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Rivière-au-Tonnerre : petite échelle, grande adaptation

17 janvier 2019 - Jean-Louis Tedone, Géographe, spécialiste des questions d’aménagement durable du territoire

En 2016, dans le cadre d’un travail de recherche sur le terrain associé à mon projet de maîtrise, j’ai eu la chance de traverser le Québec d’est en ouest et du nord au sud. Mon road trip m’a mené de Gaspé à Val-d’Or, de Baie-Comeau à Cookshire-Eaton, de Saguenay à Gatineau, et j’en passe. Le parc national de la Gaspésie et le majestueux mont Albert, la réserve faunique de La Vérendrye et ses paysages forestiers interminables, la fabuleuse ville de Percé et son rocher, les routes vallonnées de la Beauce et de l’Estrie… Tous ces paysages hautement symboliques de la géographie québécoise sont maintenant bien imprégnés dans mon esprit.

L’objectif de mon périple à travers le Québec était de recenser les municipalités qui agissent pour adapter leur territoire aux conséquences anticipées des changements climatiques. Résultat : à l’époque, mis à part quatre grandes municipalités (Montréal, Laval, Sherbrooke et Trois-Rivières) toutes membres du club select des plus de 100 000 habitants, aucune des quelque 1100 municipalités québécoises n’avait adopté de plan d’adaptation. J’expliquais cette situation par l’absence d’outils, de connaissances, de moyens financiers ou même de volonté politique pour faire face aux aléas climatiques présents et futurs.

Sauf que ma conclusion était inexacte. En effet, à la suite d’une discussion avec une professionnelle du ministère québécois de l’Environnement, j’apprenais, peu après le dépôt de ma maîtrise, que Rivière-au-Tonnerre, une petite municipalité d’un peu plus de 300 habitants sur la Côte-Nord, avait adopté en 2014 un Plan d’action pour l’adaptation aux changements climatiques. Ça relevait carrément de l’invraisemblable!

Et pourtant, c’était bel et bien vrai! Le travail des auteurs du plan, deux chercheurs de l’Université du Québec à Rimouski, s’est échelonné sur trois ans. Afin de rédiger un document à l’image des aspirations des résidents du village, ils ont consulté les résidents à plusieurs reprises pour connaître leur perception de l’évolution de leur milieu de vie, tant sociologiquement, économiquement que climatiquement. Sur 307 habitants, 46 ont participé aux séances de consultation. À l’échelle de Montréal, c’est comme si 238 000 personnes s’étaient déplacées!

Au cours de différents ateliers, les résidents devaient faire part de leur vision idéalisée de l’avenir de Rivière-au-Tonnerre, mais aussi de leur perception des risques climatiques actuels et futurs sur le territoire et des possibilités qu’il peut générer. Même s’ils s’inquiétaient des conséquences des changements climatiques pour Rivière-au-Tonnerre, reliée au reste du monde par la seule route 138, les résidents et les autorités y voyaient aussi une occasion de développement économique. Par exemple, grâce à l’allongement de la période estivale, ils estimaient que cette situation nouvelle permettrait « de diversifier l’économie (…) et de créer de l’emploi tout en préservant la qualité du milieu et en mettant en valeur la culture locale et l’environnement ». De cette façon, et peut-être sans le savoir, ceux qui ont contribué à l’élaboration du plan se sont lancés dans un début d’analyse coût-avantage, qui consiste à évaluer les effets positifs et négatifs du dérèglement climatique actuel et anticipé sur le développement économique.

Avec un plan d’adaptation complet, réfléchi et né d’une fructueuse collaboration, le village de Rivière-au-Tonnerre démontre brillamment que le passage à l’action climatique n’est pas que l’apanage des grandes municipalités, où se concentrent les ressources humaines et financières. Avec de la motivation et de la débrouillardise, même une municipalité de quelques centaines d’habitants peut participer à l’effort collectif visant à adapter nos territoires aux conséquences des changements climatiques!