taxe carbone et croissance économique
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Croissance SVP, taxe incluse

18 juillet 2019 - David Beaudoin, Entrepreneur et expert en finance climatique

Ah, la toute puissante Économie! Elle règne, haut perchée, sur pas mal toutes les sphères de nos vies et impose ses règles et volontés par le biais de décisions politiques, de pratiques d’affaires, etc. Pour le meilleur ou pour le pire, on la souhaite invariablement plus forte et plus grande. On dira ce qu’on voudra, l’Humanité a su au fil de son histoire garder le cap sur la croissance. Et si on faisait fausse route?

Je n’entrerai pas ici dans un argumentaire en faveur de la décroissance. Je mets simplement la table pour me permettre d’aborder un sujet chaud. J’ai forcément un biais de perception, mais il n’empêche que j’ai l’impression que les taxes, marchés et autres mécanismes de prix sur le carbone, dont on entendait à peine parler il y une dizaine d’années, font aujourd’hui les manchettes presque tous les jours.

C’est qu’on n’arrive pas à accorder nos violons. Marché, taxe, rien du tout? On gagne ou perd des élections aujourd’hui sur ces questions. On crée des soulèvements populaires #giletsjaunes, des regroupements citoyens #lepactepourlatransition. Mais au fond, pourquoi se tiraille-t-on? Deux mots : croissance économique. Parce qu’il ne faudrait surtout pas nuire à l’économie ou se détourner de l’impératif de croissance…

Au Canada, dur de s’y retrouver parmi la taxe fédérale, le marché québécois du carbone, la taxe britanno-colombienne, le défunt marché ontarien, le système de plafonnement néo-écossais… On s’y perd d’une province à l’autre et d’un changement de gouvernement à l’autre. Même si l’enjeu climatique semble reconnu par la majorité (au Canada, du moins), il n’y a pas de terrain sur lequel il semble plus difficile de s’entendre; et Dieu sait que la confédération canadienne est un terreau fertile pour les désaccords. [Merci d’ailleurs aux Raptors de nous rappeler qu’il est possible d’être fiers et heureux à l’unisson.]

On a tous tellement peur de souffrir économiquement, ou pire, que le voisin prospère plus que nous. Je mentionnais dans un précédent billet que, si le Québec a choisi un marché plutôt qu’une taxe, c’est en espérant que ce soit plus efficace, c’est-à-dire que des réductions d’émissions de gaz à effet de serre (GES) soient obtenues avec un impact moindre sur l’économie. La Colombie-Britannique a, pour sa part, une taxe carbone depuis 2008. Taxe qu’elle a, elle aussi, instaurée en espérant engendrer des réductions d’émissions de GES sans trop d’impact sur l’économie.

Au jeu des comparaisons, on constate qu’entre 2013 et 2017, le Québec et la Colombie-Britannique ont respectivement connu une croissance moyenne de leur PIB réel de 1,6 % et de 3,0 %, selon l’Institut de la statistique du Québec, alors que celle du reste du Canada culminait à 1,9 %, sans prix sur le carbone, dois-je le rappeler. Que peut-on en conclure? Qu’une taxe carbone a moins d’impact sur l’économie qu’un marché du carbone? Qu’attribuer un coût aux émissions de GES ne nuit pas à l’économie? Sûrement pas. En revanche, les détracteurs d’une tarification carbone ne peuvent se servir de ces chiffres pour justifier leur position.

Par ailleurs, au cours de ces mêmes années, le Québec a vu son bilan carbone diminuer de 2,5 %, selon le plus récent Rapport d’inventaire national des GES, alors que celui de la Colombie-Britannique a quelque peu augmenté. Est-ce à dire que le marché québécois incite davantage à réduire les GES que la taxe de sa consœur de l’Ouest? Pas certain que ces questionnements soient réellement pertinents, en fait. Mon regard critique me porte à croire qu’il vaudrait mieux une approche simple, cohérente et unique; l’optimiste en moi préfère se réjouir d’enfin voir les émissions de GES tarifées à la grandeur du pays… au moins jusqu’à l’automne.

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