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Avant d’être la ruelle verte Basile-Patenaude, cette voie n’était qu’un terrain vague et désœuvré du secteur. Bordant un jardin communautaire et un stationnement – et située dans le secteur le plus défavorisé du quartier – elle n’avait jamais reçu l’attention que les ruelles obtiennent généralement à l’arrière des maisons. Mais cela a changé depuis que des citoyens l’ont entièrement végétalisée et aménagée.

C’est David-Alexandre Boutin, un membre très actif du jardin communautaire Basile-Patenaude ainsi que d’autres bénévoles qui ont découvert que sous la mauvaise herbe et les déchets se cachait une ruelle municipale.

« Le terrain a une superficie d’à peu près 45 000 pieds carrés. Quand j’ai commencé à m’impliquer ici, en 2010, il y en avait la moitié qui était inutilisée », raconte-t-il. Tondu au gazon toutes les semaines par la Ville de Montréal, ce terrain était parsemé de déchets depuis 30 ans. Des montagnes de meubles, des tuyaux d’échappement, des pneus de voiture, des bombonnes de propane, des seringues et de l’itinérance.

"À un moment, on s’est dit qu’on voulait végétaliser cet immense espace inutilisé. À qui appartient-il? On s’est alors mis à fouiller dans les papiers des cadastres.

David-Alexandre Boutin

Ce que David-Alexandre a découvert est surprenant. La section jardin appartient à Provigo, aussi propriétaire de l’épicerie Maxi se trouvant tout près, sur la rue Masson. La Ville de Montréal la loue à sa branche immobilière, Choice Properties. Une partie de ce lot était dans le terrain vague alors qu’il était destiné à l’agriculture urbaine. Cela faisait donc 30 ans qu’on payait et entretenait cet espace qui se remplissait de déchets au lieu d’être cultivé.

Autre surprise : l’autre partie du lot est une ruelle, ce qui la rend admissible à une subvention pour sa transformation en ruelle verte.

 

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Sous les déchets, la ruelle

26 août 2017 - Angelica Alberti Dufort, Geek de jazz et d'environnement

Dans le quartier Rosemont de Montréal, les citoyens ont végétalisé 22 000 pieds carrés oubliés par la Ville depuis 1985.

Avant d’être la ruelle verte Basile-Patenaude, cette voie n’était qu’un terrain vague et désœuvré du secteur. Bordant un jardin communautaire et un stationnement – et située dans le secteur le plus défavorisé du quartier – elle n’avait jamais reçu l’attention que les ruelles obtiennent généralement à l’arrière des maisons. Mais cela a changé depuis que des citoyens l’ont entièrement végétalisée et aménagée.

C’est David-Alexandre Boutin, un membre très actif du jardin communautaire Basile-Patenaude ainsi que d’autres bénévoles qui ont découvert que sous la mauvaise herbe et les déchets se cachait une ruelle municipale.

« Le terrain a une superficie d’à peu près 45 000 pieds carrés. Quand j’ai commencé à m’impliquer ici, en 2010, il y en avait la moitié qui était inutilisée », raconte-t-il. Tondu au gazon toutes les semaines par la Ville de Montréal, ce terrain était parsemé de déchets depuis 30 ans. Des montagnes de meubles, des tuyaux d’échappement, des pneus de voiture, des bombonnes de propane, des seringues et de l’itinérance.

"À un moment, on s’est dit qu’on voulait végétaliser cet immense espace inutilisé. À qui appartient-il? On s’est alors mis à fouiller dans les papiers des cadastres.

David-Alexandre Boutin

Ce que David-Alexandre a découvert est surprenant. La section jardin appartient à Provigo, aussi propriétaire de l’épicerie Maxi se trouvant tout près, sur la rue Masson. La Ville de Montréal la loue à sa branche immobilière, Choice Properties. Une partie de ce lot était dans le terrain vague alors qu’il était destiné à l’agriculture urbaine. Cela faisait donc 30 ans qu’on payait et entretenait cet espace qui se remplissait de déchets au lieu d’être cultivé.

Autre surprise : l’autre partie du lot est une ruelle, ce qui la rend admissible à une subvention pour sa transformation en ruelle verte.

 

Guérilla par l’occupation du territoire

Tout ça semblait bien beau, mais un problème se posait et se pose toujours. Dans le bail, une clause prévoit que, 3 mois avant le 31 décembre de chaque année, le propriétaire (Choice Properties) peut expulser le locataire (la Ville de Montréal) sans préavis, sans démarche et sans compensation. « Ça pourrait rapidement devenir des projets de condos », s’inquiète David-Alexandre.

Les membres du jardin ont donc opté pour une stratégie de guérilla par l’occupation du territoire.

En seulement quelques mois, une trentaine de citoyens bénévoles ont planté, nettoyé et aménagé la ruelle. Aujourd’hui, au lieu d’y retrouver de la petite criminalité et de l’itinérance, on y retrouve des citoyens qui profitent de cet espace frais et relaxant… et qui mangent!

Framboises, fraises, bleuets, mûres, raisins, prunes, groseilles, baies de sureau, camerises, amélanches, pleurotes, paupau, maïs, blé, pommes, poires, poulailler et j’en passe, cette ruelle n’est pas seulement verte, elle est aussi comestible.

Résultat : David-Alexandre confie que, pour plusieurs familles du coin, la possibilité d’aller cueillir gratuitement un épi de maïs peut être avantageuse sur le plan de la planification budgétaire. Mais cela a aussi un impact sur le climat.

D’îlot de chaleur à îlot de saveurs

Lorsqu’on plante des végétaux, on absorbe du CO2 et on contribue à réduire l’effet de serre. La présence d’arbres crée aussi de l’ombre et de la fraicheur, ce qui, dans le cas de ce grand espace, contrebalance la présence du brulant stationnement qui se trouve juste à côté.

Mais la ruelle est surtout devenue un lieu d’agriculture et d’apprentissage. Un travail d’éducation est réalisé auprès des plus jeunes et des plus vieux à propos des aliments : saisons de récoltes, reconnaissance des fruits et légumes qui poussent naturellement au Québec, respect des aliments, etc. Tous peuvent ainsi prendre conscience que manger local contribue à réduire nos émissions de gaz à effet de serre.

Les bénévoles ont veillé à la pérennité de cet îlot de fraicheur : presque toutes les espèces qui ont été choisies sont indigènes, c’est-à-dire qu’elles sont natives du Canada. Cela garantit que les plantes survivront à l’hiver et qu’elles produiront des fruits à nouveau l’an prochain… et le suivant!

« On se concentre sur des fruits et légumes qui n’ont pas d’allure. Et si on mangeait de l’indigène? Au lieu de manger des mangues, on pourrait manger de la rhubarbe! »