© Cultiver l'espoir

Champs d’actions

Lancée début mai, la quatrième saison du projet Cultiver l’espoir vise à récolter 120 tonnes de légumes cet été, soit l’équivalent du poids d’environ 30 éléphants mâles d’Afrique. Une façon géniale de limiter les gaz à effet de serre tout en contribuant à nourrir les plus démunis. Et on ne vous raconte pas de salades!

Alimentation Économie Wow / 09 juillet 2018
Moins de GES !

À la fin des années 2000, lorsque Sylvie Rochette a appris que la Ville de Montréal possédait des terres agricoles inutilisées à Senneville, à l’extrémité ouest de l’île, ça a fait tilt dans sa tête. Pourquoi ne pas y cultiver des légumes frais à l’intention des personnes défavorisées?, s’est-elle demandé.

En 2015, Cultiver l’espoir était né. Instauré par l’organisme Regroupement Partage, que dirige Sylvie Rochette, ce projet d’agriculture urbaine et biologique fait d’une pierre trois coups : contribuer à la réinsertion sociale des jeunes en difficulté qui travaillent sur les terres jadis inexploitées, nourrir de légumes frais les Montréalais à faible revenu et limiter le recours à des denrées importées dont le transport pèse lourd sur le bilan carbone.

À tel point que, depuis 2015, 224 tonnes de carottes, de choux et de rutabagas ont été récoltés sur les terrains prêtés à l’organisme par la Ville de Montréal. Un peu plus de la moitié des récoltes est destinée aux banques alimentaires Moisson Montréal, Mission Bon Accueil et Jeunesse au Soleil, explique Sylvie Rochette. Histoire de financer le projet, 45 % de la récolte est vendue dans quelque 300 supermarchés Metro et Super C du Québec. En achetant les légumes de Cultiver l’espoir, les consommateurs québécois agissent face aux changements climatiques tout en prenant soin de leur santé, sans parler des autres avantages du projet, souligne-t-elle.

Alors que Cultiver l’espoir entame sa quatrième saison, Sylvie Rochette – une battante qui a vaincu le cancer – est plus optimiste que jamais. « Le partenariat avec Metro, qui s’est engagé à acheter une partie de notre récolte de légumes, a représenté une étape déterminante pour la pérennité du projet », souligne-t-elle.

Preuve de sa pertinence, le projet a remporté le prix Action 2017 de la Fondation David Suzuki, qui récompense des projets socio-environnementaux inspirants. La directrice générale et cofondatrice du Regroupement Partage vise maintenant l’autofinancement de Cultiver l’espoir d’ici 2023. Elle rêve aussi que d’autres villes du Québec s’approprient le concept.

La culture des légumes biologiques de Cultiver l’espoir, qui occupe actuellement 6 hectares de terres agricoles, est appelée à s’étendre sur 27 hectares d’ici 2023, estime le Regroupement Partage. Alors que l’objectif de récolte est de 120 tonnes cette année, à terme, c’est presque 5 fois plus de légumes qui pourront être mis dans l’assiette des Québécois.

Les avantages d’une agriculture urbaine locale et biologique

Pour l’environnement

  • Réduction des gaz à effet de serre : cultiver localement permet d’éviter les 2400 km parcourus en moyenne par un aliment du champ à la table. La culture de légumes biologiques évite aussi l’utilisation de pesticides friands de gaz à effet de serre.
  • Lutte contre les îlots de chaleur : les végétaux libèrent de la vapeur d’eau, ce qui refroidit l’air ambiant.
  • Amélioration de la qualité de l’air : le feuillage de la végétation filtre les particules en suspension dans l’air.
  • Réduction des eaux de ruissellement et recharge des nappes phréatiques.
  • Conservation de la biodiversité, nécessaire aux pollinisateurs.

Pour l’économie et la société

  • Autonomie et sécurité alimentaire.
  • Développement d’un réseau social et d’un sentiment d’appartenance envers les agriculteurs et la communauté.
  • Sensibilisation de la population aux réalités des activités agricoles.
  • Acquisition d’habiletés et de connaissances utiles pour la réinsertion sociale et économique.

Sources : Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation et Université de Sherbrooke

Champs d’actions 4min.