Les boites Mai : un potager prêt à jardiner livré à domicile
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La Boîte Berthe permet de faire pousser des carottes, des haricots, des tomates, une laitue et du basilic. © Patrice Senécal
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Retombées positives générales

Des prêt-à-potager livrés à la maison

Mettre l’agriculture urbaine à la portée de tous. C’est l’ambition d’une poignée d’étudiants montréalais qui ont lancé les Boîtes Mai, un projet pour encourager l’économie locale et la souveraineté alimentaire à travers de petits potagers clés en main, livrés à domicile.

« Les employés d’ici n’ont jamais vu ça, on est devenu leur meilleur client. » Dans le stationnement d’un magasin de bricolage de Saint-Léonard, William Des Marais et sa bande sont à pied d’œuvre : ils transbahutent une montagne de sacs de terre dans deux camionnettes. « On en commande à peu près 300 les jours de livraison », précise ce cégépien de 19 ans qui, depuis trois semaines, ne semble jurer que par le maraîchage.

C’est avec sa complice du même âge, Louise Foglia, que l’idée a germé, début avril : en ces temps de confinement, pourquoi ne pas livrer des potagers à domicile? « Malgré l’intérêt grandissant pour l’agriculture urbaine depuis le début de la crise, on s’est dit que certaines personnes n’avaient peut-être pas les outils pour bâtir leur potager ni l’envie de se rendre dans une pépinière. On a donc voulu leur faciliter la tâche », explique la cofondatrice de l’initiative, intitulée Boîtes Mai.

Les Boites mai potager livré à domicile
Premier arrêt : un magasin de bricolage de Montréal pour le chargement de sacs de terre avant la journée de livraison. © Patrice Senécal

Quelques clics sur le Web suffisent pour se faire livrer l’un de ces ensembles de prêt-à-jardiner 100 % québécois, comprenant pot en géotextile, terre, semences et guide de jardinage. Depuis le 1er mai, William, Louise et leurs camarades en ont vendu un peu plus de 400 grâce au bouche-à-oreille.

Leur objectif? Livrer un millier de boîtes d’ici la fin du mois, aux quatre coins de la métropole. Le tout en tentant de limiter au mieux l’empreinte carbone de l’entreprise : chaque jour de livraison, l’itinéraire est soigneusement établi à l’aide d’une application d’optimisation de trajet.

Louise en convient, « ce n’est pas notre projet qui va enclencher la transition écologique ». Dans un Québec qui importe la moitié de sa nourriture, l’initiative ne constitue effectivement qu’un « petit pas » vers la souveraineté alimentaire. Mais livrer des potagers a une vertu insoupçonnée, souligne la jeune entrepreneure. « Ce sont en quelque sorte des minipuits de carbone, une façon concrète de “dépolluer”! »

« Cette génération m’inspire »

En ce samedi ensoleillé de livraison, Louise finalise les derniers préparatifs, disposant sur la banquette arrière une trentaine de boîtes à jardiner, scellées la veille chez elle. À ses côtés, Charles Basque, 20 ans, est désigné chauffeur-livreur. « Je trouvais que c’était une belle activité à faire pendant la quarantaine », raconte cet étudiant en kinésiologie.

L’équipe se scinde alors en deux, chacun dans un véhicule. Et c’est parti pour une trentaine de livraisons pour Charles et Louise.

Direction Ahuntsic, où Sylvie Bélanger a passé commande la veille. « C’est formidable! » s’exclame la sexagénaire, assise au pas de sa porte, visiblement ravie de recevoir sa « Berthe » — l’un des trois modèles proposés par Mai, celui-là permettant de faire pousser carottes, haricots, tomates, laitue et basilic (au prix de 100 $). Ce sera son cadeau d’anniversaire à sa belle-fille, qui habite la même rue : « Une boîte comme ça, c’est clés en main pour une petite cour comme la leur. »

Les boites mai modele berthe
Le diamètre de la « Berthe » une fois remplie atteint 60 cm pour une hauteur de 40cm. © Patrice Senécal
Une cliente des boites mai ouvre le carton de son potager
Aussitôt livré, aussitôt dépaqueté : Frédérique Bois déballe le potager qu’elle fera pousser sur son petit balcon de Rosemont–La Petite-Patrie. © Patrice Senécal

Quelques intersections plus loin, dans Rosemont–La Petite-Patrie, c’est aussi la bonne humeur chez Frédérique Bois dont la fenêtre exhibe l’arc-en-ciel en vogue ces temps-ci. Perchée dans l’escalier extérieur de son condo, elle dépaquette sur-le-champ son potager. « Je trouvais ça intimidant de faire pousser des légumes chez soi lorsqu’on n’a pas d’expérience », avoue la trentenaire néophyte en « potagerie ».

Enthousiasme identique chez Małgosia Bajkowska, qui salue le projet. À la différence près que le jardinage ne semble pas étranger à cette résidente d’Outremont, comme en témoigne la jolie plate-bande de fleurs qui borde sa maison. « Cette génération m’inspire à entreprendre de petites actions, tel que faire pousser soi-même ses légumes », s’emballe cette mère de deux jeunes adultes.

Une cliente des boites mai avec son potager entre les mains
Sur le pas de sa porte, Małgosia Bajkowska brandit fièrement sa boîte Mai, une initiative qu’elle trouve inspirante. © Patrice Senécal

Devant l’engouement pour l’agriculture urbaine, qu’adviendra-t-il des Boîtes Mai en juin? « Nous voulons d’abord créer un modèle qui est fonctionnel, rentable et résilient, ce qui nous permettra de nous propulser dans d’autres initiatives de la sorte », explique Louise, qui se refuse néanmoins à « créer un produit pour seulement créer un produit ».