crise du recyclage des déchets au Québec
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Recycler ici plutôt qu’en Chine

06 février 2020 - Amélie Côté, Spécialiste de la gestion des matières résiduelles et de l’obsolescence

On ne va pas se mentir : tout n’est vraiment pas rose dans l’industrie québécoise du recyclage. Les nouvelles négatives sur les centres de tri qui débordent ou qui vont fermer leurs portes font périodiquement les manchettes, surtout depuis que la Chine a rehaussé ses critères de qualité en janvier 2018. Fort de son pouvoir commercial, l’empire du Milieu a décidé que les matières qu’il achète doivent désormais se conformer aux exigences qu’il fixe et respecter un taux de contamination moins élevé. Ainsi, un ballot de papier doit maintenant contenir moins de 1 % de matières autres.

Le recyclage est une industrie au modèle d’affaires particulier : on collecte des matières, on les trie – plus ou moins précisément –, puis on les revend pour qu’elles soient ensuite conditionnées (en billes de plastique homogènes, par exemple) avant d’être réintégrées dans un processus de fabrication.

Pour mieux comprendre le cheminement des matières recyclables, je vous invite à regarder cette vidéo qui illustre comment les contenants en plastique no 2 (polyéthylène haute densité ou rigide) sont recyclés par l’entreprise Soleno, qui en fait des drains agricoles.

crise du recyclage des déchets au Québec Exportation des matières recyclables 2008-2018
Source : RECYC-QUÉBEC

Depuis plusieurs décennies, nous avons exporté beaucoup de nos matières recyclables. En 2015, 60 % des matières vendues par les centres de tri étaient achetées par des courtiers ou des recycleurs hors Québec, proportion qui a chuté à 41 % en 2018, selon RECYC-QUÉBEC.

Partout dans le monde – car le problème n’est pas que québécois –, la baisse des exportations des matières recyclables a eu une incidence sur leur valeur. La tonne de fibres de papier et de carton en ballots était vendue 137 $ en 2017. Son prix a chuté à 36 $ en 2019. Or, le papier et le carton représentent 81 % des matières vendues par les centres de tri québécois : c’est donc une sacrée dégringolade de leurs revenus. Et ça se passe au moment même où ils doivent en parallèle accroître la qualité de leur tri – et, dans bien des cas, acheter des équipements de pointe – afin de répondre à des normes de plus en plus élevées.

Élément important : il ne faut pas mettre tous les centres de tri dans le même sac! S’ils sont tous touchés par la forte baisse de la valeur des matières recyclables, certains arrivent encore à tirer leur épingle du jeu. Les centres de tri de Drummondville, de Lachute et de Québec, entre autres, ont su s’adapter à la fluctuation des marchés et réussissent à vendre la majorité de leurs matières recyclables. 

Personne n’a avantage à ce que ces matières soient enfouies ou incinérées. En plus de la perte nette que cela représente, l’impact sur la confiance des citoyens et des citoyennes envers le système (et donc sur leur participation) est un enjeu réel. Certaines personnes se démobilisent et cessent de mettre leurs matières recyclables au bac, et des tonnes de matières supplémentaires sont alors enfouies ou incinérées.

À mon avis, la situation actuelle est un levier intéressant pour aller de l’avant vers un modèle local, efficace et écoresponsable.

La solution face à la crise réside principalement dans le développement de marchés locaux pour nos matières recyclables. Le transfert des exportations vers d’autres pays n’est ni viable (l’Inde a d’ailleurs emboîté le pas à la Chine récemment) ni responsable. Les matières exportées ne font l’objet d’aucune traçabilité et leur gestion n’est pas soumise aux normes du travail ou aux normes environnementales que nous nous sommes fixées au Québec.  

Dans ce contexte, les centres de tri de la province ont tout de même vendu 786 000 tonnes de matières recyclables en 2018, dont plus de 463 000 achetées par des conditionneurs et des recycleurs québécois. C’est autant de matières qui ont pu être réintégrées dans un processus de fabrication, ce qui évite d’extraire des matières premières supplémentaires. 

Bien que cela puisse sembler loin de nous, il y a des actions à notre portée, dont celle de déboulonner les mythes du recyclage (aidez-moi, il y a de la job en masse!) et, bien sûr, de s’inspirer du nouveau mantra d’Alaclair Ensemble : #metsdurespectdanstonbac.