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Ton hiver ne sera plus un hiver

20 décembre 2019 - Olivier Roy-Baillargeon, Consultant en aménagement du territoire et mobilité durable

Ma belle Camille d’amour,

Depuis ta naissance, il y a un peu plus de trois ans, je m’émerveille avec toi devant le passage des saisons. Chaque année, le premier matin où Mère Nature déroule son beau tapis blanc sous tes pieds, ton enthousiasme m’emplit de bonheur et réchauffe mon cœur.

Comme toi, j’adore les longues soirées d’été, leur chaleur enveloppante et leur luminosité énergisante, mais rien ne me replonge autant dans l’enfance que sortir courir dans la première neige. Après tout, comme le chante si bien ton cher Gilles Vigneault, ton pays, ce n’est pas un pays, c’est l’hiver.

Si je prends le temps de t’écrire, aujourd’hui, c’est pour t’inviter à savourer pleinement chaque moment où tu te laisses glisser jusqu’à la garderie dans ton traîneau magique. Chaque instant où tu dégustes avec passion la nouvelle neige fraîchement tombée dans la cour. Parce que d’ici à ce que tu puisses vivre d’aussi beaux moments, à ton tour, avec tes enfants, ton hiver, ce ne sera plus un hiver, ce sera gris.

Les villes du Québec regorgent encore de lieux féeriques où tu peux sortir glisser, patiner, faire de la raquette et t’amuser. Dans quelques années, toutefois, les changements climatiques risquent de t’empêcher d’en profiter. Depuis la mi-novembre seulement, la pluie a déjà fait disparaître la neige – et ton sourire – à trois reprises. Il va falloir s’y habituer : la météo laisse présager un hiver mouillé et glacé, encore cette année.

Si l’humanité ne parvient pas rapidement à endiguer la crise climatique, d’ici à 2050, quand tu seras maman, l’hiver sera plus court d’un ou de deux mois, les épisodes de dégel et de regel seront plus nombreux, et la neige sera de plus en plus remplacée par de la pluie. Toi qui prends tellement plaisir à l’hiver, tu pourrais bien avoir à choisir entre le subir ou le fuir.

D’ici à ce que ta génération ait l’âge de prendre les choses en main, c’est à la mienne qu’il appartient de te léguer un hiver urbain qui te permettra de t’épanouir. Fort heureusement, mes collègues urbanistes débordent d’imagination pour réinventer la ville d’hiver, et un nombre croissant de municipalités québécoises semblent prêtes à relever ce défi à leurs côtés.

Chaque geste compte, des plus petits aux plus grands : mieux déglacer les trottoirs au lendemain des épisodes de verglas, déneiger en priorité les trottoirs des corridors les plus achalandés, entretenir les pistes cyclables toute l’année. On dispose déjà de tout le savoir-faire nécessaire pour permettre à tout le monde de savourer l’hiver, pendant qu’il est encore temps.

Comme toi, je me désole chaque automne de voir les terrains de jeu où tu aimes tant grimper et te balancer fermer leurs portes jusqu’à l’été. Je caresse encore l’espoir fou qu’un jour, les villes nordiques seront aménagées par et pour les petites filles dans leur traîneau, plutôt que les adultes dans leur auto. J’en fais ma mission personnelle, en ton nom et en celui de ta génération. Parce que, comme le chante Vigneault, « c’est pour toi que je veux posséder mes hivers! »