Unpointcinq
Caroline Perron

Festif, mais pas que

À Baie-Saint-Paul, on sait faire la fête avec panache… et un minimum de gaz à effet de serre.

Du 20 au 23 juillet dernier, la petite ville de Baie-Saint-Paul a vu sa population passer de 7 000 à 42 000. L’attraction qui fait courir les foules? Le Festif, un petit festival indépendant géré par un organisme citoyen pour qui la lutte aux changements climatiques est une priorité.

Le Festif a pris des moyens de plus cette année pour s’assurer de minimiser la production de gaz à effet de serre des festivaliers. « Des navettes partaient de Québec pour se rendre au festival le vendredi », explique Anne-Marie Dufour, responsable du comité environnement du festival. « D’autres permettaient de se rendre sur les sites, une station à vélos était à la disposition des festivaliers sur le site et on a fermé la rue Saint-Jean-Baptiste à la circulation automobile », ajoute-t-elle.

Si la réduction de l’empreinte carbone des festivaliers est son premier objectif, Mme Dufour y voit aussi un moyen de faire changer la mentalité des gens : « On veut montrer aux gens que laisser l’auto à la maison ou au camping pour aller au Festif, c’est non seulement souhaitable, mais c’est aussi facile. »

 

Une gousse d’ail de déchets par personne

Le Festif a aussi pris un engagement pour compenser le carbone qu’il produit. « On calcule tous les déplacements des artistes, des gens qui viennent travailler au Festif, pour ensuite calculer le nombre d’arbres qui seront plantés à l’automne », affirme la responsable.

La plantation d’arbres est confiée à la Coop de l’arbre, un organisme de la région qui certifie l’effort en lutte aux changements climatiques du Festif et affirme que l’édition 2017 du festival montre des signes d’amélioration de son bilan en comparaison avec celle de 2016. « Cette année, avec 35 000 festivaliers, on observe une production de cinq grammes de déchets par festivalier, soit environ une gousse d’ail de déchets par personne », explique Antoine Suzor, coordonnateur de la Coop. Preuve selon lui que, malgré le grand nombre de festivaliers, « le système de gestion des déchets tient le coup ».

Quantité de déchets produits457,9 kg
Quantité de déchets recyclables ou compostables377,3 kg
% de déchets recyclables ou compostables82,4%

 

Artistes et festivaliers à la même enseigne

Un résultat impressionnant qui, selon Mme Dufour, s’explique de différentes manières : « On a cessé d’offrir des verres jetables pour toutes les boissons dans les bars. On opte plutôt pour des écocups pour servir la bière. On donne des bouteilles d’eau réutilisables aux artistes, travailleurs et festivaliers qui en veulent », mentionne-t-elle en précisant que des points d’alimentation en eau potable ont été ajoutés sur le site cette année.

Toute la nourriture disponible sur le site est aussi servie dans des contenants compostables et consommée avec des ustensiles également compostables. Artistes invités ou festivaliers, tout le monde est servi à la même enseigne!

Et ici, on aime les produits locaux. Selon le bilan environnemental de 2016, 100 % des produits servis au Festif proviennent de fournisseurs situés à moins de 100 km de la ville de Baie-Saint-Paul. Comme la bière, qui provient de la microbrasserie de Charlevoix, située à quelques minutes à peine du centre-ville.

 

Source d’inspiration

« Le Festif, c’est beaucoup plus qu’un festival, c’est une expérience. Les gens peuvent voir des spectacles de Daniel Bélanger partout au Québec, mais ici, il y a la communauté qui vient avec », lance Mme Dufour avec fierté. « Quand le festival se termine, c’est toujours surprenant de voir à quel point la ville est propre. Même après les shows, il n’y a presque pas de déchets dans la ville », ajoute-t-elle.

En misant sur la bonne entente entre la ville et l’organisation du festival, Mme Dufour souhaite voir du changement dans la ville de Baie-Saint-Paul. « On espère inspirer [les citoyens], travailler ensemble pour qu’eux aussi adoptent des pratiques plus durables dans la ville. »

 
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Francis Beaudry

Francis Beaudry

Apprenti coureur, nageur endurci, fougueux horticulteur et sensei des jeux vidéo, Francis diversifie ses passe-temps tout comme ses sujets pour Unpointcinq. Il croit, en effet, que les actions en changement climatique se ramifient énormément et il prend plaisir à scruter tous les thèmes sous cet angle. Diplômé en science politique et en journalisme, il rêve de réaliser son propre documentaire sur l’industrie du reboisement. Il applique la méthode Oréo en entourant de blagues son franc-parler. Sa maxime de vie? Rester chill.