Les manteaux d’hiver sont chauds, oui mais…

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Le manteau d'hiver, indispensable mais pas sans impact sur l'environnement. ©Pixabay
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L’hiver a commencé tôt cette année et promet d’être long, longtemps! Les jeunes journalistes du LJJE se sont intéressées à l’empreinte environnementale des manteaux d’hiver et proposent des solutions pour faire des choix plus responsables.

Par Sophie Jacques et Léna Thériault, du Laboratoire des jeunes journalistes en environnement (LJJE) – Cohorte 2025 

Pour la deuxième année, les jeunes journalistes du LJJE se sont essayés à la radio! Maude Desbois, animatrice de l’Effet durable diffusée sur les ondes de CIBL (101.5FM), les accueille dans son émission pour une nouvelle série de chroniques. Lors de leur passage le 16 décembre dernier, Sophie et Léna ont eu envie de parler d’un bien de consommation indispensable : le manteau d’hiver.


Pour écouter la chronique complète diffusée dans L’Effet Durable du 16 décembre 2025, c’est par ici. Bonne écoute! 🎧

Sophie Jacques

Combien de manteaux d’hiver dans une vie?

Sophie – Cet automne, comme tous les ans, il fallait que je regarde si mon manteau d’hiver me faisait encore. Et puis, je me suis demandé: combien de manteaux d’hiver encore en bon état sont jetés chaque année? Durant mes quinze années de vie, je pense avoir eu déjà 5 ou 6 manteaux d’hiver, si ce n’est pas plus. Si on y réfléchit, ça fait beaucoup de manteaux dans la vie d’une seule personne encore adolescente.

Ces manteaux font partie de notre quotidien chaque hiver pour braver le froid. Pour essayer de sauver de l’argent, mes parents m’achetaient tout le temps des manteaux de couleur unie parce que mon petit frère allait sûrement les porter une fois qu’ils ne me feraient plus.

Malgré le fait qu’on essaie de sauver de l’argent et de faire durer plus longtemps ce vêtement indispensable, en bout de ligne, beaucoup de manteaux finissent tout de même dans les sites d’enfouissement. Le problème, c’est que les manteaux d’hiver ont une empreinte carbone importante et contiennent en plus des produits chimiques parfois nocifs pour l’environnement ainsi que la santé.

Matériaux, procédés de fabrication, ressources et énergie

Les manteaux d’hiver sont une plus grande source de pollution qu’on ne pourrait le penser! On le sait aujourd’hui, le plus gros poids environnemental de l’industrie textile est lié à la production des matériaux. C’est encore plus vrai pour les manteaux d’hiver car ils sont constitués justement d’une panoplie de matériaux: tissus synthétiques, fausse fourrure, tissus techniques comme le Gore-Tex, divers produits chimiques, etc. Les procédés de fabrication de tous ces composants demandent énormément de ressources et d’énergie.

Une enquête sur les manteaux d’hiver publiée en 2021 par le magazine Protégez-Vous démontrait que tout au long du cycle de vie d’un manteau d’hiver, les impacts environnementaux mais aussi les impacts sociaux sont énormes. Les ressources fossiles, comme le pétrole, sont utilisées pour la production des matières synthétiques. La fabrication des fibres, la filature, le tissage, la teinture… toutes ces étapes nécessitent une consommation massive d’eau et d’énergie en plus d’être polluantes pour les cours d’eau et d’émettre des GES.

L’industrie textile serait responsable d’environ 8 à 10% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. La quantité de textiles éliminés au Québec a augmentée de 114% en 12 ans et en 2023 environ 344 000 tonnes de textiles ont été éliminées dans la province. Alors, on se dit que si chacun prolonge la vie de son manteau d’hiver de quelques années, ça peut faire une bonne différence en bout de ligne!

Les PFAS, ces polluants éternels

La majeure partie de cette pollution est engendrée par la fabrication des manteaux. Que les matériaux soient naturels ou synthétiques, les procédés de fabrication présentent un problème. Par exemple, pour cultiver 1 kg de coton, il faut plus de 20 000 litres d’eau. Et pour produire 1 kg de polyester, la fibre synthétique la plus polluante, il faut 1,5kg de pétrole.

