Déchets des épiceries : la fin des haricots?

Cartons vides, aliments périmés, pellicules plastique souillées : un supermarché, ça génère beaucoup de déchets… et de gaz à effet de serre! Mais grâce à une initiative de l’association Jour de la Terre Québec, la certification Action Réduction aide les épiceries à réduire et à valoriser leurs matières résiduelles.

Alimentation / 30 juillet 2018
Moins de GES !

La carotte plutôt que le bâton : c’est l’approche privilégiée par le programme de gestion des matières résiduelles (GMR) du Jour de la Terre. En 2014, cet organisme, qui aide les personnes et les organisations à diminuer leur impact sur l’environnement, a mis en place une certification dont le but est de mettre en valeur les actions visant à réduire les quantités de déchets envoyés à l’enfouissement.

Rayon épiceries, seul Sobeys Québec, par l’entremise de ses supermarchés IGA et IGA Extra, s’est lancé dans le projet. Sur les 294 magasins du groupe, 238 participent au programme GMR du Jour de la Terre, parmi lesquels 116 ont reçu la certification Action Réduction.

Valoriser 90 % des déchets

Le but est notamment de diminuer la part des matières envoyées à l’enfouissement ou à l’incinération en privilégiant la transformation des produits et les dons alimentaires, explique Océane Barth, coordonnatrice en gestion des matières résiduelles au Jour de la Terre.

« Grâce à une personne-ressource, qui sera sur le terrain au quotidien et pourra transmettre l’information aux employés des différents rayons, on peut mettre en place des voies de collecte pour récupérer le carton, les pellicules plastique, le gras et les os, les huiles, le recyclage ou encore les matières organiques. L’objectif est de valoriser plus de 90 % des matières résiduelles. » Ce taux de valorisation est calculé à partir des données consignées par les responsables des magasins dans un logiciel partagé appelé Metrio, précise-t-elle.

Ça fait patate

Bronze, argent, or, platine ou diamant

Selon leur degré d’engagement et leur taux de valorisation (matières détournées de l’élimination par rapport à la quantité totale de matières générées), les magasins atteignent un niveau de certification plus ou moins élevé. Le premier échelon, baptisé « Je m’engage », témoigne de la volonté du magasin à progresser, à utiliser le logiciel Metrio et à collecter le carton et la pellicule plastique. Viennent ensuite les autres échelons de certification.

Source: Jour de la Terre Québec

Il y a un an et demi, le magasin IGA Marché Barcelo, dans le quartier Rosemont, à Montréal, a atteint le niveau Platine. « La certification et le Jour de la Terre nous ont non seulement permis de consolider notre politique interne en matière de recyclage et de compostage, mais aussi de nous aider à trouver des organismes à qui faire des dons afin de réduire nos déchets », explique Luc Prazeres, directeur adjoint du supermarché.

« Comme les dons alimentaires font partie intégrante de la stratégie Action Réduction, d’ici 2020, nous prévoyons que tous les IGA vont faire des dons grâce à leur participation au Programme de récupération en supermarché développé par les Banques alimentaires du Québec », ajoute Océane Barth. Ils pourront alors obtenir la mention « + » s’ils font des dons alimentaires provenant d’au minimum trois rayons différents sur une base hebdomadaire.

Par exemple, au moment de notre rencontre, le taux de valorisation d’IGA Marché Barcelo atteignait 79 %. Luc Prazeres avait d’ailleurs bon espoir de dépasser les 80 % afin de décrocher la certification diamant. « Il va falloir faire un travail de sensibilisation, mobiliser les troupes, continuer la formation des employés, mais je suis convaincu qu’on va aller chercher la coche qui manque et réussir », conclut-il.

Selon le calculateur du FAQDD, le Fonds d’action québécois pour le développement durable, une tonne de matières résiduelles destinées :

  • à l’enfouissement (collecte et transport des matières et méthane produit dans le site d’enfouissement) émet 1670 kg d’équivalent CO2, soit l’équivalent d’environ 4 allers-retours Montréal-Gaspé en voiture.
  • au compostage (collecte et transport des matières et utilisation de matériel sur le site de compostage) émet 30 kg d’équivalent CO2, soit l’équivalent d’environ un aller Montréal-Trois-Rivières en voiture.
  • au recyclage (collecte et transport des matières) émet 10 kg d’équivalent CO2, soit l’équivalent d’environ un aller Montréal-Repentigny en voiture.
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