Subventionner le vélo électrique pour stimuler la micromobilité

Homme insérant une batterie de vélo électrique
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©Shutterstock/aerogondo2
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19 septembre 2022 - Suzanne Lareau, Experte en mobilité durable; transport actif et collectif

Le vélo à assistance électrique (VAE) a déboulé dans nos rues il y a plus de 10 ans maintenant. Et contrairement à ce que l’on pourrait penser, son usage est bel et bien considéré comme de la mobilité active. Il se distingue des autres petits engins électrifiés comme la trottinette ou le skate. Ceux-ci ne sollicitent pas notre énergie et sont donc moins intéressants pour la santé que la marche et le vélo, qui nous permettent de nous activer physiquement tout en nous déplaçant sans émettre de gaz à effet de serre.

Oui, malgré son petit moteur, le VAE active les jambes et le cœur. Des études ont démontré que ce moyen de transport améliore la forme physique, car l’assistance électrique… assiste littéralement! Elle ne fait pas tout le travail puisqu’une impulsion humaine est requise pour démarrer et rouler.

Il ne faut pas le confondre avec le scooter électrique, plus lourd et plus rapide, qui ne répond pas aux critères de la micromobilité (voir encadré). Il est d’ailleurs interdit sur la plupart des voies cyclables.

Plus d’options pour se déplacer autrement qu’en auto, c’est bien, mais ma crainte avec les engins électriques et même avec le VAE, c’est qu’on en vienne à valoriser les déplacements électriques au détriment de la marche et du vélo.

Le VAE pour remplacer la voiture, pas le vélo

Prenez le cas du Bixi à assistance électrique. Il apporte une précieuse aide à ceux et celles qui doivent grimper des côtes. Mais si vous parcourez 3 km sur un terrain plat, il est plus efficient de le faire avec un Bixi régulier. On ne peut pas tout électrifier pour s’éloigner des énergies fossiles sans penser aux enjeux environnementaux qui nous pendent au bout du nez avec la confection et le recyclage des batteries. Un VAE coûte plus cher à l’achat et à l’entretien. C’est le coût de l’électrification. Convertir un déplacement actif en un déplacement électrique n’a aucun sens! Modifier un déplacement produit par l’énergie fossile par un déplacement électrique ou actif, c’est le transfert modal souhaité et nécessaire pour contrer la crise climatique.

Là où le VAE est génial, c’est qu’il permet d’effectuer un trajet qu’on ne pouvait réaliser à vélo. Vous travaillez à 10 km de la maison, votre trajet comporte de bonnes montées, etc.? Le VAE fait tomber la barrière des distances et du dénivelé! On commence même à l’adopter pour remplacer la deuxième voiture. Un maudit bon coup pour votre budget et pour la planète. Une auto coûte autour de 10 000 $ par année et un vélo électrique autour de 3500 $ à l’achat, valable pour plusieurs années de service.

Faire croître le vélo et le VAE

En France, on offre 400 euros aux bas salariés qui se procurent un vélo électrique. À l’Île-du-Prince-Édouard et en Nouvelle-Écosse, des remises de 500 $ sont offertes à ceux et celles qui achètent un VAE et de 100 $ à ceux et celles qui font l’acquisition d’un vélo ordinaire. L’État de New York offre 1100 $US pour l’achat d’un VAE et plusieurs États sont en train de lui emboîter le pas avec des montants variables.

Pendant ce temps au Québec, le programme Roulez vert offre jusqu’à 7000 $ pour l’achat d’une auto électrique, 2000 $ pour une moto électrique et 500 $ pour un scooter électrique. Pour un VAE ou un vélo, on n’offre rien! Comme si on ne croyait pas au potentiel de transfert modal du vélo et du VAE alors qu’il est bien réel!

Le Québec, avec son réseau cyclable, son Tour de l’île et sa Route verte est vu comme le champion du vélo en Amérique du Nord. Alors pourquoi traîne-t-il la patte pour mettre en place les mesures d’écofiscalité qui accéléreraient l’adoption de nouveaux comportements? Vélo Québec profite justement de la campagne électorale pour réclamer au futur gouvernement une remise de 800 $ pour ceux et celles qui se procurent un VAE. Selon moi, une subvention de 250 $ pour ceux et celles qui achètent un vélo ordinaire serait la bienvenue aussi.

Et si vous en touchiez un mot à vos candidates et candidats vous aussi? C’est le moment!

La micromobilité, c’est quoi?

Un déplacement effectué avec un petit véhicule, pour de courts trajets (moins de 10 km) sans combustible fossile. L’énergie humaine et/ou électrique nous propulse, et la vitesse atteinte ne dépasse pas 25 km/h.

Attention, micromobilité ne signifie pas pour autant mobilité active. Celle-ci inclut la marche, le vélo ou encore le patin aligné : tout déplacement propulsé par l’énergie humaine et parfois en combinant une assistance électrique.

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