Larves_Mouches
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Des larves pour sauver le monde

11 décembre 2017 - David Nathan, Fan de Retour vers le futur

Les « bibittes » qui rampent, les larves, par exemple, on a tendance à vouloir les écraser, surtout si elles ont l’audace de s’aventurer dans la cuisine. Pourtant, ces affreuses petites bestioles pourraient bien carrément sauver l’humanité! Et c’est justement dans la cuisine que leur apport sera un jour essentiel.

Les insectes pourraient en effet jouer un rôle majeur pour l’humanité dans les prochaines décennies à plusieurs égards, notre mode de production actuel n’étant pas viable éternellement. « Cela fait une cinquantaine d’années que l’on cherche à augmenter la productivité à tout prix, mais le problème est que l’on a atteint le seuil de saturation et qu’on ne pourra pas continuer comme ça sachant qu’il y aura en 2050 neuf milliards de personnes à nourrir, prévient Charles Lavigne, directeur scientifique du Centre de développement bioalimentaire du Québec (CDBQ). Il faut donc absolument trouver des solutions de rechange et d’autres moyens de production. »

Rois des protéines

Si ce n’est pas demain que les larves se retrouveront sautées avec vos champignons dans votre assiette, elles le sont peut-être déjà sous une autre forme. Dans son laboratoire de La Pocatière, Charles Lavigne et son équipe travaillent à la production de protéines à base d’insectes. En fonction des besoins nutritifs des différents animaux (bœufs, porcs, volailles, etc.), un insecte conviendra mieux qu’un autre : mouche Soldat noire, ténébrion ou encore grillon.

Larves_Mouche Soldat Noir ponte
La mouche Soldat noire fait partie des solutions nutritives pour les animaux. (© CDBQ / Charles Lavigne)

L’enjeu majeur est de fournir tout ce dont ont besoin les animaux tout en réduisant les GES et les besoins en eau.

Au Québec en 2014 selon le MDDELCC, l’agriculture était responsable de 9,4% des émissions de GES soit autant que 2 450 000 voitures qui rouleraient pendant un an.

Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), la demande en produits pour l’élevage va augmenter de 70 % entre 2005 et 2050. C’est donc là que les insectes entrent en scène. Les affreuses bibittes présentent en effet des avantages très concrets :

  • Leur production n’est pas liée à la superficie cultivable;
  • Les insectes nécessitent peu d’eau et peuvent être nourris à base de déjections organiques;
  • Ce sont des organismes à sang froid qui convertissent très efficacement leurs aliments en protéines : les grillons nécessitent 12 fois moins de nourriture que les bovins.

Bœuf aux insectes

Si le secteur de l’alimentation des animaux d’élevage est une priorité, celui de l’alimentation des animaux de compagnie est également envisagé de façon très concrète. Nos compagnons à quatre pattes ne seront donc pas en reste et auront sûrement droit un jour, eux aussi, à leur dose quotidienne d’insectes. « Des études ont été faites sur le système gastrique des chats et des chiens et il en ressort que les protéines provenant d’insectes sont tout à fait compatibles, explique Charles Lavigne. Il sera donc envisageable, par exemple, de réduire la proportion [de viande] d’un aliment pour chiens de 50 à 20 % et de compléter avec des protéines d’insectes. »

Et pour nous, les humains? Est-ce qu’on va finir par se faire des sauterelles au barbecue et des ragoûts de larves? Pour Charles Lavigne, alimenter des animaux pour ensuite s’en nourrir est une perte de ressources et d’énergie incroyable. « On estime que, pour obtenir 1 kg de protéines, on doit nourrir les bovins avec 20 kg de protéines végétales. Pour les porcs, c’est 7 kg, mais seulement 2 kg pour les insectes. Il y a donc un avantage comparatif certain. »

Mais l’intégration des protéines provenant des insectes dans l’alimentation humaine ne se fera pas du jour au lendemain. « Je crois qu’il faudra y aller par étape, commencer par intégrer les protéines d’insectes dans des aliments simples et de consommation courante (barres énergétiques, pâtes alimentaires, etc.) et ainsi créer des aliments riches en protéines pour les sportifs et ceux qui veulent perdre du poids, continue Charles Lavigne. D’ici cinq ans, on espère pouvoir arriver à l’exploitation commerciale. Plusieurs start-up québécoises sont d’ailleurs déjà intéressées. Il ne serait donc pas étonnant que l’on ait d’ici quelques années plusieurs fermes d’élevage d’insectes. »

Recycler comme une larve

Un autre rôle majeur que peuvent jouer certains insectes est le recyclage des matières organiques putrescibles. On en produit au Québec pas moins de 6 millions de tonnes, l’industrie agroalimentaire étant responsable d’environ 1,3 million de tonnes. Malheureusement, seulement 25 % de ces matières sont recyclées et le reste enfoui, une autre importante source d’émissions de GES au moment de leur décomposition qui produit du méthane. La politique québécoise de gestion des matières résiduelles et son plan d’action, qui visent le recyclage de 60 % des matières organiques putrescibles et le bannissement de ces matières des sites d’enfouissements d’ici 2020, forcent un nécessaire changement. Les larves d’insectes pourraient ici donner un sacré coup de patte au recyclage, si on y avait recours.

Larves_Mouches_fruit
Les larves pourraient grandement contribuer à la réduction de l'enfouissement des matières organiques émettrices de GES. (© CDBQ / Charles Lavigne)

Manger des insectes n’est pas un phénomène nouveau. Les hommes préhistoriques pratiquaient l’entomophagie et on en consomme aujourd’hui quotidiennement dans de nombreux pays d’Asie ou d’Amérique centrale et latine. Nos sociétés occidentales sont en revanche plus réticentes en la matière. Outre les défis de production, il faudra en relever un autre de taille : changer nos mentalités et habitudes!

 

Vous êtes curieux? Retrouvez d’autres actions pour amener les bibittes dans notre assiette :
> Sauve le monde en mangeant ta barra Näak
> Spaghettis à 6 pattes