Légumes au travail

Un panier de légumes frais, bio et locaux, livrés directement sur votre lieu de travail chaque semaine par l’agriculteur ou l’agricultrice qui les a cultivés. C’est le principe du programme Un fermier au bureau, qui permet de manger sainement tout en réduisant les émissions de gaz à effet de serre (GES).

Alimentation Vivre ici / 24 août 2018

Fruits et légumes parcourent souvent des distances folles avant d’atterrir dans notre assiette. Il y a pourtant au Québec de nombreuses petites fermes familiales, certifiées biologiques, qui peinent parfois à vendre leur production. Sauf qu’il n’est toujours possible d’aller faire son épicerie directement à la ferme pour réduire son impact carbone…

Ces constats ont amené l’organisme Équiterre à lancer il y six ans le programme Un fermier au bureau, auquel participent aujourd’hui 113 fermes du Québec et une cinquantaine d’entreprises et d’organisations. Le principe est simple : ces dernières établissent un partenariat avec un fermier qui vient chaque semaine leur livrer des paniers de légumes bio. En général, il faut un minimum de 20 à 25 personnes pour qu’un fermier accepte de démarrer un point de livraison.

Membre du réseau des fermiers de famille d’Équiterre depuis 2015, Véronique Lacroix exploite avec son conjoint la ferme des Libellules, située à Saint-Didace, dans Lanaudière, à 120 km de Montréal. Elle trouve ce programme incroyable. « Je voulais m’intégrer dans la routine des gens, mais sans faire de livraison à domicile, [puisque cela] nécessiterait plus de transport et générerait beaucoup plus de gaz à effet de serre. Avec ce programme, je fais un seul trajet et les gens n’ont pas besoin de se déplacer », explique-t-elle.

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Pour Véronique, lutter contre les changements climatiques n’est pas qu’une question d’image. « On voulait vraiment faire partie d’un groupe, être actifs », témoigne avec passion la maraîchère. « Le programme Un fermier au bureau s’inscrit dans le cadre d’une agriculture soutenue par la communauté et promeut les circuits courts de commercialisation en éliminant les intermédiaires entre producteurs et consommateurs. »

À plus large échelle, Un fermier au bureau permet « d’éliminer une grande partie des gaz à effet de serre causés par le transport, la réfrigération et l’entreposage des produits. Les agriculteurs bio n’utilisent pas non plus de pesticides de synthèse ou des fertilisants », indique Gaëlle Zwicky, responsable du réseau des fermiers de famille chez Équiterre.

Au final, les seuls gaz à effet de serre émis par la ferme des Libellules, qui n’a ni tracteur ni réfrigérateur, sont donc attribuables à la livraison des légumes aux entreprises qu’elle dessert. Un trajet d’environ 150 km chaque semaine…

Unpointcinq a rencontré Véronique Langlois dans sa ferme et l’a suivie pendant sa tournée. Un reportage à visionner ci-dessous.

Le faible impact GES de la ferme des Libellules

  • 1,5 km : distance parcourue par panier entre la ferme et ses points de livraison à Montréal, soit un impact carbone d’environ 0,48 kg équivalent CO2, selon le calculateur du Fonds d’action québécois pour le développement durable.
  • Pas de surproduction : les légumes sont cultivés en fonction du nombre de familles inscrites, ce qui réduit les pertes.
  • Pas de tracteurs : la ferme exploite une petite surface, ce qui permet de tout faire à la main.
  • Pas d’entreposage en chambre froide : les légumes sont ramassés la veille de leur livraison et n’ont pas besoin d’être réfrigérés, ce qui réduit les émissions de GES.
  • Pas de pesticides : la culture bio élimine le coût GES associé à la production de pesticides.
Légumes au travail 4min.