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Cultiver plus en polluant moins

27 juillet 2020 - Amélie Cournoyer, Journaliste inspiratrice

Gestion AgrIA lance un super projet pour augmenter la productivité dans les champs du Québec et, du même coup, diminuer les émissions de gaz à effet de serre (GES) des agriculteurs. On parle ici d’une bonne idée!

Avec une population qui pourrait atteindre 10 millions de personnes au Québec en 2066, le secteur agricole aura de plus en plus de bouches à nourrir. En 2017, il comptait déjà pour 10 % des émissions de GES de la province. C’est donc tout un défi qui s’en vient : augmenter la productivité dans les champs tout en réduisant la contribution de l’agriculture aux changements climatiques. 

C’est pourquoi Gestion AgrIA propose une solution basée sur l’intelligence artificielle permettant de suivre en temps réel les principaux facteurs de stress des cultures, comme la sécheresse, le manque de nutriments, la présence d’insectes, les vagues de froid ou de chaleur et les maladies fongiques et bactériennes, explique Rock Chabot, agronome, microbiologiste et chercheur senior en sciences agronomiques chez Hortau, une entreprise de Lévis spécialisée dans la conception de systèmes de gestion de l’irrigation. « L’objectif du projet est d’assurer un rendement optimal des cultures tout en réduisant la consommation d’eau et d’énergie, l’utilisation de fertilisants et de pesticides et la perte de nutriments », précise-t-il.

Un partenariat prometteur

Gestion AgrIA est un organisme à but non lucratif fondé par trois partenaires : Hortau, les fermes Tri-Jardins à Saint-Léonard-d’Aston et la ferme Houblon des Jarrets Noirs à Saint-Bernard, en Beauce. L’OBNL a été formé en réponse à l’appel de projets du gouvernement du Québec visant la réduction des émissions de GES des secteurs agricole et agroalimentaire. 

C’est ainsi qu’en septembre 2019, Gestion AgrIA a décroché une subvention de 4,7 millions de dollars du gouvernement du Québec par l’entremise du Fonds vert pour développer son système Gestion multivariée des productions agricoles pour augmenter la productivité et réduire les GES. Le budget total du projet, soutenu notamment par le programme fédéral Technologies du développement durable Canada (TDDC), avoisine les 13 millions de dollars. Le projet se poursuivra jusqu’en mars 2022.

Une agriculture intelligente

Dès 2017, les bases de cette technologie intelligente 100 % québécoise – des capteurs de tension – ont été implantées dans les champs des fermes Tri-Jardins, spécialisées dans la culture de pommes de terre, et de la ferme Houblon des Jarrets Noirs. 

L’alliance est simple, explique Francis Gagné, propriétaire de cette dernière. « Je fournis les champs et les données et l’équipe de Hortau les analyse afin d’éprouver son système. » Ce producteur de houblon espère voir son rendement augmenter grâce au système intelligent développé par Hortau.

Par ailleurs, les producteurs peuvent prendre connaissance des données et gérer leur système d’irrigation à partir de leur téléphone intelligent ou de leur portable. Le propriétaire des fermes Tri-Jardins, Raphaël Desjardins, estime que le système lui permettra de réduire considérablement le nombre d’heures passées dans les champs, un avantage non négligeable quand on sait que la main-d’œuvre agricole se raréfie.

Je peux tout voir en temps réel sur mon téléphone pour éviter les problèmes.

« Mon frère et moi, on ne sera plus obligé de faire du “camping de pick-up” toutes les nuits pour s’assurer que ça se passe bien dans les champs. Je peux tout voir en temps réel sur mon téléphone pour éviter les problèmes. Et puis, les systèmes d’irrigation s’éteignent automatiquement avant de faire des dommages », cite-t-il en exemple.

Cette automatisation permet aussi de réduire les passages de la machinerie dans les champs – des engins émetteurs de GES. La compaction des sols, qui contribue entre autres aux pertes d’azote par ruissellement – ce qui pollue les cours d’eau – et aux émissions de protoxyde d’azote (N2O) découlant de la dénitrification (transformation des nitrates du sol en azote gazeux), est également diminuée.

C’est une bonne nouvelle, car le N2O est un GES ayant un potentiel de réchauffement planétaire 310 fois plus élevé que le gaz carbonique (CO2)! Selon le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec, « le N2O en provenance des sols agricoles du Québec représente plus de 28,1 % des émissions totales de GES du secteur agricole. »

Station Hortau
Pompage et fertigation
Pompage et fertigation

Un système ingénieux

Une fois le projet terminé en 2022, Hortau vise l’intégration de sa technologie à plus de 150 000 acres de cultures au Québec. L’entreprise prévoit ainsi éviter l’émission de près de 200 000 tonnes de CO2 en dix ans. « La réduction des GES mise sur deux principaux éléments : diminuer la consommation d’énergie nécessaire au pompage de l’eau qui sert à irriguer les champs et réduire l’utilisation d’engrais et d’azote, surtout », précise Rock Chabot. Le système en cours de développement agit justement sur ces deux éléments en optimisant l’irrigation (arroser au bon endroit et uniquement au besoin) et en fractionnant la fertilisation grâce à la fertigation (fertilisation réalisée au moyen d’un système d’irrigation automatisé). 

 On ne fait pas de miracles, mais on a un objectif et c’est de réduire les pertes, la consommation d’eau et les émissions de GES 

Alors que le système d’irrigation de base de Hortau contribuait déjà à une économie d’eau de 30 à 40 % selon les cultures, cette nouvelle technologie gonflera ces chiffres d’un autre 30 %, en plus de diminuer l’utilisation des pesticides de 25 % et de couper de 20 à 30 % l’azote présent dans l’engrais. « On ne fait pas de miracles, mais on a un objectif et c’est de réduire les pertes, la consommation d’eau et les émissions de GES », conclut Rock Chabot.