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Champignons magiques

Récolter localement des résidus de café et de bière pour faire pousser des pleurotes, ces délicieux champignons comestibles ? C’est l’idée géniale derrière Blanc de gris, la première champignonnière montréalaise. Un terreau fertile d’action face aux changements climatiques !

Mardi, 10 h. Au café Monopole, dans le Vieux-Montréal, Dominique Lynch-Gauthier, 37 ans, la dynamique cofondatrice de Blanc de gris, commence sa run de café. Elle n’est pas là pour boire un espresso, mais bien pour repartir avec du précieux marc de café, un produit qu’elle récupère deux fois par semaine dans quatre cafés situés à moins de sept kilomètres de sa champignonnière, établie au cœur du quartier Hochelaga, à Montréal.

« Le marc de café a plein de nutriments intéressants pour les pleurotes, dont l’azote, qui accélère la croissance », explique-t-elle.

L’idée derrière Blanc de gris a pris naissance lorsque Dominique, diplômée en environnement et en développement durable, a réalisé que l’association du marc de café et des drêches de brasserie, ces « déchets » organiques issus de la fabrication de la bière, fait des merveilles pour la culture des pleurotes. L’entreprise, née dans le sous-sol de Dominique, a été lancée en 2015 après moult expérimentations conduites avec sa partenaire, Lysiane Roy-Maheu.

Depuis, les champignons de Blanc de gris ont un succès bœuf : du Toqué! à l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec, les restaurateurs montréalais s’arrachent ces pleurotes charnus livrés le jour de leur cueillette. Bref, en combinant agriculture urbaine et économie circulaire, cette myciculture contribue doublement à réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) : elle évite l’enfouissement de matières organiques tout en approvisionnant des restaurateurs de proximité.

Terrain de spores

Les mycicultrices cultivent leurs champignons dans les serres intérieures d’un immeuble industriel qui subliment les conditions de la forêt, notamment en ce qui a trait au contrôle de l’humidité et de la température. De dodus pleurotes y poussent dans les parois trouées de seaux de plastique blanc empilés les uns sur les autres. À l’intérieur, le marc de café est mélangé à la drêche recueillie à la microbrasserie Espace public, située à moins d’un kilomètre, ainsi qu’à des granules de bois et à de la paille. La production s’étale sur 12 semaines.

Les pleurotes sont cultivées dans six serres où température et humidité sont hyper contrôlées.
Les pleurotes de Blanc de gris poussent dans seaux troués et empilés les uns sur les autres.

Le défi principal est de cultiver le « bon » champignon, selon Dominique. « En recréant les conditions propices au développement de champignons, on s’expose à la contamination des cultures par les moisissures. Si elles prennent la place du pleurote dans le substrat, cela va affecter grandement les rendements », ajoute-t-elle.

Les deux partenaires accordent beaucoup d’importance à la réduction des gaz à effet de serre, tant dans l’exploitation de l’entreprise que dans la production et la distribution des champignons. Dominique réfléchit d’ailleurs à des façons de valoriser d’autres types de résidus organiques afin de faire naître des cultures similaires à celle des pleurotes. D’ici là, elle aime bien penser que sa production pourrait servir d’exemple pour d’autres champignonnières en milieu urbain. De quoi inspirer d’autres amateurs de spores…

La matière organique, alliée de l’action face aux changements climatiques

  • Détourner de l’enfouissement le marc de café et la drêche de bière évite l’émission du méthane (CH4), un gaz à effet de serre 23 fois plus puissant que le CO2, selon Recyc-Québec.
  • L’agriculture urbaine et locale dans le but d’approvisionner des restaurateurs de proximité évite les importantes quantités de GES émises par le transport des aliments. Au Québec, le transport routier à lui seul représentait environ le tiers des émissions totales de GES en 2013.