’affaires. En 2016, grâce à un professeur de HEC, François rencontre le fondateur et président d’Océan Marine, Danny Boyle, natif de la Gaspésie.

Fasciné par le mode de vie scandinave, François a développé un intérêt pour le développement durable et l’électrification des modes de transport. Intérêt qui a vraiment pris son envol à la suite de l’achat de son premier véhicule hybride, en 2013: « j’ai vraiment commencé à le vivre et à agir ».

 

Rencontre déterminante 

À l’occasion du Electric & Hybrid Marine World Expo à Amsterdam, l’évènement le plus important au monde pour la propulsion électrique maritime, François fait une présentation sur les défis de l’implémentation de la propulsion électrique dans les bateaux de pêche au Canada en 2017.
Le prototype du bateau de pêche hybride présentement en construction.

Durant cette exposition mondiale, les deux partenaires d’Océan Marine font une rencontre déterminante avec un entrepreneur de Vancouver, Brent Perry, à qui l’on doit une grande contribution dans l’avancement des navires commerciaux hybrides à faible émission. Son entreprise, Corvus Energy, a équipé en batteries le traversier MF Ampere de Norvège, le premier traversier 100 % électrique au monde.

« Brent Perry nous a parlé des opportunités intéressantes [liées à] l’utilisation de la propulsion électrique dans l’industrie maritime. La demande est forte pour ce type de technologie en Norvège. À son avis, les bateaux de pêche constituent un marché prometteur », relate François.

Un homard à la fois

Au cours des prochaines années, Océan Marine entend développer une ligne privée de traversiers 100 % électriques. Avant de se lancer en Norvège, l’entreprise a décidé d’expérimenter la conception d’un bateau de pêche hybride électrique. En production à la Construction navale Atlantique du Nouveau-Brunswick, le bateau de 45 pieds, un Robitaille 45C, est attendu pour la prochaine saison de pêche, en avril 2018.

Atlantique au Nouveau-Brunswick.

Depuis trois ans, la saison de pêche aux homards se porte à merveille. D’ailleurs, la pêcherie de Gaspésie est certifié par le MSC, Marine Stewardship Council,un programme international de certification scientifique qui témoigne de sa durabilité et de sa bonne gestion. Mais certains bateaux se font vieux et la flotte a impérativement besoin d’être modernisée. La CSST reçoit beaucoup de réclamations en raison d’incidents de travail, mais également en lien avec la pollution sonore qu’ils génèrent et qui peut compromettre la santé et la sécurité des pêcheurs, souligne François.

Lors des nombreuses prises de homards, le moteur « ronronne » très bruyamment, même lorsque le bateau est immobile. Avec les changements, il sera possible de couper les moteurs et donc d’économiser beaucoup de carburant, en plus de contribuer aux efforts de réduction des GES. Le moteur sera éteint de 84 à 92 % du temps sur une période de six heures!

L’industrie de la pêche a comme référence la culture des années 50, celle des gros véhicules, des moteurs puissants et polluants, nous dit François. « L’enjeu pour le pêcheur est de comprendre cette technologie et de vaincre la crainte de tomber en panne, car, dans ce cas, il doit appeler la garde côtière pour se faire remorquer. C’est un problème de confiance. »

Afin de documenter ce processus de transition énergétique, Océan Marine collabore avec quatre centres de recherche : Innovation maritime, CIRADD, Merinov et TechnoCentre éolien. Cette démarche s’appuie sur la nécessité de comprendre les freins à l’adoption d’une technologie électrique pour l’industrie de la pêche et les défis que cela représente.

Le premier Bateau de pêche hybride est assemblé au chantier Construction navale

Fervent défenseur du mode électrique, François croit fermement à l’importance de développer une expertise autour de la propulsion électrique au Québec. D’ailleurs, l’entreprise collabore avec TM4 pour l’installation du moteur et du chargeur du bateau : « nous sommes contents d’avoir un fournisseur local et fiable ».

« Depuis presque 15 ans, on fait face à un mythe tenace sur le manque d’efficacité de la propulsion électrique. En réalité, les batteries sont beaucoup plus durables et vont au-delà de la vie utile des véhicules. »

François R. Bossé

« Les véhicules fonctionnent encore avec du jus de dinosaure pétrifié liquide », lance François, pour qui le moteur à combustion a fait son temps. L’efficacité et la performance du moteur électrique ne sont plus à prouver. Une évidence pour le chef d’entreprise qui reconnaît toutefois que le changement se bute à certains obstacles importants. « L’industrie des moteurs à combustion représente un gros marché auquel il est difficile de s’attaquer. Toute une économie tourne autour des pièces de rechange nécessaires à l’entretien des moteurs à essence. L’économie des véhicules électriques est plus simple, moins coûteuse, mais encore embryonnaire. Voilà pourquoi la transformation semble si difficile. »

 

De Montréal à Boston

Ce nouveau bateau hybride sera l’occasion de réaliser une campagne de sensibilisation sur l’importance de la propulsion électrique pour réduire les émissions de GES. En naviguant de Montréal à Boston, le bateau s’arrêtera dans divers ports, au fil de l’eau.

À moyen terme, Océan Marine prévoit installer un bureau en Norvège, un pays vraiment inspirant sur le plan environnemental, selon François.

Parmi les autres projets de l’entreprise, mentionnons la conversion en mode électrique de deux traversiers passagers-voitures en Outaouais et celle d’un bateau d’excursion à Gaspé. D’ici trois ans, ces projets pourraient créer une vingtaine d’emplois dans la région.

Comme quoi sur l’eau autant que sur la terre, la transition vers l’électrique fait naître de belles possibilités sur le plan économique.

© Regroupement des pêcheurs professionnels du sud de la Gaspésie (RPPSG)
Ce premier bateau de pêche hybride entrera en fonction dès la prochaine saison en avril 2018.