Menoum, des grillons!

Élever des grillons qui se retrouveront dans votre assiette : c’est l’une des missions d’Insecto, une firme-conseil d’élevage de grillons comestibles. Rencontre avec son fondateur, Benoit Daoust, un ancien cuisinier qui compte bien vous faire avaler cet insecte aux mille vertus, dont celle d’atténuer l’impact des changements climatiques.

Alimentation Wow / 13 août 2018

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : à quantité égale, la production de « viande » de grillon génère 100 fois moins de gaz à effet de serre (GES) que celle de bœuf, selon un rapport publié en 2013 par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture. Et en plus, toujours selon cette étude, ces petites bêtes mangent 12 fois moins que le bœuf!

Mais avant de se mettre des bébittes sous la dent, encore faudrait-il que les Québécois surmontent leur dédain pour l’entomophagie, soit la consommation d’insectes. C’est justement pour les y aider que Benoit Daoust créait récemment Insecto. Il offre des services-conseils en entomologie urbaine et sert de référence aux entreprises ou aux individus qui souhaitent se lancer dans l’élevage à petite échelle.

Ragoût de pattes

L’une de ses fermes est établie au Bâtiment 7, dans le quartier montréalais de Pointe-Saint-Charles, où Unpointcinq l’a rencontré. « Pourquoi manger des grillons? » lui demande-t-on d’entrée de jeu. « C’est bon pour la santé et c’est bon pour l’environnement! » répond-il aussitôt avec un grand sourire.

Ancien cuisinier et touche-à-tout – il a notamment travaillé dans des hôtels et sur des bateaux de croisière –, Benoît Daoust cherchait depuis longtemps une façon de lancer son propre service de traiteur proposant des plats à base d’insectes. Mais impossible de se fournir au Québec, a-t-il constaté. « Je me suis dit que si je ne pouvais pas m’approvisionner localement en insectes, je les produirais moi-même! »

Riches en protéines, en oméga-3, en calcium, en fer et en vitamines, les grillons ont tout pour se faire aimer, assure-t-il. Et en plus d’être bons pour la santé, ils représentent une façon pour le moins inusitée d’agir face aux changements climatiques.

En prime, le grillon, c’est bon comme du bonbon, avons-nous constaté. Avouez, votre curiosité est piquée! Pour la rassasier, c’est par ici…

Un élevage passe-partout

Outre l’émission réduite de GES, la production d’insectes demande moins d’eau, moins de fourrage et moins d’espace que celle de toutes les autres espèces animales vouées à la consommation, selon l’Organisation des Nations Unies pour la santé et l’agriculture.

On peut notamment élever des grillons dans un bac : suffit d’un peu d’eau, de céréales, de laitue ou de fruits et légumes, et le tour est joué! On peut aussi utiliser des structures verticales, ce qui élimine le recours à de nouvelles terres et limite l’espace. En fait, l’élevage du grillon ne nécessite ni soleil ni terre. Bref, c’est la parfaite bébitte urbaine!

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