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Un bon remède pour le climat

13 janvier 2020 - Maxime Bilodeau, En paix avec ses contradictions

Maillon Vert propose aux pharmacies du Québec un programme d’accompagnement clé en main pour réduire leur empreinte carbone. Et ça marche : un nombre croissant embarque dans cette action climatique unique en Amérique du Nord!

Le meilleur côtoie le pire dans les quelque 2000 pharmacies du Québec. Marc-André Mailhot en sait quelque chose : en huit ans de carrière, le pharmacien a travaillé derrière le comptoir d’environ 150 d’entre elles. D’un remplacement à l’autre, il a vu des professionnels remuer ciel et terre pour améliorer la santé de leurs clients, au coût toutefois de nombreuses émissions de gaz à effet de serre (GES). Ces dernières se manifestent notamment sous forme de livraison de médicaments à domicile en voiture à essence ou de vente de caisses de bouteilles d’eau en plastique. « Le lien entre la santé et l’environnement est évident. Cela m’a ouvert les yeux sur les croûtes que les pharmacies ont à manger en matière de protection de l’environnement », se souvient-il.

Ça n’en prenait pas plus pour le convaincre de troquer son sarrau contre une casquette d’entrepreneur. En 2012, il lance Maillon Vert, une boîte de consultation en développement durable qui se spécialise dans « l’écoresponsabilisation » des pharmacies. De la Gaspésie à l’Abitibi, le programme d’accompagnement unique en Amérique du Nord qu’il a mis sur pied, Pharmacies éco+responsables, a depuis été suivi par près d’une centaine d’officines aux quatre coins du Québec. La démarche, volontaire, s’articule autour de 15 grands axes d’intervention et s’échelonne sur 18 mois. Pour mériter le titre de Pharmacie éco+responsable, il faut mettre en place au moins 6 des 15 actions proposées.

Maillon Vert me permet de me différencier auprès de ma clientèle et de réaliser plusieurs milliers de dollars d’économies.
Roxane Saint-Jean, pharmacienne propriétaire

 « On parle de revoir la gestion des matières résiduelles, de facturer les sacs de plastique, d’améliorer la gestion des médicaments périmés, d’abolir la vaisselle jetable sur les tablettes, d’optimiser les procédés de recyclage… », énumère Marc-André Mailhot. Mais ça ne s’arrête pas là : les pharmacies peuvent viser plus haut et obtenir la certification Pharmacies carboneutres en commençant par faire l’inventaire des GES qu’elles produisent. Le principal poste d’émission? Les transports, révèle l’entrepreneur de 38 ans. « Ce sont les livraisons de médicaments à domicile ainsi que les déplacements des employés entre la maison et le boulot qui pèsent lourd dans la balance », précise-t-il.

Un mouvement en marche

Roxane Saint-Jean, pharmacienne propriétaire sous la bannière Uniprix à Saint-Bruno-de-Montarville, sur la Rive-Sud de Montréal, collabore avec Maillon Vert depuis bientôt deux ans. En 2018, après une semaine de calculs, les émissions d’équivalent CO2 de son commerce ont été évaluées à environ 28 tonnes. Depuis, elle et son équipe d’une trentaine d’employés se sont retroussé les manches pour diminuer l’empreinte carbone de la pharmacie.

Compostage de matières organiques, révision des routes de livraison de médicaments et introduction imminente de produits en vrac figurent, entre autres, au tableau de leurs bons coups. « D’ici un an, nous devrions être écoresponsables et carboneutres. Nous allons compenser nos émissions par l’entremise de Planetair, la société québécoise [et tiers parti] avec laquelle Maillon Vert transige », annonce fièrement Roxane Saint-Jean. À l’heure actuelle, six pharmacies membres du réseau Maillon Vert sont officiellement carboneutres.