Les manteaux contiennent par ailleurs très souvent des PFAS. Ce sont des produits chimiques de synthèse qui assurent l’imperméabilité du vêtement. Ce sont des produits très stables, ce qui les rend très résistants à la dégradation. Mais cette résistance constitue un problème car avec le temps, les PFAS s’accumulent dans le sol, dans les réserves d’eau potable et dans les êtres vivants. Ce qui peut causer des risques pour la santé. On ne les appelle par des polluants éternels pour rien!

Les PFAS sont présents dans beaucoup de nos objets du quotidien: de la peinture aux produits de beauté, en passant par les extincteurs, les pesticides et même les emballages de maïs soufflé pour micro-ondes!

Consommer des manteaux de façon plus responsable, c’est possible!

Déjà, on peut se poser la question: qu’est-ce que je peux faire avec mon manteau usagé? Voici 3 idées:

  • Le donner à des organismes qui font de la vente de seconde main;
  • Le retourner au fabricant: certaines compagnies ont en effet des programmes de récupération et d’autres proposent d’échanger son ancien manteau pour un nouveau produit en bénéficiant d’un rabais;
  • Le faire parvenir à des organismes qui récupèrent les manteaux pour les familles qui viennent d’arriver au Québec.

Si on a des cousins-cousines, des petites sœurs ou des petits frères, on peut aussi le leur passer. Ils et elles feront peut-être la grimace, mais c’est une très bonne solution pour faire durer plus longtemps son manteau.

Acheter seconde main ou privilégier les compagnies plus écoresponsables

Si on doit acheter un nouveau manteau, la première idée c’est de chercher un manteau de seconde main, surtout si c’est pour un enfant qui va encore grandir. C’est toujours plus économique et plus écologique.

Par ailleurs, plusieurs fabricants ont des pratiques respectueuses de l’environnement, comme la marque québécoise Audvik, dont une partie des manteaux est faite à partir de filets de pêche recyclés. La marque Patagonia utilise aussi des fibres textiles recyclées, par exemple du polyester fabriqué à partir de bouteilles en plastique.

Une autre idée: c’est de privilégier les manteaux qui contiennent un isolant naturel, même si les isolants naturels comme la laine, sont plus sensibles à l’humidité que les fibres synthétiques. On peut opter par exemple pour la viscose qui est une fibre créée à partir de matière végétale.

Préférez également les compagnies certifiées. Le magazine Protégez-Vous a listé dans son enquête de 2021 les certifications les plus sérieuses. Vous pourrez ainsi vous assurer que les vêtements sont faits de fibres durables, des matériaux recyclés, ne contiennent pas de matière animale, etc. Par exemple:

  • Fair trade certified garantit que les fabricants respectent des normes sociales, environnementales et économiques très strictes;
  • Bluesign vise quant à elle à réduire l’empreinte environnementale du vêtement;
  • Oeko-tex certifie que les manteaux ne contiennent pas de produits chimiques nocifs.

Design intemporel, entretien et réparation

On peut aussi choisir de bien entretenir son manteau actuel pour prolonger sa durée de vie. Il suffit de l’entreposer et de le laver selon les recommandations du fabricant. Aussi, si le manteau est brisé, opter pour la réparation peut faire toute une différence ! Par exemple en l’envoyant directement à la compagnie (si elle offre ces services) ou encore en « patchant» les parties plus usées. Acheter un manteau à une compagnie québécoise ou canadienne offre également plus de garantie de pouvoir le faire réparer que si le manteau vient de loin.

Finalement, dans les conseils pour l’achat, on dit souvent d’acheter un vêtement de plus grande qualité, il sera plus cher en partant, mais on le gardera plus longtemps. N’achetez pas non plus juste votre manteau pour suivre la mode. S’il a un design un peu intemporel, c’est une garantie que vous l’aimerez encore dans 10 ans…

Allez, une dernière idée plus farfelue : une compagnie québécoise qui s’appelle Hot Poc trie puis recycle des manteaux d’hiver destinés à l’enfouissement afin d’en faire… tenez-vous bien… des sacs de couchage pour téléphone cellulaire! Il s’agit en fait de pochettes isolantes pour protéger les batteries de cellulaires du froid. En plus de leur utilité, chaque pochette est unique et faite à la main au Québec. Selon la compagnie, l’initiative a donné une deuxième vie à plus de 50 tonnes de manteaux usagés.