Élections, environnement et représentation de la jeunesse

Municipales 2025, élections municipales, élections municipales Québec.
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©Alexandru Nika/shutterstock
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Comment les enjeux qui intéressent les jeunes peuvent-ils être pris en considération si la génération n’est pas représentée à sa juste proportion dans les conseils municipaux?

Par Mélodie Neveu et Rose-Marie Cantin, du Laboratoire des jeunes journalistes en environnement (LJJE) – Cohorte 2025 

Pour la deuxième année, les jeunes journalistes du LJJE s’essayent à la radio! Maude Desbois, animatrice de l’Effet durable diffusée sur les ondes de CIBL (101.5FM), les accueille dans son émission pour une nouvelle série de chroniques. Premières invitées: Mélodie et Rose-Marie. Elles reviennent sur les élections municipales de l’automne et sur la sous-représentation des jeunes au sein des conseils municipaux.


Pour écouter la chronique complète diffusée dans L’Effet Durable du 25 novembre 2025, c’est par ici. Bonne écoute! 🎧

Élus, les jeunes viennent avec leurs aspirations

On n’en parle pas souvent, mais la représentation des jeunes en politique est très importante. Au Québec, l’électorat des 18 à 35 ans représente environ 28% de la population, soit plus du quart de la population totale. Lorsqu’elles et ils sont élus, les jeunes viennent avec leurs aspirations, comme la lutte contre les changements climatiques et la protection de l’environnement. Leur implication pourrait donc changer beaucoup de choses dans les municipalités.

C’est d’autant plus important que les municipalités jouent un rôle central dans la lutte et l’adaptation aux changements climatiques. Ainsi, les jeunes devraient être plus représentés en politique municipale, puisque c’est de leur avenir dont il est question. Les jeunes devraient pouvoir faire entendre leur voix, contribuer et, d’une certaine façon, décider de leur avenir.

Malheureusement, ce n’est pas ce que l’on voit pour le moment : on est loin d’avoir une représentation des jeunes proportionnelle à la place qu’occupent les moins de 35 ans dans la société. Aux dernières élections, seuls 8,4% des conseillers et conseillères avaient entre 18 et 34 ans et seulement 2,3 % des maires et mairesses à l’échelle de la Province. Alors, il nous reste du travail à faire pour obtenir une bonne représentation.

Doute et d’impuissance 

En effectuant nos recherches, nous avons trouvé plusieurs pistes d’explication dans une étude réalisée en 2022 par Ipsos Québec sur les jeunes et la politique. Tout d’abord (et ce n’est pas vraiment nouveau), il y a une perte de confiance des 18 à 34 ans envers le système politique. Ils et elles reprochent par exemple aux personnes impliquées en politique de ne pas tenir leurs promesses. Encore selon cette étude, un jeune sur cinq ne rend pas aux urnes pas parce qu’il pense que son vote n’a pas d’importance. Pourquoi voter si, au final, tes idées ne sont pas représentées ? 

Les jeunes ont aussi un sentiment de doute et d’impuissance face à leur compréhension des enjeux politiques, selon Malorie Flon, la directrice générale de l’Institut du Nouveau Monde, un organisme qui vise à hausser la participation citoyenne. Parfois, ils ne connaissent peu ou pas le système électoral et préfèrent donc s’abstenir d’y participer. La période de changements multiples qui s’ouvre pour les jeunes adultes (quitter la maison familiale, commencer à bâtir sa vie, etc.), contribue certainement aussi à limiter l’intérêt pour les enjeux politiques. 

Mais cette situation de désintérêt et de désengagement ne repose pas que sur les jeunes. On doit aussi se demander si les partis politiques ont fait ce qu’il faut pour aller les chercher là où ils sont, par exemple sur les réseaux sociaux. Les partis semblent communiquer davantage avec des méthodes traditionnelles. Alors si le message ne leur est pas directement adressé, pourquoi les jeunes iraient le chercher par eux-mêmes? Il faut qu’un bout de chemin soit fait par les deux côtés.  

Une très grande majorité d’élus de 50 ans et plus

Pour le moment, au Québec, nous observons qu’une très grande majorité d’élus municipaux sont âgés de 50 ans et plus. Le problème avec cette sur-représentation des personnes de plus de 50 ans, c’est que les préoccupations et les aspirations des jeunes ne sont nécessairement pas considérées lorsque des décisions (pourtant déterminantes pour l’avenir de ces derniers) sont prises. Plusieurs études parues ces dernières années, en particulier la consultation Ma voix compte 2025, montrent que les jeunes québécoises et québécois ont des préoccupations en lien avec la santé mentale, la crise climatique et l’écoanxiété, les perspectives d’emploi, l’accès à un logement abordable, à une alimentation de qualité, à des modes de déplacement durables, etc. Les municipalités ont un rôle à jouer sur plusieurs de ces enjeux. Est-ce qu’elles le font? Peut-être pas suffisamment…

L’exemple inspirant du conseil municipal des jeunes de la ville de Sherbrooke

Une excellente solution pour accroître la participation des jeunes aux élections municipales, c’est l’éducation. Parce que quand on comprend les choses, on peut mieux s’informer et se rendre compte de l’intérêt de voter et même de s’impliquer en politique municipale. 

Plusieurs organismes contribuent d’ailleurs à ce travail d’éducation. Par exemple, Citoyenneté Jeunesse, un organisme qui vise à augmenter la représentation et l’importance politique des jeunes de moins de 35 ans dans les lieux de pouvoir ou encore l’Institut du Nouveau Monde (INM), qui a pour mission d’accroitre la participation citoyenne sous toutes ses formes, car on peut aussi s’impliquer ailleurs qu’en politique ! 

Il y a aussi, dans les écoles, des conseils étudiants qui permettent aux jeunes de s’essayer à la démocratie et de voter pour des enjeux qui les concernent vraiment. Il y a aussi la Fondation Monique-Fitz-Back, à Québec, qui permet aux jeunes de s’impliquer avec son programme Sors de ta bulle et son Conseil des jeunes ministres en environnement, où les jeunes agissent dans leurs communautés pour l’action climatique.

Il existe également des initiatives comme celle du conseil municipal des jeunes de la ville de Sherbrooke. Des jeunes de 15 à 18 ans apprennent à débattre et à faire des recommandations à leur vrai conseil municipal sur deux enjeux d’actualité. En 2025, ils et elles ont parlé de la façon dont la municipalité pourrait rendre l’écoresponsabilité plus accessible. Des étudiant et des étudiantes de l’École de politique appliquée de l’Université de Sherbrooke et des membres du Carrefour de solidarité internationale les accompagnaient dans ce stage qui dure 4 mois et qui se conclut par une vraie séance de conseil municipal. 

Finalement, pour accroître la représentation des jeunes au municipal, il faudrait aussi que lorsqu’un jeune est élu maire, il soit accepté plus facilement, et que les gens aient confiance ou donnent une chance à la personne malgré son jeune âge. Heureusement, il y en a, des jeunes élu·es, comme la mairesse de Saint-Félix-de-Valois, Audrey Boisjoly, qui a été élue mairesse en 2017 à seulement 26 ans et a été réélue pour son 3e mandat cette année. Un exemple inspirant !