Photo de Roxane Saint-Jean avec une partie de l'équipe de sa pharmacie labellisée carboneutre par Maillon vert
Roxane Saint-Jean avec une partie de l'équipe de sa pharmacie Uniprix à Saint-Bruno-de-Montarville.

Lire aussi : La compensation carbone, panacée climatique?

 

Yanick Fournier, pharmacien propriétaire d’un Familiprix Extra à Saint-Constant, met lui aussi les bouchées doubles afin de réduire l’impact climatique de son commerce, lequel a été évalué à 38 tonnes d’équivalent CO2 en 2018. « Nous avons viré les bouteilles d’eau avant que la chaîne ne le fasse. Et nous n’utilisons désormais que du papier recyclé », indique-t-il. [Familiprix a annoncé qu’elle cessera la vente de caisses d’eau embouteillée en janvier 2020, NDLR].

Photo de Yanick Fournier avec une partie de l'équipe de sa pharmacie labellisée carboneutre par Maillon vert
Yanick Fournier et ses collaborateurs du Familiprix Extra de Saint-Constant.

Si les motivations des deux pharmaciens sont avant tout environnementales, elles sont aussi pécuniaires. « Embarquer dans Maillon Vert me permet de me différencier auprès de ma clientèle et de réaliser plusieurs milliers de dollars d’économies, ici et là », témoigne Roxane Saint-Jean. Yanick Fournier abonde dans le même sens. « Bien que la démarche demande du temps et des investissements importants, le jeu en vaut la chandelle : je me démarque de ma concurrence. »

Winner sur toute la ligne

Marc-André Mailhot n’ignore pas l’aspect entrepreneurial de l’action climatique. C’est pourquoi il a mandaté un économiste, dès 2015, afin qu’il analyse les tenants et aboutissants de Maillon Vert. Il en ressort que les bénéfices — des économies nettes et récurrentes de l’ordre de 45 000 $ par année pour une pharmacie québécoise de taille moyenne — l’emportent de loin sur les coûts de 15 000 $ pour la mise en place du programme d’accompagnement. « Et c’est sans parler de la meilleure rétention du personnel, un avantage indéniable en cette période de pénurie de main-d’œuvre. Les employés sont plus faciles à recruter et à mobiliser quand on leur parle de protection de l’environnement », affirme-t-il.

Le succès rencontré par Maillon Vert, surtout dans les 18 derniers mois, est considérable. Tellement que Marc-André Mailhot songe à exporter le modèle dans d’autres secteurs. Des cliniques médicales et vétérinaires se montrent intéressées, tout comme des cafés et des restaurants. « Au Québec et au Canada, il y a encore beaucoup de terrain à conquérir. Nous avons même été approchés par des joueurs à l’étranger, en Europe notamment. »

Photo de Marc-André Mailhot et l'équipe de Maillon vert
Marc-André Mailhot (à gauche) avec l'équipe de Maillon vert.

Des fioles réutilisables à l’infini

Sur ordonnance ou en vente libre, les médicaments ont un trait en commun : ils sont généralement distribués dans des contenants en plastique. Bien que recyclables, ces fioles à usage unique sont minimalement recyclées et prennent plutôt le chemin des sites d’enfouissement, parfois avec leur contenu en pilules.

Pour éviter tout ce gaspillage, Sarah Fizazi, une pharmacienne affiliée au réseau Uniprix établie dans l’arrondissement montréalais de Rosemont–La Petite-Patrie, s’est attaquée au problème en fondant la Fiole Verte. Son idée, toute simple : remplacer les contenants en plastique par des équivalents en verre réutilisables et chimiquement stables.

Depuis son lancement cet automne, 15 pharmacies du Québec ont déjà adoptée sa solution. Le principe : les patients déboursent 3 $ pour se procurer une fiole verte sur laquelle est apposé un autocollant détachable indiquant l’ordonnance et la posologie.

Et une fois les fioles vidées, le patient doit lui-même les nettoyer selon un processus bien établi.