À partir de la rentée, Vikie Pedneault animera l'émission Drôlement débrouillards! à Télé-Québec. ©️Courtoisie Télé-Québec
Éduquer sans alarmer et parler des changements climatiques autrement, ce sont les objectifs de Vikie Pedneault. Que ce soit par l’entremise d’un casque de réalité virtuelle ou des réseaux sociaux, cette influenceuse sait susciter l’émerveillement à propos du fleuve Saint-Laurent.
Par Marie-Jeanne Bazin et Alexis Lafrance, jeunes journalistes du Laboratoire des jeunes journalistes en environnement (LJJE) – Cohorte 2025
Marie-Jeanne Bazin: Est-ce que vous pouvez nous parler de votre parcours professionnel?
Vikie Pedneault: Ouais… y a eu beaucoup de choses, donc je vais sélectionner certains éléments [lance-t-elle en riant]. J’ai fait tout mon secondaire en théâtre et en improvisation, ensuite, au cégep, je suis allée en sciences naturelles parce que je voulais faire de la biologie. […] Après ça, j’ai fait mon bac en biologie, j’ai fait plusieurs stages […] notamment sur les tourbières […]. Puis, j’ai ramassé mes sous pour lancer mon entreprise, qui s’appelle La Baleine Nomade. C’est une entreprise qui éduque les jeunes et les moins jeunes à propos des baleines et des requins du Saint-Laurent. Après ça, je suis devenue communicatrice sur les réseaux sociaux, de fil en aiguille.
Alexis Lafrance: Quel est l’objectif de La Baleine Nomade?
L’objectif, c’est d’amener les jeunes à être fascinés par les mammifères marins et le fleuve Saint-Laurent, parce qu’en général, quand on est fasciné par quelque chose, on a plus tendance à vouloir le protéger. Fait que la baleine, c’est vraiment amener l’émerveillement dans les classes à propos du fleuve avec des outils novateurs : au lieu d’apporter juste un morceau d’os, on vient avec un casque qui permet, grâce à la réalité virtuelle, de voir comme les bélugas.
On a des casques d’immersion où tu vas faire des plongées avec des baleines, on a des jeux où tu te transformes en détective de requins et tu fais de la photo identification, comme le ferait un biologiste sur des espèces de requins. […] Chaque fois que je rencontrais des experts en communication environnementale ou des scientifiques, je leur demandais quelle est la meilleure chose à faire pour aider la planète […]. La réponse était toujours la même : c’est l’éducation. Je me suis dit qu’on ne pouvait pas faire ça tout seul, qu’il faudrait qu’on soit une « gang », fait que j’ai démarré La Baleine Nomade parce que c’est un outil d’éducation qui est fascinant et positif. En plus, les baleines sont fascinantes et [c’est] un sujet plus facile à aborder que d’autres.
Tsé, je n’ai pas l’air d’une personne inatteignable, une espèce de grano hippie végane qui fait zéro trace partout. J’ai l’air d’une personne parfaitement standard et c’est ce que j’essaie de mettre de l’avant en faisant des sketches humoristiques.
Vous êtes une créatrice de contenu. Qu’essayez-vous de mettre de l’avant sur vos réseaux?
Ce que j’essaie de mettre de l’avant, c’est le moins de communication sur l’environnement possible, de sorte que les gens ne se rendent pas compte à quel point je suis engagée. Ils s’identifient facilement à moi et se disent : « Ah, elle parle d’affaires normales et elle dit des niaiseries comme nous autres. » Tsé, je n’ai pas l’air décalée, je n’ai pas l’air d’une personne inatteignable, une espèce de grano hippie végane qui fait zéro trace partout. J’ai l’air d’une personne parfaitement standard et c’est ce que j’essaie de mettre de l’avant en faisant des sketches humoristiques. Mon but, c’est donc de faire en sorte que les gens s’identifient à moi pour que, lorsque je parle dans des contextes scientifiques ou environnementaux, comme ils m’apprécient déjà pour mes niaiseries, ils soient plus ouverts à ce que j’ai à dire professionnellement.
En quoi les réseaux sociaux peuvent-ils contribuer à la lutte contre les changements climatiques?
Les gens vont sur les réseaux sociaux pour se divertir et ils ont même, dans une bonne mesure, une dépendance à ceux-ci pour se divertir. Si on leur enlevait les réseaux sociaux du jour au lendemain, ils trouveraient qu’il y a un manque dans leur vie. Probablement qu’ils consomment les réseaux sociaux plus souvent ou longtemps qu’ils le voudraient vraiment, alors ce sont tous les signes d’une dépendance. Et c’est le monde dans lequel on vit. Je ne suis pas en train d’attaquer qui que ce soit : on a tous une forme de dépendance et je ne suis pas dans le jugement. Mais je pense que d’essayer de combattre cette dépendance-là, pour l’instant, ça ne me paraît pas être une lutte facile à remporter.
Alors, moi, j’essaie d’offrir du meilleur contenu, d’offrir quelque chose qui éveille un petit peu plus, qui ne met pas de l’avant les valeurs de consommation qu’on voit dans tout le reste des contenus. J’essaie d’offrir un contenu qui est différent et qui suscite certaines réflexions, ou qui présente des sujets qui sont différents et, déjà, ça sort du lot, parce que des filles ou des gars qui montrent leurs achats Amazon, y en a un million. Mais du monde qui parle des dauphins du Saint-Laurent, y en a pas beaucoup. Ça me permet d’amener du contenu intelligent sur la plateforme.
L’expérience de rédaction de Marie-Jeanne
J’ai beaucoup aimé l’entrevue avec Vikie Pedneault, j’ai trouvé son travail sur les réseaux sociaux intéressant et pertinent. La rédaction de cet article m’a plu, car elle m’a permis d’en apprendre plus sur l’écriture et le journalisme.
L’expérience de rédaction d’Alexis
J’ai aimé rédiger cet article, Vikie Pedneault était très sympathique et l’entrevue s’est très bien déroulée. Une magnifique expérience de journalisme!



